ZEvent 2026 : pourquoi la dernière édition du marathon Twitch fait déjà débat
Le ZEvent s’arrêtera après son édition 2026 à Montpellier. Retour sur les raisons de cette fin et les polémiques autour du marathon Twitch.

Le ZEvent s’apprête à tourner une page majeure de l’histoire du web français. Les organisateurs du plus grand marathon caritatif en ligne de France ont confirmé que l’édition prévue du 4 au 6 septembre 2026 à Montpellier serait aussi la dernière. Dix ans après les débuts du projet sous une forme bien plus modeste, l’événement porté par les streamers ZeratoR et Alexandre “Dach” Dachary est devenu un symbole de la culture Twitch francophone, capable de réunir des millions de spectateurs et de récolter des sommes records pour des associations. Mais derrière l’annonce d’une édition “plus grande, plus folle, plus forte”, cette conclusion soulève aussi de nombreuses questions. Pourquoi arrêter un événement aussi populaire ? Et pourquoi cette ultime édition arrive-t-elle dans un climat déjà entouré de débats, de critiques et de polémiques récurrentes ?
Le ZEvent 2026 veut conclure dix ans de streaming solidaire
Une dernière édition programmée du 4 au 6 septembre à Montpellier
Les organisateurs ont officialisé la tenue du ZEvent 2026 du 4 au 6 septembre à Montpellier, avec une formule mêlant présence sur place et diffusion massive sur Twitch. Comme lors des précédentes éditions, des dizaines de créateurs de contenu se relaieront en direct pendant plusieurs jours afin d’encourager les dons du public. Cette fois, l’événement prend cependant une dimension particulière : il s’agira du dernier chapitre d’une aventure devenue gigantesque.
Depuis ses débuts en 2016 sous le nom de Projet Avengers, le ZEvent a profondément transformé la place du streaming caritatif dans le paysage français. À l’époque, peu de personnes imaginaient qu’un marathon de jeux vidéo diffusé sur internet pourrait un jour rivaliser avec certaines grandes opérations télévisées traditionnelles. Dix ans plus tard, le constat est spectaculaire. Les organisateurs annoncent plus de 55 millions d’euros récoltés depuis la création du projet, avec une progression presque constante de l’événement au fil des années.
L’édition 2025 avait déjà marqué un tournant en dépassant les 16 millions d’euros de dons, un record historique. Plusieurs associations engagées auprès des malades, des aidants ou des enfants hospitalisés avaient alors bénéficié de cette mobilisation. Le ZEvent est progressivement devenu une machine médiatique capable de faire converger communautés Twitch, réseaux sociaux, personnalités du web et partenaires institutionnels autour d’un même objectif solidaire.
Cette croissance a toutefois changé la nature même du rendez-vous. Ce qui ressemblait au départ à une grande LAN caritative entre streamers s’apparente désormais à une véritable production événementielle nationale. Et c’est précisément cette évolution qui explique en partie pourquoi les organisateurs ont décidé d’y mettre un terme.
Un format hybride entre scène physique et Twitch
Le ZEvent repose sur une formule particulière dans laquelle le spectacle numérique et l’événement physique se nourrissent mutuellement. Une partie des streamers est réunie sur place à Montpellier tandis que d’autres participent à distance depuis leurs propres studios. Cette hybridation permet au marathon de conserver l’esprit communautaire du streaming tout en bénéficiant d’une mise en scène proche d’un grand festival.
L’édition 2026 veut pousser cette logique encore plus loin. Les organisateurs promettent davantage de streamers présents physiquement, une programmation plus ambitieuse et un événement pensé comme une célébration des dix années écoulées. Le ton employé dans leur communication traduit clairement cette volonté de conclure l’histoire avec un final spectaculaire.
Mais cette montée en puissance a aussi transformé les attentes du public. Chaque édition doit désormais battre des records, proposer plus d’animations, accueillir davantage de personnalités et générer un volume de dons supérieur à celui de l’année précédente. Dans un univers comme Twitch, où l’attention des spectateurs se disperse très vite, maintenir un tel niveau de visibilité devient un défi colossal.
Le ZEvent a longtemps bénéficié d’un effet de nouveauté et d’une image extrêmement positive. Aujourd’hui, l’événement est observé comme une institution du web français. Et une institution attire mécaniquement davantage de critiques, d’analyses et de tensions.
Vingt-deux associations réunies pour une édition anniversaire
Pour cette dernière édition, vingt-deux associations bénéficieront de la collecte orchestrée par la Fondation de France. Ce fonctionnement permet de centraliser les dons et de garantir leur redistribution vers les structures concernées. Depuis plusieurs années, le ZEvent cherche à élargir les causes soutenues afin de toucher différents domaines de l’intérêt général.
Cette diversification a contribué à renforcer l’impact médiatique de l’événement, mais elle a aussi rendu certains arbitrages plus sensibles. Le choix des associations soutenues est devenu un sujet de discussion permanent sur les réseaux sociaux. Certaines communautés réclament davantage de transparence, d’autres souhaitent voir des causes spécifiques représentées, tandis que certains reprochent au ZEvent de ne plus avoir la spontanéité de ses débuts.
Le paradoxe est frappant : plus le marathon caritatif grandit, plus il devient difficile de satisfaire tout le monde. Le ZEvent n’est plus seulement un événement communautaire. Il est désormais perçu comme une plateforme d’influence culturelle et médiatique. À ce niveau d’exposition, chaque décision peut devenir un sujet de polémique.
Une fin annoncée comme un choix, pas comme un échec
ZeratoR et Dach veulent arrêter avant l’usure du modèle
Depuis plusieurs années, ZeratoR évoquait déjà la possibilité de mettre un terme au ZEvent. L’idée n’est donc pas apparue brutalement. Les organisateurs expliquent régulièrement qu’ils souhaitent éviter “l’édition de trop”, celle qui donnerait le sentiment d’un événement répétitif ou vidé de son énergie d’origine.
Ce choix peut sembler surprenant tant le ZEvent continue de battre des records, mais il correspond aussi à une réalité rarement visible pour le public : l’organisation du marathon représente une charge gigantesque. Entre la logistique, les partenariats, la coordination technique, la sécurité, la gestion des invités et la pression médiatique, l’événement est devenu une véritable industrie temporaire à lui seul.
À mesure que le ZEvent grandissait, la frontière entre projet passion et machine événementielle professionnelle s’est estompée. Cette transformation a probablement contribué à la décision des organisateurs. Continuer aurait impliqué d’augmenter encore les moyens humains, financiers et techniques nécessaires pour maintenir le niveau attendu par le public.
Dans le monde du streaming, où les tendances évoluent extrêmement vite, partir au sommet peut aussi être une manière de préserver l’image du projet. Le ZEvent préfère terminer sur une édition anniversaire ambitieuse plutôt que risquer une lente perte d’élan. Une logique presque rare dans l’univers du divertissement numérique, où beaucoup de formats disparaissent après s’être essoufflés.
Dix ans d’organisation, de pression et de records
Le succès du ZEvent a créé une forme de pression permanente autour des chiffres. Chaque édition est analysée à travers le montant des dons récoltés, le nombre de viewers simultanés ou la liste des invités présents. Cette culture du record a contribué à la popularité du marathon, mais elle a aussi transformé l’expérience pour ses organisateurs.
Le streaming repose normalement sur une relation spontanée entre créateurs et communautés. Or, le ZEvent fonctionne désormais à une échelle où chaque détail devient stratégique. Les attentes du public, des partenaires et des médias sont immenses. La moindre erreur de communication peut rapidement prendre une ampleur nationale.
Cette pression s’est accentuée avec la médiatisation croissante du projet. Le ZEvent n’est plus seulement suivi par les habitués de Twitch. Des personnalités politiques, des médias généralistes et des marques observent désormais l’événement comme un phénomène culturel majeur. Une exposition qui apporte de la visibilité, mais aussi un niveau de surveillance inédit.
Pour ZeratoR et Dach, cette dernière édition ressemble donc aussi à une manière de reprendre le contrôle du récit. Mettre fin au ZEvent volontairement permet d’éviter qu’il ne devienne un rendez-vous subi plutôt qu’un projet porté avec envie.
Le poids symbolique d’un événement devenu trop grand pour être “juste” un marathon Twitch
Le ZEvent occupe aujourd’hui une place unique dans la culture internet française. Peu d’événements numériques ont réussi à fédérer autant de communautés différentes autour d’un objectif commun. Pourtant, cette réussite a aussi changé le regard porté sur le marathon.
Chaque année, le débat dépasse largement le cadre du jeu vidéo. Les discussions portent sur la représentation des participants, les causes défendues, les invités musicaux ou encore la ligne éditoriale globale du projet. Le ZEvent est devenu un miroir des tensions qui traversent internet et les réseaux sociaux.
Cette évolution a parfois éloigné l’événement de son image initiale. Certains nostalgiques regrettent une époque plus artisanale et moins institutionnelle. D’autres considèrent au contraire que cette professionnalisation était inévitable vu l’ampleur atteinte par le marathon.
Dans tous les cas, le ZEvent est désormais trop grand pour être simplement un “gros stream caritatif”. Et cette transformation explique en partie pourquoi sa fin provoque autant de réactions.
Les polémiques qui accompagnent cette dernière ligne droite
Des choix d’invités et de participants toujours plus scrutés
Depuis plusieurs éditions, le ZEvent fait régulièrement face à des controverses liées à sa sélection de participants. Chaque annonce de casting entraîne des débats parfois extrêmement virulents sur les réseaux sociaux. Certaines communautés reprochent l’absence de certains streamers, d’autres critiquent la présence de personnalités jugées problématiques.
Cette pression constante a profondément changé la manière dont l’événement est perçu. Là où les premières éditions donnaient l’impression d’un rassemblement spontané entre créateurs proches, le choix des invités est aujourd’hui interprété comme une prise de position publique.
Les organisateurs doivent composer avec un environnement numérique où chaque décision peut être disséquée en temps réel. Dans certains cas, des polémiques ont même éclipsé temporairement l’objectif caritatif du marathon. Une situation particulièrement difficile à gérer pour un événement censé rassembler autour de causes solidaires.
Le problème dépasse d’ailleurs le seul ZEvent. Toute la scène Twitch française traverse aujourd’hui des tensions liées à la modération, aux comportements des créateurs et à la responsabilité des influenceurs. Le marathon se retrouve mécaniquement au centre de ces débats parce qu’il représente la vitrine la plus visible du streaming francophone.
La crainte d’une récupération politique ou médiatique
Le ZEvent a également été confronté à des débats autour de son positionnement public. Certaines éditions ont déclenché des controverses après l’annonce d’associations partenaires jugées trop politiques par une partie des internautes. D’autres critiques dénonçaient au contraire des attaques disproportionnées contre des causes environnementales ou humanitaires.
Ces tensions illustrent un phénomène plus large : il devient extrêmement difficile pour un événement médiatique de grande ampleur d’échapper aux débats idéologiques contemporains. Même lorsqu’il s’agit de collecte de dons, chaque choix est interprété à travers un prisme politique ou culturel.
Pour les organisateurs, cette situation a probablement contribué à l’usure du projet. Le ZEvent était initialement conçu comme un moment fédérateur autour du jeu vidéo et du streaming. Il s’est progressivement transformé en sujet de débat national où les réseaux sociaux cherchent en permanence la prochaine controverse.
Cette hypervisibilité crée un paradoxe presque ironique. Plus le ZEvent réussit à mobiliser, plus il devient une cible idéale pour les polémiques numériques.
Un événement caritatif devenu un terrain de débat public
Le dernier ZEvent arrive donc dans une ambiance particulière. D’un côté, l’événement conserve une popularité immense et une capacité de mobilisation impressionnante. De l’autre, il cristallise désormais toutes les tensions liées à la culture internet française.
Le marathon n’est plus seulement observé pour ses résultats caritatifs. Il est analysé comme un phénomène social, culturel et médiatique. Chaque édition devient un baromètre des rapports entre influenceurs, plateformes, communautés et médias traditionnels.
Cette évolution explique pourquoi l’annonce de la dernière édition suscite autant de réactions émotionnelles. Pour certains internautes, la fin du ZEvent symbolise aussi la fin d’une certaine époque du web français, plus spontanée et moins polarisée.
Un concert et une affiche XXL pour marquer le coup
Gims, Bigflo & Oli et Gazo en ouverture
Avant même le début du marathon, les organisateurs veulent frapper fort avec un concert prévu le 3 septembre à Montpellier. Plusieurs artistes populaires, dont Gims, Bigflo & Oli et Gazo, sont déjà annoncés pour cette soirée d’ouverture.
Cette programmation montre à quel point le ZEvent a changé de dimension. À ses débuts, le projet reposait presque exclusivement sur les communautés Twitch. Aujourd’hui, il attire des artistes majeurs de la scène musicale française et fonctionne comme un véritable événement culturel transversal.
Le concert sert aussi à élargir encore davantage le public touché par le marathon. Le ZEvent ne parle plus uniquement aux amateurs de jeux vidéo ou de streaming. Il cherche désormais à devenir un rendez-vous populaire capable de réunir plusieurs générations d’internautes et de spectateurs.
Une édition pensée comme une célébration populaire
L’objectif affiché des organisateurs est clair : transformer cette dernière édition en immense célébration des dix années du projet. Le discours officiel insiste sur une édition “plus grande, plus folle, plus forte”, avec davantage de streamers présents et une mobilisation exceptionnelle.
Cette approche ressemble presque à une tournée d’adieu version Twitch. Le ZEvent veut offrir un final spectaculaire à une communauté qui l’a accompagné pendant une décennie. Et dans le même temps, cette logique du “toujours plus” souligne aussi pourquoi les organisateurs ont choisi d’arrêter.
Car après avoir atteint un tel niveau de popularité, comment continuer sans tomber dans la répétition ? Comment maintenir la surprise et l’émotion lorsque chaque édition doit dépasser la précédente ? Le ZEvent semble avoir trouvé sa réponse : conclure avant l’essoufflement.
Le défi de transformer l’adieu en mobilisation record
Cette dernière édition pourrait paradoxalement devenir la plus importante de toutes. L’annonce de la fin du ZEvent crée déjà une forte charge émotionnelle auprès des communautés Twitch françaises. Beaucoup de spectateurs voient ce rendez-vous comme un moment historique pour la plateforme.
L’effet nostalgie pourrait ainsi renforcer encore la mobilisation autour des dons. Mais cette dynamique représente aussi un défi. Les organisateurs devront réussir à maintenir l’attention sur les associations soutenues sans que l’événement se transforme uniquement en hommage à lui-même.
C’est probablement là que se jouera la réussite du dernier ZEvent : parvenir à célébrer dix ans d’histoire tout en rappelant que l’objectif principal reste la solidarité.
En quelques mots
Le ZEvent 2026 ne sera pas seulement une nouvelle édition du célèbre marathon caritatif français. Il représentera aussi la fin d’une aventure qui a profondément marqué la culture Twitch et le paysage du web francophone. Entre records de dons, gigantisme croissant et polémiques récurrentes, l’événement est devenu bien plus qu’un simple rassemblement de streamers. En choisissant d’arrêter après dix ans, ZeratoR et Dach semblent vouloir préserver l’image d’un projet devenu historique avant que la fatigue, les tensions et la pression permanente ne finissent par l’épuiser complètement. Reste désormais à voir si cette ultime édition réussira à transformer l’émotion de l’adieu en nouveau record de solidarité.
Recommandations
Tu aimerais peut-être
Assassin’s Creed Mirage: le DLC gratuit Vallée de la mémoire révélé le 6 octobre
Ubisoft dévoilera ce 6 octobre le DLC gratuit Vallée de la mémoire pour Assassin’s Creed Mirage, un contenu inédit riche en mystères.
Battlefield 6: les configurations PC et consoles enfin dévoilées
EA et DICE dévoilent les configurations PC et consoles de Battlefield 6 avant sa sortie le 10 octobre 2025 à 17 h, avec des exigences musclées.
La Chine domine désormais l’industrie mondiale du jeu vidéo selon Matthew Ball
Le rapport State of Video Gaming in 2026 montre comment la Chine transforme l’économie mondiale du jeu vidéo et fragilise les studios occidentaux.
Dernières actualités
Les dernières actualités
Embracer va se scinder en deux sociétés avec Fellowship Entertainment
Embracer Group annonce une scission majeure pour 2027 avec la création de Fellowship Entertainment et une nouvelle stratégie.
Warhorse annonce un RPG Le Seigneur des Anneaux et un nouveau Kingdom Come
Warhorse Studios officialise un RPG open world dans la Terre du Milieu et tease une nouvelle aventure Kingdom Come encore mystérieuse.
Deus Ex, Saints Row, Legacy of Kain ou TimeSplitters pourraient revenir via des studios tiers
Embracer prépare une nouvelle stratégie de licences avec Fellowship Entertainment pour relancer Deus Ex, Legacy of Kain, Saints Row ou TimeSplitters.