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Nouvelles de l'industrie

Build A Rocket Boy: la fermeture se rapproche après MindsEye

Build A Rocket Boy licencie encore après l'échec de MindsEye. Plusieurs départs évoquent une possible fermeture du studio, sans annonce officielle.

Capture de jeu montrant un homme barbu en gilet tactique tirant avec une arme automatique, une forte flamme jaillissant du canon. Il se tient devant une voiture rouge dans un environnement urbain baigné par une lumière de fin de journée.

Le sort de Build A Rocket Boy paraît plus incertain que jamais. Un peu plus d’un an après le lancement difficile de MindsEye, le studio fondé par Leslie Benzies est frappé par une nouvelle vague de licenciements. Plusieurs salariés ont annoncé leur départ sur LinkedIn, tandis que Dan Hawkins, responsable du recrutement et des opérations RH, a expliqué qu’il accompagnerait l’entreprise « jusqu’à la toute fin ». Des sources de Kotaku affirment de leur côté que le studio serait en train de cesser définitivement ses activités. Malgré l’accumulation des signaux, Build A Rocket Boy n’a pas officiellement annoncé sa fermeture au moment de la rédaction. Cette nouvelle étape vient néanmoins prolonger une crise commencée peu après la sortie de MindsEye, le 10 juin 2025, et marquée depuis par plusieurs centaines de suppressions de postes.

 

Build A Rocket Boy frappé par une nouvelle vague de licenciements

Dan Hawkins évoque « la toute fin » de Build A Rocket Boy

Les derniers témoignages publics d'employés de Build A Rocket Boy donnent à cette nouvelle vague de licenciements une tonalité différente des précédentes. Dan Hawkins, Principal Talent Acquisition Partner au sein du studio, a annoncé sur LinkedIn être désormais à la recherche d'un nouvel emploi, comme plusieurs de ses collègues.

Dans son message, il fait référence à la bannière verte « Open to Work » de LinkedIn et indique qu'il restera encore quelque temps au sein de Build A Rocket Boy pour accompagner les dernières opérations du service des ressources humaines.

“I will be seeing BARB through till the very end, helping wrap things up here in the HR department.”

« J'accompagnerai BARB jusqu'à la toute fin, en aidant à conclure les différentes tâches ici, au sein du service RH. »
Dan Hawkins, sur LinkedIn

Le choix des termes interpelle. Hawkins ne parle pas simplement d'une réorganisation ou de la fin de son propre poste, mais de tâches à « conclure » et de « toute fin ». Son message ne constitue toutefois pas, à lui seul, une confirmation juridique ou officielle de la disparition de l'entreprise. FRVR et Game Developer rapportent néanmoins que d'autres salariés ont publié simultanément des messages de départ, renforçant l'hypothèse d'un arrêt plus large des activités.

Michaela Emslie et plusieurs développeurs annoncent leur départ

Dan Hawkins n'est pas le seul membre de Build A Rocket Boy à avoir communiqué publiquement sur sa situation. Michaela Emslie, Release Manager, a expliqué avoir reçu une notification de licenciement après quatre années passées dans l'entreprise. Son message évoque également plusieurs collègues concernés.

D'autres employés ont annoncé des départs comparables. FRVR cite notamment Adam Ridsdale, Lead Weapon and Prop Artist, qui affirme faire face à un licenciement « avec le reste » de ses collègues. Kotaku mentionne également plusieurs employés ayant indiqué au cours des dernières heures que leur passage chez Build A Rocket Boy touchait à sa fin.

Pris séparément, ces messages pourraient correspondre à une nouvelle restructuration. Leur concentration sur une période très courte et la manière dont certains salariés décrivent la situation suggèrent cependant une opération d'une ampleur particulièrement importante.

Des postes supprimés parmi les derniers salariés du studio

Cette nouvelle vague intervient alors que les effectifs de Build A Rocket Boy avaient déjà été considérablement réduits. En mai 2026, Kotaku rapportait, en citant deux sources proches de l'entreprise, qu'environ 170 personnes avaient été affectées par une précédente restructuration, laissant approximativement 80 employés au sein du studio. Ces chiffres n'avaient pas été publiquement confirmés par Build A Rocket Boy.

Les départs de septembre toucheraient donc une entreprise déjà beaucoup plus petite qu'au moment du développement et du lancement de MindsEye. Selon les informations disponibles, des profils liés à la production, au contrôle qualité, à la publication et aux ressources humaines sont notamment concernés.

Cette évolution est importante pour comprendre pourquoi la possibilité d'une fermeture prend aujourd'hui davantage de poids. Une nouvelle réduction massive appliquée à une équipe déjà fortement diminuée laisserait mécaniquement beaucoup moins de ressources pour développer du contenu, maintenir MindsEye ou poursuivre les autres projets associés à Build A Rocket Boy.

 

Une fermeture de Build A Rocket Boy est-elle désormais possible ?

Plusieurs témoignages évoquent la disparition de l'équipe restante

Les publications des employés constituent pour le moment les indices publics les plus visibles. Plusieurs parlent de licenciements collectifs, tandis que la formulation employée par Dan Hawkins laisse entendre que certaines fonctions de l'entreprise seraient en cours de clôture.

Game Developer rapporte ainsi que plusieurs membres du studio ont publié leurs messages d'adieu en l'espace de 24 heures. De son côté, FRVR décrit des licenciements touchant la petite équipe encore présente autour de MindsEye.

Ces témoignages restent ceux de salariés ou d'anciens salariés. Ils ne remplacent donc pas une déclaration de la direction précisant exactement le statut juridique des différentes entités de Build A Rocket Boy, leur calendrier éventuel de fermeture ou le sort de leurs actifs.

Ils représentent néanmoins un faisceau d'indices inhabituellement convergent. La question ne porte plus seulement sur une réduction des effectifs, mais sur la capacité même de Build A Rocket Boy à poursuivre ses opérations sous sa forme actuelle.

Des sources parlent d'une cessation progressive des activités

Kotaku va plus loin. Dans un article publié le 16 septembre 2026, le média indique que des sources connaissant la situation lui ont confirmé que Build A Rocket Boy était en train de fermer définitivement. Le média précise avoir sollicité l'entreprise afin d'obtenir un commentaire.

Il s'agit, à ce stade, de l'élément le plus solide permettant d'évoquer une fermeture plutôt qu'une simple nouvelle vague de licenciements. Il reste cependant fondé sur des sources rapportées par un média et non sur une communication publique de l'entreprise.

La nuance demeure donc essentielle. Il est raisonnable d'écrire que Build A Rocket Boy serait en cours de fermeture, ou que plusieurs éléments indiquent une cessation prochaine de ses activités. Présenter la disparition du studio comme officiellement actée par sa direction irait en revanche plus loin que les informations publiques actuellement disponibles.

Build A Rocket Boy n'a pas officiellement annoncé sa fermeture

Au moment de la rédaction, aucune annonce publique de Build A Rocket Boy ne vient préciser que l'ensemble du studio va fermer ses portes. Cette absence laisse également plusieurs questions ouvertes concernant les différentes structures du groupe, ses contrats, les droits liés à ses créations et les équipes qui pourraient éventuellement subsister.

Le syndicat britannique Independent Workers of Great Britain a réagi aux nouvelles suppressions de postes. Ben Newbon, vice-président de la branche Game Workers, a fait part à Rock Paper Shotgun de son soutien aux salariés concernés, tout en rappelant le conflit opposant depuis plusieurs mois une partie des travailleurs à la direction de Build A Rocket Boy. Ces déclarations ont ensuite été rapportées par Kotaku.

L'hypothèse d'une fermeture est donc désormais beaucoup plus qu'une simple spéculation née des réseaux sociaux. Elle repose sur de nombreux départs concomitants et sur des informations obtenues par la presse auprès de sources proches de l'entreprise. Une confirmation directe de Build A Rocket Boy reste néanmoins nécessaire pour connaître précisément l'étendue et les modalités de cette possible cessation d'activité.

 

De MindsEye aux licenciements, une crise qui dure depuis 2025

Le lancement compliqué de MindsEye en juin 2025

La situation actuelle trouve une grande partie de son origine dans le lancement de MindsEye. Le jeu est sorti le 10 juin 2025 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Il constituait le premier jeu commercial majeur de Build A Rocket Boy, studio fondé par Leslie Benzies, ancien producteur de la série Grand Theft Auto chez Rockstar North.

Son lancement a rapidement été marqué par des critiques concernant ses performances, ses bugs et différents problèmes techniques. Build A Rocket Boy a déployé plusieurs correctifs et promis de poursuivre l'amélioration du titre, mais les difficultés ont rapidement eu des conséquences sur les effectifs.

Dès juin 2025, moins d'un mois après la sortie, le studio a confirmé avoir engagé une procédure de consultation pouvant mener à des licenciements. Les premiers rapports évoquaient alors une centaine de postes potentiellement menacés, sans que Build A Rocket Boy ne fournisse publiquement de chiffre définitif.

Près de 250 à 300 emplois déjà supprimés selon l'IWGB

L'ampleur réelle de la restructuration est devenue plus claire quelques mois plus tard. En octobre 2025, plus de 90 employés et anciens employés de Build A Rocket Boy ont soutenu une lettre ouverte publiée avec la branche Game Workers de l'Independent Workers of Great Britain.

Le syndicat estimait alors que 250 à 300 travailleurs, majoritairement basés au Royaume-Uni, avaient perdu leur emploi dans l'entreprise. La lettre mettait directement en cause la gestion de la direction et dénonçait notamment un manque de communication, les conditions de travail précédant la sortie de MindsEye ainsi que la manière dont les procédures de licenciement avaient été conduites.

Selon les signataires, les quatre mois précédant le lancement avaient également été marqués par huit heures supplémentaires obligatoires par semaine. Ces accusations proviennent des travailleurs et de leur syndicat. Elles doivent donc être attribuées comme telles et ne constituent pas des conclusions indépendantes sur d'éventuelles infractions commises par l'entreprise.

La crise sociale ne s'est ensuite pas arrêtée à 2025. De nouvelles suppressions de postes sont intervenues en 2026, réduisant encore les effectifs avant la vague actuellement rapportée.

Nouvelles restructurations et accusations de sabotage en 2026

La direction de Build A Rocket Boy a développé une autre lecture des difficultés rencontrées par MindsEye. Avant même sa sortie, le co-CEO Mark Gerhard avait évoqué une campagne concertée visant à nuire au jeu et au studio. Après le lancement, Leslie Benzies aurait également parlé auprès des salariés de saboteurs internes et externes, selon des informations rapportées par Insider Gaming.

En 2026, la direction est allée plus loin en affirmant travailler avec des partenaires externes et des conseillers juridiques sur des faits qu'elle qualifiait notamment d'« espionnage organisé » et de « sabotage d'entreprise ». Ces accusations ont été avancées par Build A Rocket Boy, mais les informations publiques disponibles ne permettent pas d'établir indépendamment leur portée ni leur responsabilité dans l'échec commercial de MindsEye.

Au même moment, les réductions d'effectifs ont continué. Kotaku rapportait en mai qu'environ 170 membres d'une équipe comptant alors près de 250 salariés auraient été concernés par une nouvelle restructuration. Le média signalait également la fermeture de Build A Rocket Boy France en mars 2026.

L'enchaînement est particulièrement lourd pour l'entreprise. En un peu plus d'un an, Build A Rocket Boy est ainsi passé du lancement de son projet phare à plusieurs vagues de licenciements, une confrontation publique avec une partie de ses salariés et, désormais, des informations faisant état d'une possible cessation définitive des activités.

 

Quel avenir pour MindsEye et les projets de Build A Rocket Boy ?

L'avenir du suivi de MindsEye devient incertain

Build A Rocket Boy avait continué à travailler sur MindsEye malgré son lancement mouvementé, avec des correctifs et du nouveau contenu destinés à améliorer progressivement l'expérience. L'entreprise semblait encore vouloir inscrire le jeu dans la durée et avait cherché à reprendre directement davantage de contrôle sur sa publication après sa collaboration avec IO Interactive.

En janvier 2026, Insider Gaming rapportait ainsi que Build A Rocket Boy préparait la fin de son partenariat d'édition avec IO Interactive afin de gérer lui-même la publication de MindsEye. Le projet de crossover entre MindsEye et Hitman, annoncé en 2025, devait également être abandonné dans ce contexte.

Une fermeture du studio remettrait évidemment en question la poursuite de cette stratégie. Les licenciements touchant désormais des fonctions variées, dont la publication et le contrôle qualité, la capacité de l'entreprise à continuer de produire des mises à jour conséquentes devient particulièrement incertaine.

Aucune annonce publique détaillée n'indique pour l'instant ce qu'il adviendrait du jeu, de ses serveurs, de sa commercialisation ou de ses droits si Build A Rocket Boy cessait effectivement ses activités.

EVERYWHERE et les autres projets du studio dans le flou

L'incertitude concerne également EVERYWHERE, le projet particulièrement ambitieux autour duquel Build A Rocket Boy avait initialement construit une partie de son identité. Présenté comme une plateforme permettant notamment aux utilisateurs de créer et partager des expériences, EVERYWHERE devait dépasser le cadre d'un jeu traditionnel.

MindsEye avait lui-même été lié à cet écosystème avant d'être développé et commercialisé comme une expérience distincte. Les difficultés du studio ont progressivement déplacé l'attention vers la survie et l'amélioration de MindsEye, laissant l'avenir d'EVERYWHERE de plus en plus difficile à déterminer.

Une éventuelle fermeture pose donc la question du devenir de plusieurs années de développement, des technologies créées par l'entreprise et des propriétés intellectuelles associées. Ces éléments pourraient théoriquement être conservés, cédés ou repris dans un autre cadre, mais aucune information publique suffisamment solide ne permet actuellement de déterminer leur destination.

Une éventuelle fermeture laisserait plusieurs questions sans réponse

L'histoire de Build A Rocket Boy ne peut pas encore être considérée comme officiellement terminée. Les informations de Kotaku et les messages des salariés rendent néanmoins la possibilité d'une fermeture particulièrement crédible.

Si elle est confirmée, elle constituerait l'aboutissement brutal d'une séquence de seulement quinze mois entre la sortie de MindsEye et les derniers licenciements de septembre 2026. L'entreprise comptait autrefois plus de 500 salariés selon les informations rapportées par GamesBeat. Elle a depuis subi plusieurs restructurations dont l'ampleur exacte reste parfois difficile à établir, les chiffres provenant régulièrement de syndicats ou de sources anonymes plutôt que de la direction.

La prochaine étape sera donc moins de savoir si Build A Rocket Boy traverse une nouvelle crise, ce point ne fait guère de doute au regard des licenciements annoncés, que de déterminer ce qui subsistera réellement de l'entreprise. Sans communication officielle, le statut des dernières équipes, de MindsEye, d'EVERYWHERE et des autres actifs du studio reste encore en suspens.

 


En quelques mots

Build A Rocket Boy traverse une nouvelle vague de licenciements en septembre 2026, un peu plus d'un an après la sortie difficile de MindsEye. Plusieurs salariés ont annoncé simultanément leur départ, tandis que Dan Hawkins, membre des ressources humaines, affirme accompagner l'entreprise « jusqu'à la toute fin ». Kotaku rapporte de son côté, sur la base de sources connaissant la situation, que le studio serait en train de fermer définitivement. Cette cessation d'activité n'a toutefois pas encore fait l'objet d'une annonce publique de Build A Rocket Boy. Après plusieurs restructurations depuis 2025 et des centaines d'emplois supprimés selon l'IWGB et différentes sources de presse, l'avenir de MindsEye, d'EVERYWHERE et des autres projets du studio apparaît désormais particulièrement incertain.

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Vivien Reumont

À propos de l’auteur

Vivien Reumont

Journaliste jeux vidéo

Cofondateur et journaliste chez Achievement Industry, Vivien Reumont est spécialisé dans l’actualité internationale du jeu vidéo. Il couvre particulièrement l’industrie chinoise ainsi que les principaux événements gaming en Asie.

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