Supermassive Games: jusqu’à 75 licenciements en 2026
Supermassive Games prépare jusqu’à 75 licenciements en 2026, trois mois après Directive 8020, dans une troisième vague de suppressions de postes.

Trois mois après la sortie de Directive 8020, Supermassive Games traverse une nouvelle phase de restructuration. Le studio britannique derrière Until Dawn, The Quarry et The Dark Pictures Anthology a annoncé le 11 août 2026 l’ouverture d’un processus de consultation qui pourrait entraîner la suppression de jusqu’à 75 postes. Il s’agit de la troisième vague de réductions d’effectifs annoncée par l’entreprise depuis février 2024. Si la proximité avec le lancement de Directive 8020 attire forcément l’attention, Supermassive Games n’a pas établi de lien public entre les performances commerciales du jeu et ces licenciements. Cette distinction est importante pour comprendre une situation qui dépasse largement la réception d’un seul titre.
Supermassive Games prévoit jusqu’à 75 suppressions de postes
Un nouveau processus de consultation lancé en août 2026
Supermassive Games a officialisé cette nouvelle restructuration le 11 août 2026. Dans son message, l’entreprise explique avoir pris la décision d’entamer un processus de consultation concernant des licenciements et estime que celui-ci pourrait conduire au départ de 75 salariés au maximum. Le nombre définitif de personnes concernées n’est donc pas encore établi publiquement.
Le studio justifie cette décision par la nécessité d'assurer la pérennité de l'entreprise. Il affirme également que son attention se porte sur l’accompagnement des salariés susceptibles d’être touchés. À ce stade, Supermassive Games n’a pas communiqué de ventilation par équipe, par projet ou par métier, et n’a pas indiqué quel serait son effectif à l’issue de la procédure. Présenter immédiatement ces 75 postes comme des licenciements déjà réalisés serait donc prématuré: il s’agit du plafond annoncé dans le cadre de la consultation.
Cette nuance juridique ne change toutefois pas l’ampleur du signal envoyé. Pour Supermassive Games, l’annonce s’ajoute à deux autres procédures engagées depuis 2024. En moins de trois ans, le studio spécialisé dans les expériences narratives et horrifiques aura ainsi été confronté à trois projets successifs de réduction de ses effectifs.
Des licenciements annoncés trois mois après Directive 8020
Le calendrier rend cette restructuration particulièrement visible. Directive 8020 est sorti le 12 mai 2026 sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC via Steam, soit environ trois mois avant l’annonce du 11 août. Le jeu marque le retour de The Dark Pictures Anthology avec une nouvelle saison et déplace la formule horrifique de Supermassive Games dans un environnement de science-fiction.
La proximité des deux événements ne suffit pourtant pas à démontrer une relation de cause à effet. Supermassive Games n’a pas publié de chiffres de ventes permettant d’établir que Directive 8020 serait directement responsable de cette nouvelle restructuration. L’entreprise n’a pas non plus présenté les performances commerciales du jeu comme le motif officiel des suppressions envisagées. Toute affirmation selon laquelle le titre aurait provoqué les licenciements dépasserait donc les informations actuellement confirmées.
Le lancement reste néanmoins un élément essentiel du contexte. Directive 8020 constituait l’un des projets importants de Supermassive après plusieurs années marquées par des changements d’organisation, des réductions d’effectifs et un premier report du jeu. La nouvelle procédure intervient ainsi à un moment où le studio vient tout juste d’achever un cycle de production majeur.

Trois vagues de licenciements chez Supermassive Games depuis 2024
Environ 90 postes visés lors de la restructuration de 2024
Les difficultés ne commencent pas avec Directive 8020. En février 2024, Supermassive Games annonçait déjà une restructuration accompagnée d’un processus de consultation. Bloomberg rapportait alors que 150 salariés avaient été informés qu’ils risquaient d’être concernés et qu’environ 90 postes devaient finalement disparaître. Le studio comptait à cette période plus de 300 employés selon les informations rapportées par plusieurs médias.
Cette première vague importante arrivait elle-même dans une période de changement à la tête du studio. Les cofondateurs Pete et Joe Samuels avaient quitté l’entreprise peu auparavant, tandis que Robert Henrysson prenait les commandes. Supermassive expliquait alors devoir réorganiser ses activités face à un environnement particulièrement difficile pour l’industrie du jeu vidéo.
La restructuration de 2024 constitue donc le premier chapitre d’une séquence qui s’étend désormais sur plusieurs années. L’élément notable n’est plus seulement l’existence d’une vague de licenciements, malheureusement devenue fréquente dans l’industrie, mais leur répétition au sein d’un même studio.
Jusqu’à 36 emplois concernés et Directive 8020 reporté en 2025
Un peu moins d’un an et demi plus tard, le 22 juillet 2025, Supermassive Games annonçait une nouvelle procédure susceptible de conduire à la suppression de jusqu’à 36 postes. Le studio évoquait alors une industrie toujours difficile et en évolution constante, ainsi que la nécessité d’adapter la structure de son équipe.
Cette annonce était accompagnée d’une autre décision importante: Directive 8020, alors attendu en octobre 2025, était repoussé au premier semestre 2026. Supermassive indiquait vouloir disposer de davantage de temps pour finaliser le projet. Le titre obtiendra finalement une date de sortie définitive au 12 mai 2026, confirmée officiellement par Bandai Namco Entertainment Europe en février suivant.
Les deux événements étaient donc directement associés dans la communication de juillet 2025, mais là encore, cela ne permet pas de réduire les difficultés du studio à un unique projet. Les suppressions de postes avaient commencé bien avant la commercialisation de Directive 8020, ce qui montre que les ajustements d’effectifs s’inscrivent dans une problématique plus longue.
Une nouvelle réduction pouvant atteindre 75 postes en 2026
La procédure annoncée en août 2026 devient ainsi la troisième en moins de trois ans. Si elle atteint le maximum envisagé de 75 suppressions de postes, elle serait également l’une des plus importantes annoncées par Supermassive Games depuis la restructuration de 2024.
Il reste toutefois difficile d’additionner mécaniquement les chiffres de 2024, 2025 et 2026 pour déterminer exactement combien de salariés ont quitté l’entreprise. Les annonces portent sur des processus de consultation et, selon les périodes, sur des estimations ou des plafonds. L’effectif actuel de Supermassive Games n’a pas non plus été détaillé dans le communiqué d’août 2026.
La chronologie reste néanmoins révélatrice. En février 2024, le studio envisageait une réduction massive de son organisation. En juillet 2025, jusqu’à 36 nouveaux postes étaient menacés. En août 2026, ce sont jusqu’à 75 emplois supplémentaires qui pourraient disparaître. Pour les salariés, la période ressemble moins à un mauvais QTE isolé qu’à une séquence de restructuration désormais installée dans la durée.
Directive 8020 ne suffit pas à expliquer les difficultés de Supermassive Games
Directive 8020 est finalement sorti le 12 mai 2026
Après son report de 2025, Directive 8020 est officiellement arrivé sur le marché le 12 mai 2026. Développé par Supermassive Games, le jeu est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC. Il poursuit The Dark Pictures Anthology avec un nouveau cadre de science-fiction dans lequel l’équipage du vaisseau Cassiopeia doit faire face à une forme de vie extraterrestre capable d’imiter ses proies.
Le projet représente également une évolution de la formule de Supermassive, avec davantage d’éléments directement associés au survival horror tout en conservant les décisions, les embranchements narratifs et la possibilité de perdre les différents protagonistes. Sa sortie mettait surtout fin à plusieurs mois d’incertitude après le report annoncé durant la précédente restructuration.
Cela explique pourquoi les licenciements d’août sont immédiatement rapprochés du jeu. Trois mois séparent les deux événements, mais la situation de Supermassive Games était déjà fragile bien avant son lancement.
Aucun lien direct entre les ventes du jeu et les licenciements n’est confirmé
Aucun chiffre officiel de ventes de Directive 8020 permettant d’établir son niveau de rentabilité n’a été rendu public dans les sources vérifiées pour cet article. De la même manière, Supermassive Games ne cite ni les ventes, ni les critiques, ni les performances commerciales du titre dans son explication de la restructuration.
Cette absence de données impose de rester prudent. Une sortie récente peut évidemment peser sur la situation économique d’un développeur, mais elle n’est qu’un paramètre parmi d’autres: coûts de production, contrats avec les éditeurs, projets futurs, financement externe, masse salariale et stratégie de la société mère peuvent également entrer en jeu. Sans informations financières propres à Supermassive Games, leur poids respectif reste impossible à mesurer.
La chronologie des licenciements constitue même un contrepoint important à une lecture centrée uniquement sur Directive 8020. Les premières suppressions remontent à février 2024 et une deuxième restructuration a été annoncée pendant le développement du jeu en juillet 2025. La situation actuelle apparaît donc davantage comme la poursuite de difficultés structurelles que comme un événement pouvant, à ce stade, être attribué à un seul lancement.
Le départ du CEO Robert Henrysson ajoute un changement de direction
La nouvelle vague intervient également peu après un changement de gouvernance. Fin juin 2026, Robert Henrysson a annoncé son départ de Supermassive Games, où il occupait le poste de CEO depuis 2024, ainsi que de son rôle au sein de Nordisk Games.
Henrysson avait ainsi dirigé Supermassive pendant les restructurations de 2024 et 2025, mais aussi pendant la dernière phase de développement et la sortie de Directive 8020. Son départ quelques semaines après le lancement du jeu, suivi d’une nouvelle procédure de licenciement en août, accentue l’impression d’une période de transition profonde.
Aucune information vérifiée ne permet toutefois de présenter son départ comme la conséquence des performances de Directive 8020 ou de le relier directement aux suppressions de postes annoncées ensuite. Les deux événements appartiennent au même contexte d’entreprise, mais leurs liens précis n’ont pas été détaillés publiquement.
Nordisk Games et Egmont face aux restructurations du studio
Supermassive Games appartient entièrement à Nordisk Games depuis 2022
Supermassive Games n’est plus un studio indépendant sur le plan capitalistique. Nordisk Games avait acquis une participation de 30,7 % dans l’entreprise en mars 2021 avant de porter sa participation à 100 % le 12 juillet 2022. Le développeur britannique est depuis entièrement détenu par Nordisk Games.
Nordisk Games appartient lui-même à Nordisk Film, intégré au groupe média danois Egmont. L’acquisition complète de Supermassive avait alors été présentée comme un moyen de renforcer le soutien apporté au studio et de poursuivre le développement de ses jeux narratifs.
Cette structure donne une dimension supplémentaire aux suppressions de postes de 2026. Supermassive ne fonctionne pas isolément, mais au sein d’un groupe beaucoup plus vaste présent dans le cinéma, la télévision, l’édition et le jeu vidéo.
Egmont a enregistré 140 millions d’euros de bénéfice opérationnel en 2025
Egmont a présenté 2025 comme une année solide. Le groupe a annoncé un bénéfice opérationnel, ou EBIT, de 140 millions d’euros, contre 102 millions d’euros en 2024. Son EBITDA a atteint 312 millions d’euros. Nordisk Film a de son côté vu son chiffre d’affaires passer de 653 millions d’euros en 2024 à 556 millions en 2025, une évolution notamment liée à la vente de GoGift et à un marché plus volatil dans le cinéma et le jeu vidéo.
Le rapport publié par Nordisk Film précise également que les bouleversements de l’industrie mondiale du jeu vidéo ont conduit à l’annulation de projets et à une diminution des jeux financés par des partenaires externes. Dans le même temps, le bénéfice opérationnel de Nordisk Film est passé de 42 à 52 millions d’euros en 2025.
Ces chiffres montrent que la maison mère évolue elle aussi dans un marché du jeu vidéo décrit comme instable, tout en restant rentable à l’échelle de ses activités consolidées. Ils donnent du contexte aux décisions prises chez Supermassive Games, mais ne répondent pas à la question centrale de la rentabilité propre du studio britannique.
Les résultats du groupe ne permettent pas de connaître ceux de Supermassive Games
Comparer les suppressions de postes chez Supermassive avec les bénéfices d’Egmont peut naturellement susciter des interrogations. Il serait cependant incorrect de présenter les 140 millions d’euros d’EBIT du groupe comme le bénéfice directement généré par Supermassive Games ou même par Nordisk Games.
Egmont rassemble de nombreuses activités, et les comptes consolidés publiés pour 2025 ne permettent pas d’isoler les revenus, les coûts de développement, la trésorerie ou le résultat opérationnel de Supermassive Games. Nordisk Film mentionne explicitement les difficultés du marché mondial du jeu et l’annulation de projets, sans fournir dans cette publication de compte de résultat distinct pour le studio.
Cette limite est essentielle pour analyser les licenciements Supermassive Games de 2026 sans tirer de conclusion excessive. Les résultats globaux d’Egmont montrent qu’un groupe propriétaire peut être rentable alors qu’une de ses filiales traverse une restructuration, mais ils ne permettent ni de confirmer ni de réfuter à eux seuls la justification économique avancée par Supermassive. Ce qui est certain, en revanche, est la répétition des réductions d’effectifs: après 2024 et 2025, le studio aborde une troisième procédure en août 2026, trois mois seulement après avoir enfin lancé Directive 8020.
En quelques mots
Supermassive Games a engagé le 11 août 2026 un nouveau processus de consultation susceptible d’entraîner jusqu’à 75 suppressions de postes, trois mois après la sortie de Directive 8020 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S. Cette annonce constitue la troisième vague de restructuration du studio depuis février 2024, après environ 90 postes visés cette année-là puis jusqu’à 36 autres en 2025. Aucun élément officiel ne permet toutefois d’affirmer que les ventes de Directive 8020 sont responsables des licenciements. La chronologie montre au contraire que les difficultés de Supermassive Games précèdent largement le lancement du titre. Propriété de Nordisk Games depuis 2022 et intégrée au groupe Egmont, l’entreprise évolue désormais dans une nouvelle période de réorganisation dont l’ampleur définitive dépendra de l’issue de la consultation.
À propos de l’auteur
Vivien Reumont
Journaliste jeux vidéo
Cofondateur et journaliste chez Achievement Industry, Vivien Reumont est spécialisé dans l’actualité internationale du jeu vidéo. Il couvre particulièrement l’industrie chinoise ainsi que les principaux événements gaming en Asie.
Recommandations
Tu aimerais peut-être
Halo Studios touché par des licenciements après le remake
Des salariés de Halo Studios confirment leur départ après Halo: Campaign Evolved, mais Microsoft n'a pas précisé l'ampleur des licenciements.
Double Fine Productions licencie 23 employés après son retour à l'indépendance
Quelques semaines après sa séparation de Xbox, Double Fine Productions annonce le licenciement de 23 employés pour assurer la survie du studio.
ZeniMax Online Studios perd toute son équipe dirigeante après les licenciements Xbox
Les licenciements Xbox frappent encore ZeniMax Online Studios avec le départ de plusieurs dirigeants historiques de The Elder Scrolls Online.
Dernières actualités
Les dernières actualités
Plan B: Terraform dévoile son DLC Worlds of Fire and Water
Plan B: Terraform accueillera Worlds of Fire and Water le 23 septembre 2026, avec deux nouvelles planètes et une mise à jour gratuite 1.1.
ACCO Brands va acquérir Trust, acteur européen du gaming
ACCO Brands va acquérir Trust, spécialiste européen des périphériques PC et gaming, et vise jusqu’à 8 millions de dollars de synergies en 18 mois.
8BitDo FlipPad: la mini-manette pour iPhone et Android est disponible en Europe
Le 8BitDo FlipPad est disponible en Europe à 29,99 €: cette mini-manette USB-C transforme iPhone et Android en consoles portables verticales.