Test Phantom Blade Zero PS5 : une masterclass venue de Chine
Notre test de Phantom Blade Zero sur PS5 : combats spectaculaires, animations exceptionnelles et savoir-faire chinois. Une véritable masterclass de S-GAME.

Phantom Blade Zero est sans aucun doute l'une de nos plus belles surprises de cette année 2026. Développé par le studio chinois S-GAME, ce jeu nous a impressionnés par sa direction artistique, la profondeur de ses combats et le soin presque obsessionnel apporté à ses animations. Nous nous attendions à découvrir un nouveau Souls-like, mais nous avons finalement trouvé une expérience bien plus proche des grands jeux d'action, avec une identité particulièrement affirmée. Entre ses affrontements spectaculaires, ses boss qui prennent parfois un malin plaisir à nous humilier et ses méthodes de développement qui mêlent technologies modernes et savoir-faire traditionnel, Phantom Blade Zero nous a véritablement conquis. Une réussite qui devrait donner matière à réfléchir à de nombreux studios occidentaux.
Phantom Blade Zero : une claque visuelle venue de Chine
Une direction artistique exceptionnelle qui impose son identité
Dès nos premiers instants sur Phantom Blade Zero, nous avons été frappés par la qualité de son univers. S-GAME ne cherche pas simplement à proposer un jeu spectaculaire sur le plan technique. Le studio a construit une véritable identité visuelle, nourrie par la culture chinoise, les arts martiaux et une esthétique sombre qui mélange traditions et éléments fantastiques.
Cette direction artistique s'inscrit dans ce que les développeurs appellent le « kungfupunk », une approche qui associe l'imaginaire du kung-fu à des éléments plus modernes et fantastiques. Le résultat est particulièrement convaincant, avec des environnements qui possèdent leur propre personnalité et une mise en scène qui contribue constamment à l'immersion.
Sur PS5, le jeu nous a régulièrement donné envie de nous arrêter pour observer les décors. Mais ce qui nous impressionne le plus, ce n'est pas uniquement leur beauté. C'est la cohérence de l'ensemble, cette sensation que chaque élément visuel participe à construire un monde crédible et reconnaissable.
À une époque où certaines productions AAA donnent parfois l'impression de recycler les mêmes recettes artistiques, Phantom Blade Zero rappelle combien une direction artistique forte peut faire la différence.

Des cartes peintes à la main selon les traditions chinoises
L'un des détails les plus fascinants de la production concerne la création des cartes du jeu. Plutôt que de s'appuyer exclusivement sur des outils numériques, S-GAME a choisi de faire intervenir des artistes spécialisés dans la peinture traditionnelle chinoise.
Ces cartes ont notamment été réalisées à la main sur du papier Xuan, un support traditionnel utilisé depuis des siècles pour la calligraphie et la peinture chinoises. Le studio a ainsi intégré une véritable démarche artisanale à son processus de création.
Cette décision peut sembler anecdotique, mais elle représente parfaitement la philosophie artistique que nous avons appréciée dans Phantom Blade Zero. Il ne s'agit pas simplement d'imiter une esthétique traditionnelle à l'aide d'un logiciel. Les développeurs ont cherché à intégrer directement des techniques et des savoir-faire culturels dans leur production.
C'est précisément ce type d'initiative que nous aimerions voir davantage dans l'industrie. La technologie ne devrait pas systématiquement remplacer les pratiques artistiques traditionnelles. Elle peut aussi servir à les mettre en valeur et à leur donner une nouvelle dimension.
Un univers kungfupunk qui possède une véritable personnalité
La force de Phantom Blade Zero réside également dans sa capacité à mélanger plusieurs influences sans perdre son identité. Son univers emprunte autant aux récits d'arts martiaux chinois qu'aux codes du jeu d'action contemporain.
Cette association se retrouve dans les costumes, les armes, l'architecture et, surtout, dans la manière dont les personnages évoluent à l'écran. Les combats ressemblent parfois à de véritables séquences de cinéma, sans que cette recherche esthétique ne prenne systématiquement le dessus sur le plaisir de jouer.
Ce travail donne au jeu une personnalité immédiatement reconnaissable. S-GAME ne semble pas avoir cherché à reproduire une formule occidentale ou japonaise à l'identique, mais plutôt à développer sa propre interprétation du jeu d'action.
Et c'est probablement l'une des plus grandes qualités de cette production : elle assume pleinement ses influences culturelles tout en proposant une expérience accessible aux joueurs internationaux.
Un jeu d'action profond, bien loin du Souls-like attendu
Un gameplay nerveux, fluide et particulièrement satisfaisant
Nous devons reconnaître que nous avions quelques idées préconçues avant de commencer Phantom Blade Zero. Avec son ambiance sombre, ses affrontements contre des adversaires imposants et sa communication centrée sur des combats exigeants, nous nous attendions à retrouver une expérience proche des Souls-like. Finalement, nous avons découvert quelque chose de bien différent.
Phantom Blade Zero se rapproche davantage d'un véritable jeu d'action, où la fluidité, la maîtrise des enchaînements et le rythme des affrontements occupent une place centrale. Le jeu ne repose pas uniquement sur la patience ou l'apprentissage méthodique des attaques ennemies. Il encourage aussi le joueur à prendre des initiatives, à développer sa maîtrise des mouvements et à exploiter les possibilités offertes par son arsenal. Et quel plaisir !
Les affrontements sont particulièrement satisfaisants. Chaque attaque possède une présence visuelle remarquable, les enchaînements donnent une véritable impression de puissance et les animations contribuent énormément aux sensations manette en main.
Mais derrière cette mise en scène spectaculaire se cache également un système de combat profond. Plus nous progressons, plus nous comprenons que le jeu ne se limite pas à enchaîner des attaques pour admirer de belles animations. Il demande de développer une réelle compréhension de ses mécaniques. Cette combinaison entre accessibilité immédiate et profondeur de maîtrise constitue, selon nous, l'une des plus grandes réussites de S-GAME.
Des armes réellement forgées pour perfectionner les combats
L'attention portée aux affrontements ne s'arrête pas à leur programmation. Pour concevoir certaines armes du jeu, S-GAME s'est notamment appuyé sur de véritables pièces fabriquées par des artisans forgerons.
Cette démarche permet aux équipes d'étudier des caractéristiques concrètes comme la longueur, le poids, l'équilibre ou encore la manière dont une arme peut être manipulée.
Dans un jeu où les combats reposent autant sur la précision des gestes que sur leur aspect spectaculaire, ce travail prend tout son sens. Une arme n'est pas seulement un objet visuel. Elle possède des contraintes physiques qui influencent naturellement les mouvements de celui qui la manie.
Évidemment, Phantom Blade Zero reste une œuvre de fiction et ses affrontements prennent de nombreuses libertés avec la réalité. Mais cette connaissance des armes contribue à donner une base crédible aux chorégraphies les plus impressionnantes.
Nous trouvons cette approche particulièrement intéressante. Elle démontre qu'un studio peut investir du temps dans la recherche et l'expérimentation physique pour enrichir son travail numérique.

Des chorégraphies réalisées avec de véritables professionnels des arts martiaux
Si les animations de Phantom Blade Zero nous ont autant impressionnés, ce n'est pas un hasard. S-GAME a consacré un travail considérable à la capture de mouvements et à la chorégraphie des affrontements.
Le studio a notamment collaboré avec des cascadeurs, des artistes martiaux et des spécialistes du combat pour donner vie à ses personnages. Ces professionnels ont participé à la conception et à l'exécution de mouvements qui servent ensuite de base aux animations intégrées dans le jeu.
Cette méthode permet de conserver une certaine authenticité dans les déplacements, les postures et les transitions entre les attaques, même lorsque les affrontements deviennent volontairement exagérés.
C'est particulièrement visible lors des combats les plus intenses. Les personnages ne semblent pas simplement exécuter des animations indépendantes les unes des autres. Leurs mouvements s'inscrivent dans de véritables séquences chorégraphiées, avec un rythme et une continuité qui rappellent les grandes productions cinématographiques d'arts martiaux.
Nous avons rarement eu autant de plaisir à observer des affrontements tout en y participant activement.
La réussite est d'autant plus remarquable que le jeu doit trouver un équilibre entre le spectacle et la lisibilité. Une belle animation n'a que peu d'intérêt si elle empêche le joueur de comprendre ce qui se passe. Ici, le travail de chorégraphie contribue directement à l'identité du gameplay.

Un système de combat qui devrait être étudié dans les écoles de jeu vidéo
Nous allons peut-être paraître excessivement enthousiastes, mais nous pensons sincèrement que Phantom Blade Zero devrait être étudié dans les écoles de jeu vidéo.
Pas uniquement parce que le résultat est beau ou impressionnant, mais parce que le jeu constitue un excellent exemple de collaboration entre plusieurs disciplines.
Les animateurs, les game designers, les programmeurs, les artistes martiaux et les spécialistes des armes doivent travailler ensemble pour obtenir un tel résultat. Chaque mouvement doit répondre à plusieurs objectifs : être visuellement convaincant, rester compréhensible, respecter le rythme du combat et procurer une sensation satisfaisante au joueur. C'est cette cohérence qui nous semble exemplaire.
Trop souvent, les discussions autour des systèmes de combat se concentrent exclusivement sur les mécaniques, les statistiques ou la difficulté. Phantom Blade Zero rappelle que les sensations de jeu reposent également sur la qualité des animations, la mise en scène et la manière dont le personnage répond aux actions du joueur.
S-GAME réussit à réunir ces éléments dans une expérience qui possède une véritable personnalité. Pour nous, c'est une leçon de conception qui dépasse largement la simple démonstration technique.
Des boss qui nous humilient et une masterclass signée S-GAME
Des affrontements spectaculaires qui ne manquent pas d'humour
Les combats contre les boss constituent une autre excellente surprise de notre expérience. S-GAME ne s'est pas contenté de créer des adversaires imposants avec de longues barres de vie. Le studio a également travaillé leur personnalité et leur manière de se comporter face au joueur. Certains affrontements deviennent de véritables spectacles, où les animations, les mouvements et les réactions des adversaires participent autant à l'expérience que les mécaniques de combat.
Nous avons particulièrement apprécié cette volonté de donner une identité aux ennemis. Les boss ne sont pas simplement des obstacles à franchir. Ils peuvent également devenir des personnages mémorables grâce à leur comportement. Et certains possèdent visiblement un sens de l'humour assez particulier.
Quand les boss prennent plaisir à humilier le joueur
C'est probablement l'un des détails qui nous a le plus amusés pendant notre test. Certains boss semblent prendre un malin plaisir à nous humilier lorsqu'ils prennent le dessus.
Ces moments apportent une touche d'humour bienvenue à une expérience qui pourrait autrement paraître particulièrement sérieuse. Nous avons trouvé cette approche rafraîchissante, car elle donne davantage de personnalité aux affrontements. Une défaite ne se résume plus forcément à un simple écran indiquant que nous avons perdu. Elle peut devenir un moment de mise en scène qui nous fait sourire, même après avoir été sévèrement corrigés.
Ce genre de détail peut sembler secondaire, mais il participe énormément à la mémorisation d'un jeu. Les meilleurs combats de boss ne sont pas toujours ceux qui proposent les mécaniques les plus complexes. Ce sont aussi ceux qui parviennent à raconter quelque chose à travers leurs animations et leurs interactions avec le joueur. Sur ce point, S-GAME a parfaitement compris comment transformer un affrontement en véritable spectacle.
Une mise en scène digne des grands films d'arts martiaux
Il est difficile de parler des combats de Phantom Blade Zero sans évoquer le cinéma d'arts martiaux. L'influence des grandes chorégraphies chinoises est omniprésente, aussi bien dans les mouvements des personnages que dans le rythme des affrontements. Les attaques s'enchaînent avec une fluidité remarquable, les changements de posture donnent du caractère aux combattants et certaines séquences semblent directement issues d'un film de kung-fu.
Pourtant, le jeu ne se contente pas de reproduire passivement ce langage cinématographique. Il cherche à le rendre interactif. C'est toute la difficulté de ce type de production. Une scène d'action au cinéma peut être entièrement chorégraphiée à l'avance. Dans un jeu vidéo, les développeurs doivent composer avec les décisions du joueur, ses erreurs et ses réactions parfois imprévisibles. Réussir à préserver une telle qualité de mise en scène dans un système interactif représente un travail considérable. Et c'est justement cette capacité à transformer le spectacle en expérience jouable qui nous a autant impressionnés.
Une véritable leçon pour les studios occidentaux
Nous allons assumer notre position : Phantom Blade Zero représente une véritable claque pour une partie de l'industrie occidentale du jeu vidéo.
Il ne s'agit évidemment pas de prétendre que les studios européens ou américains ne savent plus produire de bons jeux. Ils continuent de proposer des expériences remarquables. Mais S-GAME démontre qu'il existe encore une immense marge de progression dans la manière de concevoir et de mettre en scène les combats.
Ce qui nous impressionne particulièrement, c'est l'attention accordée aux détails. Le travail avec des professionnels des arts martiaux, la fabrication physique de certaines armes ou encore l'utilisation de techniques de peinture traditionnelles témoignent d'une ambition artistique qui va bien au-delà de la simple recherche de réalisme graphique. Ces choix demandent du temps, de la coordination et une véritable vision créative.
À nos yeux, Phantom Blade Zero rappelle que l'innovation ne consiste pas nécessairement à inventer un nouveau genre ou à multiplier les fonctionnalités. Elle peut aussi venir d'une exécution exceptionnellement soignée de mécaniques déjà connues. Et sur ce terrain, S-GAME vient de placer la barre particulièrement haut.
La Chine confirme son savoir-faire dans les productions AAA
Avec Phantom Blade Zero, l'industrie chinoise du jeu vidéo confirme une nouvelle fois qu'elle possède les talents et les compétences nécessaires pour développer des productions ambitieuses destinées au marché international.
Après le succès de Black Myth: Wukong, cette nouvelle réussite contribue à faire évoluer le regard porté sur les studios chinois.
Pendant longtemps, une partie du public occidental a principalement associé le marché chinois aux jeux mobiles, aux productions en ligne ou aux modèles free-to-play. Pourtant, le pays dispose d'un écosystème de développement bien plus diversifié, avec des équipes capables de proposer des expériences premium particulièrement ambitieuses. S-GAME en apporte une démonstration convaincante.
Ce qui nous semble particulièrement encourageant, c'est que le studio ne cherche pas à effacer son identité culturelle pour séduire le public international. Au contraire, il s'appuie sur les traditions artistiques chinoises, les arts martiaux et son propre imaginaire pour construire une expérience originale.
C'est précisément ce type de production que nous souhaitons voir se multiplier. Des jeux qui ne cherchent pas simplement à reproduire les succès existants, mais qui apportent une vision artistique différente et contribuent à enrichir l'industrie mondiale.
La Chine n'a plus besoin de démontrer qu'elle est capable de produire de bons jeux vidéo. Avec des titres comme Phantom Blade Zero, elle montre surtout qu'elle peut participer à définir de nouveaux standards de qualité.
En quelques mots
Phantom Blade Zero est une véritable masterclass signée S-GAME. Nous nous attendions à un Souls-like exigeant et nous avons découvert un jeu d'action profond, spectaculaire et incroyablement satisfaisant. Sa direction artistique nous a impressionnés, ses combats nous ont conquis et ses boss nous ont parfois fait rire en nous humiliant sans la moindre pitié. Mais au-delà de notre plaisir manette en main, c'est surtout la philosophie de développement du studio qui mérite d'être saluée. Entre motion capture réalisée avec des professionnels des arts martiaux, armes forgées pour étudier leurs mouvements et cartes peintes selon les traditions chinoises, S-GAME démontre ce que peut accomplir une équipe qui accorde autant d'importance à l'artisanat qu'à la technologie. Une leçon de game design, une magnifique vitrine du savoir-faire chinois et, selon nous, une production qui mérite toute l'attention des écoles de jeu vidéo comme des grands studios internationaux.
Notre review
Note
9
/10
Points positifs
- Direction artistique exceptionnelle, avec un univers visuellement impressionnant et une identité chinoise affirmée.
- Combats spectaculaires et satisfaisants, grâce à des animations fluides et des chorégraphies remarquables.
- Gameplay profond et dynamique, davantage orienté action que Souls-like.
- Boss mémorables et charismatiques, avec des animations uniques et parfois une bonne dose d'humour.
- Motion capture impressionnante, réalisée avec de véritables professionnels des arts martiaux.
- Savoir-faire artisanal remarquable, notamment les armes forgées et les cartes peintes à la main.
- Une véritable identité culturelle, qui valorise les traditions chinoises sans sacrifier la modernité du gameplay.
Points négatifs
- Une prise en main potentiellement exigeante, notamment pour maîtriser toutes les subtilités du système de combat.
- Une richesse mécanique qui peut dérouter, particulièrement durant les premières heures.
À propos de l’auteur
Vivien Reumont
Journaliste jeux vidéo
Cofondateur et journaliste chez Achievement Industry, Vivien Reumont est spécialisé dans l’actualité internationale du jeu vidéo. Il couvre particulièrement l’industrie chinoise ainsi que les principaux événements gaming en Asie.
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