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Tests de jeux

Hellraiser Revival: notre test de la démo infernale

Hellraiser Revival réussit son ambiance et son gore, mais sa démo révèle des combats encore trop légers avant la sortie du jeu complet.

Visuel sombre montrant Pinhead, figure de Hellraiser au visage couvert de clous, tenant un cube d’où jaillissent des éclairs bleus. Des chaînes l’entourent et convergent vers un amas de personnages à ses pieds, sous un ciel menaçant.

Avec Clive Barker’s Hellraiser: Revival, Saber Interactive s’attaque à une licence qui ne pardonne pas vraiment les adaptations trop sages. Hellraiser, c’est une vision de l’horreur où la souffrance, le désir et le grotesque se mélangent sans demander la permission. Après presque deux heures passées sur sa démo, disponible depuis le 17 septembre 2026 sur Steam, une chose ressort rapidement : le jeu semble avoir parfaitement compris cet ADN. L’ambiance est malsaine, le gore ne retient pratiquement aucun coup et les passages dans le Labyrinthe comptent déjà parmi les moments les plus convaincants de cette première prise en main. Tout n’est toutefois pas au même niveau. Les combats, notamment au corps-à-corps, paraissent encore manquer d’impact, tandis que les armes à feu accomplissent leur travail sans réellement procurer les sensations attendues. À quelques semaines de la sortie prévue le 8 octobre 2026, cette démo de Hellraiser Revival laisse donc une impression encourageante, mais également quelques points à surveiller.

 

Hellraiser Revival: une démo qui comprend immédiatement l’univers de Clive Barker

Une introduction brutale dans l’univers de Hellraiser

La première réussite de cette démo de Clive Barker’s Hellraiser: Revival tient à sa capacité à installer très rapidement son univers. Saber Interactive ne semble pas chercher à rendre la licence plus accessible en atténuant ce qui la caractérise. Au contraire, le jeu assume une atmosphère dérangeante, une violence graphique particulièrement appuyée et cette fascination permanente pour la frontière entre douleur et plaisir qui accompagne Hellraiser depuis ses origines.

Le résultat fonctionne particulièrement bien lorsque la démo privilégie l’exploration et la découverte de son environnement. Les décors sont chargés de détails malsains, les corps deviennent une composante à part entière de la direction artistique et l’ensemble conserve suffisamment de retenue dans sa mise en scène pour ne pas tomber systématiquement dans une accumulation gratuite d’effets sanglants. Le gore est omniprésent, mais il correspond à l’identité du projet.

Cette fidélité n’arrive pas totalement par hasard. Clive Barker est directement associé au projet et Saber Interactive présente Revival comme une nouvelle histoire prenant place dans l’univers de Hellraiser. Doug Bradley reprend également le rôle de Pinhead, qu’il avait incarné au cinéma pendant près de deux décennies. Lors de l’annonce du jeu en 2025, Barker expliquait avoir accompagné l’équipe sur cette nouvelle histoire, tandis que Saber et Boss Team Games présentaient le titre comme le premier véritable jeu vidéo consacré à la licence.

Une intrigue qui donne envie de suivre Aidan et Sunny

La démo ne se contente pas d’aligner des références visuelles aux films. Elle prend également le temps de poser son intrigue. Le joueur incarne Aidan, entraîné dans un cauchemar lié à la Genesis Configuration, une mystérieuse boîte dont les pouvoirs vont devenir centraux dans l’aventure. Son objectif est notamment de venir en aide à sa petite amie Sunny, prisonnière d’une situation qui dépasse rapidement les limites du monde réel.

Sur le papier, le principe pourrait facilement servir de simple prétexte à une succession de séquences horrifiques. Cette première partie laisse pourtant entrevoir quelque chose de plus intéressant. L’intrigue prend le temps d’établir ses personnages et de créer une véritable curiosité autour de ce qui leur arrive. Après près de deux heures de jeu, nous avions surtout envie de comprendre où cette histoire allait mener Aidan et comment le rapport avec Pinhead, les Cénobites et le Labyrinthe allait évoluer.

Saber Interactive confirme que l’histoire conduira notamment Aidan à affronter un culte lié aux Cénobites, tout en utilisant les capacités surnaturelles de la Genesis Configuration en complément de différentes armes. La démo permet déjà d’apercevoir une partie de ce mélange entre narration, horreur et action que le studio souhaite développer dans la version complète.

Une direction artistique fidèle sans simplement recopier les films

Une adaptation de Hellraiser pourrait facilement se reposer sur Pinhead, quelques chaînes, beaucoup de cuir et une quantité déraisonnable de sang. Revival donne heureusement l’impression de vouloir aller un peu plus loin. Sa direction artistique reprend évidemment certains éléments immédiatement reconnaissables, mais l’objectif semble davantage être de retrouver les sensations associées à la licence que d’en reproduire mécaniquement l’imagerie.

C’est précisément ce qui rend cette démo convaincante. Plusieurs environnements paraissent familiers sans donner l’impression d’être de simples reproductions de scènes cultes. Le jeu utilise les codes de Hellraiser comme un vocabulaire visuel. Les chairs mutilées, les mécanismes inquiétants, les silhouettes humanoïdes déformées et l’architecture impossible participent à la même idée : le joueur pénètre progressivement dans un monde où les règles habituelles n’ont plus beaucoup d’importance.

Le choix d’une caméra à la première personne joue également un rôle essentiel dans cette proximité avec l’horreur. Il renforce l’immersion et permet aux environnements de fonctionner à pleine puissance. Ce choix aura toutefois une contrepartie importante lorsqu’il sera question de se battre.

 

Le Labyrinthe et le gore sont les grandes réussites de la démo

Des séquences dans le Labyrinthe particulièrement oppressantes

Le meilleur argument de cette démo de Hellraiser Revival apparaît lorsque le jeu ouvre les portes du Labyrinthe. Saber Interactive présente officiellement cet espace comme le monde surnaturel dans lequel Aidan devra notamment chercher Sunny, et cette première rencontre donne immédiatement envie d’en découvrir davantage dans la version finale.

Les séquences qui s’y déroulent comptent parmi les plus réussies de notre prise en main. L’environnement devient beaucoup moins prévisible et le jeu exploite efficacement la perte de repères. Couloirs, obscurité, structures étranges et bruitages créent une tension qui repose davantage sur l’anticipation que sur la simple apparition d’une créature devant l’écran.

C’est probablement à cet endroit que le projet semble le plus sûr de lui. L’identité visuelle de Hellraiser s’accorde naturellement avec un jeu d’horreur à la première personne. Le Labyrinthe peut constamment jouer avec la perception du joueur et donner l’impression qu’une menace existe derrière chaque ouverture. La démo n’en montre forcément qu’une partie, mais cette partie suffit pour en faire l’un de nos principaux motifs de curiosité concernant le jeu complet.

Capture de jeu montrant une créature humanoïde inquiétante dans un couloir sombre, vêtue d’une combinaison noire. Son visage pâle et déformé est dépourvu d’yeux visibles, avec une large bouche laissant apparaître ses dents et plusieurs ouvertures organiques sur le torse.

Une tension qui fonctionne même sans multiplier les jumpscares

Le fonctionnement de l’horreur constitue également une bonne surprise. Hellraiser: Revival possède évidemment ses moments plus directs, mais la démo ne semble pas dépendre entièrement des jumpscares pour maintenir la pression.

Les meilleurs passages sont justement ceux où presque rien ne se produit immédiatement. Le jeu laisse le joueur progresser, observer son environnement et imaginer ce qui pourrait se cacher quelques mètres plus loin. Dans le Labyrinthe, cette approche fonctionne particulièrement bien puisque l’architecture elle-même paraît hostile. On avance moins pour trouver un ennemi que pour comprendre quelle nouvelle atrocité le décor va révéler.

Cette tension est renforcée par la vue subjective. Chaque angle mort devient potentiellement dangereux et l’impossibilité de surveiller facilement son environnement rend l’exploration plus stressante. Saber Interactive définit officiellement le titre comme un jeu solo mêlant action, horreur et survie à la première personne. Cette démo montre surtout que l’équipe semble capable de faire fonctionner la partie horrifique de cette formule.

Un gore poussé au maximum, parfaitement dans le ton de Hellraiser

Impossible de parler de Hellraiser Revival sans évoquer son gore. Ici, le curseur n’est pas simplement placé haut. Il semble parfois avoir été arraché de l’interface avec quelques morceaux de peau.

La violence graphique est extrêmement présente, mais elle ne paraît jamais complètement étrangère à l’univers représenté. Hellraiser a toujours entretenu un rapport particulier avec le corps humain, sa transformation et sa destruction. Le jeu reprend cette idée sans chercher à rendre l’expérience plus confortable. Certaines scènes sont volontairement difficiles à regarder et les environnements peuvent eux-mêmes devenir graphiquement dérangeants.

Ce parti pris permettra probablement au titre de se distinguer dans un genre pourtant déjà généreux en productions sanglantes. Il reste évidemment à voir si cette intensité pourra être maintenue pendant toute l’aventure sans perdre son efficacité. Saber évoque actuellement une durée d'environ huit à douze heures pour une partie complète, ce qui laissera beaucoup plus de temps au jeu pour varier ses situations que les presque deux heures parcourues lors de notre essai.

 

Des combats encore trop légers face au reste de l’expérience

Le corps-à-corps manque d’impact en vue FPS

C’est lorsqu’il demande au joueur de passer véritablement à l’offensive que Hellraiser Revival paraît moins convaincant.

Le corps-à-corps constitue pour l’instant notre principale réserve. Les coups manquent de poids et la caméra à la première personne ne facilite pas toujours la lecture des affrontements rapprochés. Il existe un décalage assez net entre la brutalité visuelle du jeu et les sensations produites lorsqu’une arme frappe réellement un adversaire. Dans un univers où chaque morceau de chair semble avoir été conçu pour souffrir, on attend naturellement que les impacts soient aussi convaincants que leur résultat visuel.

Ce problème ne rend pas nécessairement les combats mauvais. Il donne surtout le sentiment qu’ils restent un cran en dessous du reste de l’expérience. Les séquences d’exploration et d’horreur installent une tension très forte, puis certains affrontements peuvent momentanément casser cette dynamique parce que les gestes du personnage ne possèdent pas toujours la puissance attendue.

La vue FPS participe probablement à cette sensation. Elle fonctionne parfaitement pour l’immersion et l’horreur, mais réclame un travail extrêmement précis sur les animations, les sons et les réactions des ennemis pour rendre les attaques de mêlée véritablement satisfaisantes. C’est l’un des aspects que nous surveillerons en priorité dans la version finale.

Les armes à feu fonctionnent mais manquent de feeling

Les combats à distance s’en sortent un peu mieux. Le pistolet rencontré pendant la démo remplit son rôle et les affrontements restent parfaitement compréhensibles. Pourtant, là encore, il manque quelque chose pour que l’arme procure de vraies sensations.

Le recul, l’impact sonore ou encore la réaction des adversaires ne produisent pas toujours cette impression de puissance que l’on attendrait d’un jeu qui mise autant sur la violence physique. Le pistolet semble davantage être un outil fonctionnel qu’une extension particulièrement agréable du gameplay.

Cette distinction peut sembler secondaire dans un survival horror, où le plaisir n’a pas nécessairement besoin de venir d’un gunplay aussi nerveux qu’un FPS entièrement tourné vers l’action. Elle devient toutefois importante parce que Saber Interactive annonce explicitement une aventure mélangeant armes conventionnelles, armes de mêlée et capacités surnaturelles de la Genesis Configuration. Les affrontements devraient donc occuper une place significative dans le jeu complet.

Le potentiel existe. La démo présente une base suffisamment lisible pour que quelques ajustements sur les sensations puissent faire une vraie différence. À ce stade, les armes à feu ne sont pas un problème majeur, mais elles ne constituent clairement pas ce que nous retiendrons de cette première rencontre avec le jeu.

Capture de jeu en vue à la première personne montrant des mains examinant un pistolet usé, près d’un homme blessé aux mains ensanglantées. Le sol sale est couvert de traces de sang, avec une lourde chaîne rouillée et un petit appareil à proximité.

Une base de gameplay qui peut encore progresser avant la sortie

La bonne nouvelle est que ces réserves ne remettent pas en question les qualités principales de la démo. Hellraiser Revival ne donne pas l’impression d’être un jeu sans direction qui tente simplement de compenser ses faiblesses avec une licence connue. Au contraire, il semble avoir une vision assez précise de ce qu’il veut proposer.

Les combats constituent pour l’instant la partie la moins séduisante de l’ensemble, mais l’exploration, l’ambiance, les séquences horrifiques et la narration créent déjà une base très solide. Les pouvoirs associés à la Genesis Configuration devraient également permettre à la version finale d’élargir progressivement les possibilités offertes au joueur. Saber confirme que ces capacités surnaturelles pourront être combinées à différentes armes pour affronter cultistes, créatures et autres ennemis liés aux Cénobites.

Il reste désormais peu de temps avant de savoir si cette première impression se confirme. Clive Barker’s Hellraiser: Revival doit sortir le 8 octobre 2026 sur PC via Steam, PlayStation 5, Xbox Series X|S et Nintendo Switch 2 selon la FAQ officielle actuelle de Saber Interactive. La démo Steam est quant à elle disponible depuis le 17 septembre.

 


En quelques mots

Après quasiment deux heures passées dans sa démo, Clive Barker’s Hellraiser: Revival nous laisse surtout avec l’envie de poursuivre l’expérience. Saber Interactive semble avoir compris que réussir une adaptation de Hellraiser demande bien plus que de faire apparaître Pinhead à l’écran : l’atmosphère, le malaise, le gore et le rapport très particulier de la licence à la douleur sont déjà particulièrement bien retranscrits. Les passages dans le Labyrinthe sont les moments les plus convaincants de cette première prise en main et parviennent à installer une véritable tension. L’intrigue autour d’Aidan et Sunny nous a également suffisamment accrochés pour donner envie d’en découvrir la suite. Le principal doute concerne encore les combats. Le corps-à-corps manque d’impact et le pistolet, bien que correct, manque de feeling face à la brutalité générale du jeu. Si la version finale parvient à renforcer cet aspect sans perdre ce qui fait la réussite de son ambiance, Hellraiser Revival pourrait bien proposer une adaptation particulièrement intéressante de l’univers de Clive Barker. La sortie de Clive Barker’s Hellraiser: Revival est prévue le 8 octobre 2026. Pour l’instant, les portes du Labyrinthe se sont seulement entrouvertes, mais nous avons clairement envie d’y retourner.

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Notre review

Note

8

/10

Points positifs

  • Ambiance très fidèle à l’univers de Hellraiser
  • Direction artistique sombre et dérangeante réussie
  • Gore particulièrement poussé et cohérent avec la licence
  • Séquences dans le Labyrinthe très réussies
  • Bonne gestion de la tension et de l’horreur
  • Intrigue autour d’Aidan et Sunny suffisamment accrocheuse
  • Démo généreuse avec presque deux heures de jeu dans notre session
  • Forte envie de découvrir la suite

Points négatifs

  • Combats au corps-à-corps qui manquent d’impact
  • Vue FPS pas toujours idéale pour les affrontements rapprochés
  • Pistolet correct, mais sensations de tir encore trop faibles
  • Décalage entre la brutalité visuelle et le feeling des armes
  • Gameplay de combat globalement moins convaincant que l’ambiance et l’exploration
Vivien Reumont

À propos de l’auteur

Vivien Reumont

Journaliste jeux vidéo

Cofondateur et journaliste chez Achievement Industry, Vivien Reumont est spécialisé dans l’actualité internationale du jeu vidéo. Il couvre particulièrement l’industrie chinoise ainsi que les principaux événements gaming en Asie.

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