Nacon tente de vendre Midgar Studio malgré l’annonce récente de Edge of Memories
Après Spiders, Nacon cherche désormais à céder Midgar Studio, créateur de Edge of Memories, en pleine crise financière .

Nacon continue de réduire la voilure. Après l’échec de la revente de Spiders, le groupe français chercherait désormais à se séparer de Midgar Studio, l’équipe montpelliéraine derrière Edge of Memories. Une situation qui illustre l’état de tension extrême dans lequel se trouve actuellement l’éditeur. Derrière les bandes-annonces du dernier Nacon Connect et les promesses d’action-RPG ambitieux, la réalité économique apparaît beaucoup moins reluisante. Entre restructuration, allègement de la masse salariale et avenir incertain pour plusieurs studios internes, l’éditeur français semble engagé dans une course contre la montre où chaque filiale devient une variable d’ajement.
Nacon poursuit son grand ménage dans ses studios
Une mise en vente qui intervient au pire moment
La situation financière de Nacon continue de produire ses effets sur l’ensemble de ses structures internes. Selon plusieurs informations concordantes dans l’industrie française du jeu vidéo, Midgar Studio serait désormais officiellement mis en vente par sa maison mère. Une décision qui intervient quelques semaines seulement après les difficultés rencontrées autour de Spiders, le studio parisien connu pour GreedFall et Steelrising.
Le problème est que Midgar Studio traverse cette période au moment même où son nouveau projet commence à entrer dans sa phase de communication publique. Edge of Memories, présenté durant le dernier Nacon Connect, devait justement servir à repositionner le studio dans une catégorie plus ambitieuse du marché AA européen. Au lieu de cela, l’annonce du jeu se retrouve parasitée par des inquiétudes autour de la survie même de l’équipe.
Dans les faits, cette tentative de cession s’inscrit dans une logique assez claire : réduire rapidement les coûts fixes. Midgar Studio compte actuellement 29 salariés, un chiffre relativement modeste à l’échelle des grands groupes du secteur, mais qui représente malgré tout une charge importante dans une entreprise cherchant visiblement à limiter sa masse salariale au maximum.
Ce contexte donne une coloration particulière à la communication récente de Nacon. D’un côté, l’éditeur continue de promouvoir de nouveaux projets pour rassurer investisseurs et partenaires. De l’autre, il cherche simultanément à se délester de plusieurs structures internes. Le contraste est difficile à ignorer. C’est un peu comme assister à la présentation d’un nouveau restaurant pendant que les tables sont discrètement revendues dans la cuisine.
Midgar Studio, nouvelle victime d’une restructuration brutale
Fondé à Montpellier, Midgar Studio s’était progressivement imposé comme l’un des représentants de cette scène française AA capable de produire des RPG ambitieux avec des moyens mesurés. Le studio s’était notamment fait connaître avec Edge of Eternity, un projet indépendant financé à l’origine via Kickstarter avant d’être soutenu plus largement par Nacon.
L’arrivée de Midgar dans le portefeuille de l’éditeur devait justement permettre à l’équipe de franchir un cap. Mais la détérioration rapide de la situation financière du groupe semble avoir totalement rebattu les cartes.
Ce type de décision n’est pas isolé dans l’industrie actuelle. Depuis 2023, les restructurations, licenciements et fermetures de studios se multiplient dans le monde entier, y compris chez des acteurs historiquement solides. Mais le cas de Nacon possède une dimension particulière : l’éditeur avait construit une partie de sa stratégie de croissance précisément autour de l’acquisition de studios européens de taille moyenne.
Aujourd’hui, cette politique semble se retourner contre lui. Lorsque les revenus ralentissent et que les coûts augmentent, les filiales deviennent rapidement des postes de dépenses difficiles à absorber. Les équipes les plus vulnérables sont alors souvent celles situées entre l’indépendance et la production AAA : suffisamment grosses pour coûter cher, mais pas assez rentables pour être considérées comme intouchables.
Pour Midgar Studio, la situation devient donc particulièrement délicate. Trouver un repreneur dans le contexte actuel relève presque du parcours d’obstacles. Le marché du jeu vidéo reste marqué par une forte prudence des investisseurs, surtout sur les productions AA narratives ou orientées RPG solo, un segment devenu plus risqué depuis plusieurs années.
Le précédent Spiders plane déjà sur le dossier
Impossible d’évoquer Midgar Studio sans parler de Spiders. Le studio parisien représente désormais une sorte d’avertissement grandeur nature sur ce qui peut arriver lorsqu’aucun repreneur ne se manifeste à temps.
Longtemps considéré comme l’un des piliers créatifs de Nacon, Spiders avait réussi à développer une identité relativement forte grâce à GreedFall. Malgré des budgets limités face aux mastodontes du RPG occidental, le studio avait trouvé son public avec une formule mêlant narration, diplomatie et univers fantasy atypique.
Mais cela n’a visiblement pas suffi. Après plusieurs mois de tensions sociales, de critiques internes sur les conditions de travail et de difficultés financières chez Nacon, la recherche d’un repreneur pour Spiders n’aurait pas abouti. Résultat : le studio se dirige vers une fermeture prochaine.
Cette situation jette forcément une ombre sur Midgar Studio. Les salariés savent désormais qu’une mise en vente n’est pas automatiquement synonyme de sauvetage. Dans certains cas, elle peut surtout représenter une dernière tentative avant une réduction plus radicale des coûts.
Le plus ironique reste peut-être le calendrier. Alors que Nacon cherche à rassurer sur sa capacité à produire des jeux ambitieux, l’entreprise donne simultanément l’impression de fragiliser les équipes chargées de les développer. Une contradiction qui risque de compliquer encore davantage l’attractivité du groupe auprès des talents du secteur.
Edge of Memories, la vitrine qui cache une situation fragile
Un action-RPG français remis en avant au Nacon Connect
Lors du dernier Nacon Connect, Edge of Memories faisait partie des annonces mises en avant par l’éditeur français. Le jeu se présente comme un action-RPG solo orienté aventure et narration, avec une direction artistique inspirée de l’animation japonaise et un univers fantasy très marqué.
La communication autour du projet insistait notamment sur la montée en gamme de Midgar Studio. Les premières images laissaient entrevoir une production plus ambitieuse techniquement que Edge of Eternity, avec des combats plus dynamiques et une mise en scène plus spectaculaire.
Dans un contexte normal, cette présentation aurait probablement surtout alimenté les discussions autour du positionnement du jeu sur le marché des RPG AA. Mais la situation actuelle change complètement la lecture de l’annonce.
Chaque nouvelle communication autour du projet devient désormais associée à une question plus large : Edge of Memories pourra-t-il réellement sortir dans les conditions prévues ?
Cette interrogation n’est pas anodine. Lorsqu’un studio entre dans une phase d’incertitude structurelle, le développement lui-même peut rapidement devenir plus complexe. Recrutements gelés, départs de salariés, réduction des dépenses ou recherche de nouveaux financements peuvent ralentir fortement la production.
Un projet ambitieux porté par une équipe réduite
L’un des éléments les plus frappants dans le dossier Midgar Studio reste la taille relativement limitée de l’équipe. Avec 29 salariés, le studio tente de produire un action-RPG moderne dans un marché où les standards techniques explosent littéralement.
Même dans le segment AA, les attentes des joueurs ont énormément évolué ces dernières années. Les comparaisons avec les grosses productions deviennent permanentes, notamment sur l’animation, les performances techniques ou la qualité des combats. Pour une structure de cette taille, maintenir un niveau compétitif relève souvent d’un exercice d’équilibriste.
Cela explique aussi pourquoi les difficultés financières d’un éditeur peuvent avoir des conséquences immédiates sur ce type de projet. Une équipe réduite possède moins de marge de sécurité. Quelques départs clés ou une baisse de financement peuvent rapidement désorganiser toute la production.
Malgré cela, Edge of Memories conserve certains atouts. Le studio bénéficie déjà d’une communauté attachée à l’univers Edge, tandis que la production AA européenne continue de séduire un public cherchant des expériences plus ciblées que les énormes blockbusters standardisés.
Le problème est que le calendrier économique actuel n’aide personne. Les coûts de développement augmentent, les joueurs deviennent plus sélectifs et les éditeurs cherchent désormais des projets capables de sécuriser rapidement des revenus importants. Les RPG narratifs intermédiaires se retrouvent souvent coincés entre deux mondes : trop ambitieux pour rester totalement indépendants, mais pas assez massifs pour garantir une rentabilité immédiate.
Une sortie 2026 sous pression
À l’heure actuelle, Edge of Memories reste attendu pour 2026 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series. Officiellement, aucune remise en question du projet n’a été annoncée. Mais dans l’industrie du jeu vidéo, les turbulences financières entraînent rarement des développements parfaitement linéaires.
Même si un repreneur devait être trouvé rapidement pour Midgar Studio, une transition de ce type implique presque toujours une phase d’adaptation : réorganisation interne, validation budgétaire, nouvelles priorités stratégiques ou modifications du calendrier.
Le danger principal concerne surtout la stabilité de l’équipe créative. Lorsqu’un studio traverse une période d’incertitude prolongée, conserver les talents devient plus difficile. Certains salariés peuvent préférer anticiper et chercher un poste ailleurs plutôt que d’attendre un éventuel sauvetage.
Dans un secteur déjà marqué par les licenciements massifs de 2024 et 2025, cette instabilité devient presque une norme. Le paradoxe est cruel : alors que l’industrie continue de produire davantage de jeux, les structures derrière ces projets apparaissent de plus en plus fragiles.
Une crise qui dépasse le cas Midgar Studio
Le redressement judiciaire de Nacon comme point de bascule
La situation actuelle ne peut pas être comprise sans revenir au contexte plus large de Nacon. Ces derniers mois, l’éditeur français a multiplié les signaux inquiétants : difficultés financières, report de résultats, restructurations internes et tensions autour de plusieurs studios.
Le placement en procédure d’insolvabilité du groupe a servi de véritable point de rupture. À partir de ce moment-là, la priorité semble avoir basculé vers une logique de survie financière plutôt que de croissance.
Cette évolution marque un changement important pour un acteur qui cherchait encore récemment à s’imposer comme un éditeur européen majeur du segment AA. Pendant plusieurs années, Nacon avait misé sur une stratégie très offensive d’acquisitions et de diversification. Aujourd’hui, cette expansion apparaît beaucoup plus difficile à soutenir.
Le problème dépasse d’ailleurs largement le seul cas de Nacon. L’ensemble du marché traverse une phase de correction brutale après les excès observés durant la période post-Covid. Beaucoup d’éditeurs avaient anticipé une croissance durable du marché. Or, la consommation s’est progressivement stabilisée pendant que les coûts continuaient d’exploser.
Des studios français pris dans l’effet domino
Le cas Midgar Studio illustre aussi une fragilité structurelle du paysage français du jeu vidéo. Entre les petits studios indépendants et les énormes structures internationales, les équipes AA françaises occupent souvent une position particulièrement vulnérable.
Ces studios disposent généralement d’un vrai savoir-faire créatif, mais leurs marges financières restent limitées. Ils dépendent fortement des éditeurs, des aides publiques ou des partenariats de financement. Lorsque l’un des piliers vacille, l’effet domino peut devenir extrêmement rapide.
Montpellier, Lyon, Paris ou Bordeaux ont pourtant vu émerger plusieurs studios capables de produire des jeux reconnus à l’international. Mais maintenir ces structures dans la durée devient de plus en plus compliqué dans un marché dominé par des coûts de production toujours plus élevés.
Le cas de Midgar Studio rappelle aussi qu’une annonce lors d’un showcase ne garantit absolument pas la stabilité d’une équipe. Derrière les trailers soigneusement montés et les présentations marketing, beaucoup de studios évoluent aujourd’hui dans une forme de précarité silencieuse.
Une stratégie de survie qui interroge l’industrie
En cherchant à céder certaines filiales, Nacon applique finalement une stratégie devenue assez fréquente dans le secteur : concentrer les ressources sur les activités jugées les plus rentables à court terme.
Mais cette logique soulève une question importante : que reste-t-il d’une stratégie éditoriale lorsque les studios deviennent avant tout des lignes comptables à alléger ?
Le risque, à long terme, est de fragiliser durablement la capacité de production créative européenne. Les projets AA narratifs, les RPG expérimentaux ou les productions intermédiaires pourraient progressivement disparaître au profit de jeux plus standardisés et considérés comme financièrement plus sûrs.
Pour Midgar Studio, tout dépendra désormais de la capacité à trouver rapidement un repreneur prêt à poursuivre le développement de Edge of Memories. Sans cela, le studio pourrait rejoindre la liste déjà bien trop longue des équipes emportées par la crise actuelle du secteur.
En quelques mots
La mise en vente de Midgar Studio confirme que les difficultés de Nacon entrent dans une phase particulièrement critique. Après Spiders, c’est désormais un autre studio français orienté RPG qui se retrouve plongé dans l’incertitude malgré la présentation récente d’un nouveau projet ambitieux. Edge of Memories devait symboliser la montée en puissance de Midgar Studio ; il devient aujourd’hui le reflet d’une industrie où même les productions les plus prometteuses peuvent être fragilisées par des décisions financières prises loin des écrans de développement.
Entreprise mise en avant dans cet article
Nacon
Nacon, entreprise française du jeu vidéo, développe et édite des jeux AA et conçoit des périphériques gaming premium pour une expérience immersive.
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