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Nouvelles de l'industrie

Hideo Kojima déplore la disparition des disques PlayStation en 2028 et alerte sur le tout numérique

Hideo Kojima réagit à la fin des disques PlayStation en 2028 et met en garde contre les risques liés au streaming et à la propriété numérique.

Article écrit par Vivien Reumont
Photographie de Hideo Kojima s’exprimant face à la caméra, vêtu d’une veste noire et les mains jointes. Le logo de Kojima Productions, représentant un casque stylisé, apparaît en arrière-plan sur un fond sombre, évoquant une prise de parole officielle du créateur de jeux vidéo.

Partenaire historique de PlayStation depuis la création de Kojima Productions, Hideo Kojima n'a pas tardé à réagir à l'annonce de l'arrêt de la production des disques PlayStation pour les nouveaux jeux à partir de janvier 2028. Invité du festival italien Il Cinema in Piazza, le créateur de Metal Gear Solid et Death Stranding a livré une réflexion qui dépasse largement la nostalgie du format physique. Derrière son attachement aux Blu-ray, aux CD et aux jeux en boîte, c'est surtout une inquiétude plus profonde qui s'exprime : celle d'un avenir où les joueurs, comme les cinéphiles, ne posséderaient plus réellement les œuvres qu'ils achètent.

 

Hideo Kojima prend position face à un tournant historique

Une déclaration marquante lors du festival Il Cinema in Piazza

La disparition programmée des disques PlayStation à partir de janvier 2028 continue d'alimenter les débats au sein de l'industrie vidéoludique. Alors que Sony justifie cette transition par une adoption massive du numérique, Hideo Kojima a choisi de partager une vision beaucoup plus nuancée lors de son passage au festival Il Cinema in Piazza, en Italie.

Le créateur japonais n'a pas caché sa déception. Bien qu'il soit l'un des développeurs les plus associés à l'écosystème PlayStation depuis plusieurs années, il estime que la disparition du support physique représente une perte importante pour les joueurs, mais également pour la culture vidéoludique dans son ensemble.

« Comme la production s'arrête en 2028, il s'agit de jeux vidéo, mais j'ai grandi avec les supports physiques, alors je trouve ça vraiment triste. Actuellement, j'achète beaucoup de Blu-ray, notamment des films, et des CD aussi. »

Hideo Kojima

Cette déclaration résonne particulièrement dans un contexte où les ventes numériques représentent désormais la grande majorité des achats sur PlayStation, poussant Sony à abandonner progressivement un modèle qui a pourtant accompagné plusieurs générations de consoles.

Un partenaire historique de PlayStation qui n'hésite pas à exprimer ses réserves

Les propos de Kojima prennent une dimension particulière en raison de sa relation privilégiée avec PlayStation. Après son départ de Konami en 2015, Sony a largement soutenu la création de Kojima Productions, permettant notamment le développement de Death Stranding avant que le studio ne poursuive sa collaboration avec Death Stranding 2: On the Beach.

Cette proximité ne l'empêche pourtant pas d'exprimer publiquement ses désaccords lorsqu'il estime qu'une décision soulève de véritables questions de fond. Son intervention ne s'apparente d'ailleurs pas à une critique frontale de Sony. Elle traduit plutôt une réflexion sur l'évolution de toute une industrie, dont les choix économiques pourraient modifier durablement la manière dont les joueurs accèdent aux œuvres.

Depuis plusieurs années, Kojima affiche d'ailleurs son attachement aux collections physiques. Passionné de cinéma, il possède une importante vidéothèque et continue d'acheter régulièrement des Blu-ray et des CD, convaincu que ces supports offrent une forme de pérennité que les catalogues numériques ne garantissent pas toujours.

La fin des disques en 2028, un changement majeur pour l'industrie

L'annonce de Sony marque un tournant symbolique. À partir de janvier 2028, les nouveaux jeux PlayStation ne seront plus produits sur disque, une décision qui accompagne une tendance déjà bien installée dans le secteur du jeu vidéo. Les téléchargements numériques dominent désormais largement les ventes, tandis que les abonnements occupent une place de plus en plus importante dans les habitudes de consommation.

Pour de nombreux joueurs, cette évolution semble logique. Les téléchargements permettent un accès immédiat, réduisent certains coûts de distribution et facilitent les mises à jour. Mais pour d'autres, la disparition des éditions physiques signifie également la fin d'une certaine liberté : celle de prêter un jeu, de le revendre ou simplement de le conserver indépendamment des décisions d'une plateforme.

 

Au-delà des jeux vidéo, Kojima alerte sur la notion de propriété

Pourquoi le créateur de Death Stranding reste attaché aux supports physiques

Si Hideo Kojima reconnaît que les jeux téléchargés conservent aujourd'hui une partie de leurs données sur le disque dur de la console, il établit une différence importante avec un avenir dominé par le streaming.

Selon lui, un jeu installé localement offre encore une certaine maîtrise à son propriétaire. À l'inverse, une œuvre accessible uniquement depuis des serveurs distants dépend entièrement de l'entreprise qui l'héberge.

Cette nuance est essentielle dans son raisonnement. Le débat ne porte donc pas uniquement sur la disparition du disque, mais sur la disparition progressive de la possession elle-même.

Streaming, abonnements et perte de contrôle des utilisateurs

Pour illustrer son propos, Kojima compare l'évolution du jeu vidéo à celle des plateformes de vidéo à la demande.

« Avec les services d'abonnement de streaming, comme Netflix ou Amazon, il y a un serveur quelque part, et vous avez essentiellement le droit d'ouvrir le robinet, et lorsque vous le faites, les données sont transmises. On ne télécharge pas les données, on y accède directement par abonnement. Et la conséquence, c'est qu'on ne possède pas réellement les données. »

Hideo Kojima

À travers cette image du « robinet », le créateur japonais souligne une réalité souvent oubliée : dans un modèle exclusivement basé sur le streaming, l'utilisateur ne détient plus l'œuvre. Il bénéficie uniquement d'un droit d'accès, susceptible d'être modifié, suspendu ou supprimé selon les choix commerciaux, techniques ou juridiques des plateformes.

Cette réflexion dépasse largement le simple cas de PlayStation. Elle touche également les catalogues de films, de séries, de musique ou même de livres numériques, dont la disponibilité peut évoluer au fil des contrats de licence.

Un parallèle inquiétant avec l'industrie du cinéma

Grand passionné de cinéma, Kojima voit dans cette évolution un risque culturel plus large.

« C'est ce qui est effrayant. Ce qui arrive aux jeux vidéo en 2028 pourrait aussi arriver aux films. J'aimerais que tout le monde garde cela à l'esprit. »

Hideo Kojima

Son inquiétude ne repose donc pas uniquement sur la nostalgie. Elle concerne la conservation des œuvres et leur accessibilité sur le long terme.

Dans un monde où les catalogues numériques changent régulièrement et où certains contenus disparaissent sans préavis, la question de la préservation devient de plus en plus centrale. Les collectionneurs, mais aussi les historiens du jeu vidéo, rappellent régulièrement que les supports physiques constituent souvent la dernière garantie permettant de conserver certaines œuvres lorsque les serveurs ferment définitivement.

 

Un débat qui dépasse largement le cas de PlayStation

Les inquiétudes autour de la préservation des jeux vidéo

Depuis plusieurs années, les spécialistes de la conservation du patrimoine vidéoludique alertent sur les difficultés liées au tout numérique. Lorsque les serveurs ferment, que des licences expirent ou que des boutiques en ligne disparaissent, certains contenus deviennent tout simplement inaccessibles.

Cette problématique ne concerne pas uniquement les anciens jeux. Les productions modernes reposent de plus en plus sur des connexions permanentes, des mises à jour obligatoires ou des services en ligne indispensables à leur fonctionnement.

Dans ce contexte, les déclarations de Kojima trouvent un écho particulier auprès des défenseurs du patrimoine vidéoludique, qui considèrent que la disparition progressive des supports physiques pourrait compliquer encore davantage la conservation des œuvres sur plusieurs décennies.

Une vision qui fait écho aux préoccupations d'une partie des joueurs

Les réactions observées depuis l'annonce de Sony montrent que les inquiétudes exprimées par Kojima sont loin d'être isolées. Une partie de la communauté regrette avant tout la disparition d'un objet de collection, tandis que d'autres mettent en avant les questions liées à la propriété, au prêt de jeux ou encore au marché de l'occasion.

À l'inverse, de nombreux joueurs considèrent que cette transition est devenue inévitable. Les téléchargements sont désormais la norme sur plusieurs plateformes, et les avantages pratiques du numérique séduisent une majorité de consommateurs.

Le débat oppose ainsi deux visions complémentaires plutôt que deux camps irréconciliables : celle d'une industrie tournée vers la simplicité d'accès et celle d'utilisateurs attachés à la maîtrise de leur bibliothèque.

Le tout numérique est-il devenu inévitable ?

À court terme, tout indique que la distribution numérique poursuivra sa progression. Les coûts logistiques diminuent, les délais de mise à disposition disparaissent et les services d'abonnement continuent d'attirer de nouveaux utilisateurs.

Pour autant, les propos de Hideo Kojima rappellent qu'une évolution technologique n'est jamais uniquement une question de confort. Elle modifie également la relation entre les créateurs, les plateformes et le public.

La disparition du disque PlayStation en 2028 constitue donc un symbole fort. Plus qu'un simple changement de support, elle illustre une transformation profonde de la manière dont les œuvres sont distribuées, consommées et, surtout, possédées.

 


En quelques mots

Les déclarations de Hideo Kojima dépassent largement la nostalgie du jeu en boîte. En exprimant sa tristesse face à la disparition des disques PlayStation en 2028, le créateur japonais soulève une question essentielle pour l'avenir du jeu vidéo : celle de la propriété des œuvres à l'ère du numérique. Entre téléchargements, abonnements et streaming, le débat ne porte plus seulement sur le support utilisé, mais sur le contrôle que les joueurs conserveront sur leur propre bibliothèque dans les années à venir. À travers son regard de développeur et de passionné de cinéma, Kojima rappelle qu'une révolution technologique s'accompagne toujours de nouveaux défis, notamment lorsqu'il s'agit de préserver le patrimoine culturel et l'accès durable aux œuvres.

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