Jurassic World Evolution 3: notre test complet sur PC

AuthorArticle written by Vivien Reumont
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Publication date20/11/2025

Un retour parmi les dinos... mais pas comme on l’imaginait

Quand on est fan de dinosaures et nostalgique du premier Jurassic Park, difficile de ne pas frissonner à l’idée de replonger dans un jeu qui vous permet, littéralement, de gérer un parc rempli de créatures préhistoriques. Avec Jurassic World Evolution 3, Frontier Developments nous livre une nouvelle mouture de sa franchise de simulation, toujours aussi ambitieuse... mais aussi un brin différente.

Fini le fantasme de bâtir un parc d'attractions voué à l’échec dans un chaos de cris et de clôtures brisées. Cette fois, l’aventure nous propulse après les événements de Jurassic World Dominion, dans un monde où l’humanité apprend (malgré elle) à vivre en harmonie avec les dinosaures. Un tournant surprenant qui change la nature même du gameplay, et qui pourrait en déstabiliser plus d’un.

Ce test explore les aspects techniques, l’originalité du gameplay, les clins d'œil aux films et les nouveaux défis posés par cette approche plus "conservationniste". Une chose est sûre : la surprise est au rendez-vous, et parfois, elle est aussi mordante qu’un Vélociraptor mal luné.

 

Une suite qui change de ton : entre parc à dinos et sanctuaire

L’héritage de Jurassic World Dominion

Jurassic World Evolution 3 prend place après les événements du film Jurassic World Dominion. Une décision narrative audacieuse, mais pas forcément populaire. Le titre ne nous propose plus de bâtir un parc à sensations fortes voué à la catastrophe, mais de développer des centres de conservation pour cohabiter avec ces majestueuses créatures. Pour les fans des débuts de la saga, c’est un changement de paradigme. On passe du rêve déraisonnable de John Hammond à une gestion plus responsable et éthique… au moins en apparence.

De la catastrophe à la cohabitation : une approche plus posée

Ce changement de ton a un impact immédiat sur l’ambiance du jeu. Le danger, s’il est toujours présent, semble moins "catastrophique". L’objectif n’est plus de divertir à tout prix des visiteurs inconscients, mais de gérer une coexistence fragile entre humains et dinosaures. Cela donne au gameplay une dimension presque éducative, voire contemplative. Il ne s’agit plus seulement de spectacle, mais de préservation et d’équilibre.

Un changement de ton qui ne plaira pas à tout le monde

Cette nouvelle orientation peut en rebuter certains joueurs. Ceux qui s’attendaient à recréer les scénarios catastrophes des premiers films seront probablement déçus de ne pas pouvoir laisser un T-rex faire un petit tour improvisé chez les touristes. L'adrénaline laisse place à une gestion plus calme, mais parfois moins excitante. Toutefois, cette approche apporte un vent de fraîcheur au genre de la simulation et démontre une réelle volonté de renouvellement de la part de Frontier Developments.

"Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais... mais c’est ce qui rend ce jeu intéressant."

 

Des graphismes somptueux, dignes du grand écran

Des cinématiques bluffantes et pleines de clins d'œil

Dès les premières minutes, Jurassic World Evolution 3 en met plein la vue. Les cinématiques pré-rendues sont tout simplement sublimes, atteignant presque la qualité des productions cinématographiques. Ces scènes, qui servent d’introduction ou de transition entre les missions, sont riches en références à la saga, que ce soit par les plans choisis, la musique, ou des détails comme la fameuse chèvre offerte au T-rex — hommage appuyé à la scène culte du film de 1993.

Un souci du détail en jeu, même au plus près

Mais là où le jeu impressionne vraiment, c’est dans ses graphismes en temps réel. Contrairement à d’autres jeux de gestion où le zoom n’est qu’un gadget flou, ici, chaque niveau de détail a été travaillé avec soin. Les dinosaures sont modélisés avec une minutie remarquable : textures de peau, mouvements naturels, comportements crédibles. Même les environnements, souvent relégués au second plan dans ce genre de jeux, bénéficient d’un traitement visuel soigné, avec une végétation dynamique, des effets de lumière bien gérés, et des bâtiments animés de façon réaliste.

Une immersion renforcée par des animations et effets visuels réussis

L'immersion est renforcée par la qualité des animations. Qu'il s'agisse de voir un Brachiosaure se pencher lentement pour manger ou d’assister à un duel tendu entre deux carnivores, tout semble vivant. Les effets météo, comme les orages ou les chutes de neige, ajoutent également une dimension dramatique, parfois même stressante, à vos parties. Le passage d’un ciel limpide à une tempête peut transformer en un clin d'œil votre paisible réserve en cauchemar logistique.

"Graphiquement, le jeu ne se contente pas d’être beau — il est cohérent, vivant, et vibrant."

 

Un gameplay hybride entre gestion, immersion et action directe

Prendre soin des dinosaures : un vrai défi

Dans Jurassic World Evolution 3, votre mission principale est claire : veiller au bien-être des dinosaures. Mais ne vous y trompez pas — ce n’est pas une sinécure. Chaque espèce possède ses propres besoins en matière d’alimentation, d’espace, de température ou encore de cohabitation. Le jeu introduit un système de Score d’Attractivité des Dinosaures (DA), qui reflète l’état de santé, le comportement et l’environnement de chaque créature. Plus le DA est élevé, plus votre parc gagne en notoriété... et en rentabilité.

Un Tricératops malade ou stressé n’attirera personne. Pire, il peut devenir agressif, briser des clôtures, ou se laisser mourir. Il faut donc surveiller en permanence leurs besoins, anticiper les maladies, ajuster les enclos, et réagir rapidement en cas de souci. Cette gestion fine donne un aspect presque éthologique au jeu, tout en gardant la pression constante sur vos choix de gestionnaire.

Quand les problèmes débarquent… en taille XXL

Mais bien sûr, dans l’univers de Jurassic Park, tout ne peut pas bien se passer. Des tempêtes tropicales, des tremblements de terre ou des pannes d’énergie peuvent surgir à tout moment, mettant à mal vos installations. Ajoutez à cela le tempérament imprévisible de certaines espèces et vous obtenez des scénarios catastrophes dignes d’un film hollywoodien.

Quand un orage brise la clôture d’un enclos de Carnotaurus, vous n’avez que quelques secondes pour intervenir avant que l’alerte ne se transforme en hécatombe. Et c’est là que le gameplay vous surprend…

Prendre le contrôle : drones, véhicules, hélicos... vous êtes sur le terrain

Contrairement à beaucoup de jeux de gestion, Jurassic World Evolution 3 vous permet de prendre directement le contrôle des opérations. Vous pouvez piloter un hélicoptère pour endormir un dinosaure en fuite, conduire un véhicule de maintenance pour réparer une clôture, ou inspecter un enclos à bord d’un drone.

Ce système rend l'expérience plus immersive et dynamique. Il ne s’agit plus seulement de cliquer sur des icônes ou de déplacer des unités : vous êtes dans le parc, confronté à ses dangers et à ses beautés. Cette double couche de gameplay — gestion macro et action micro — donne une profondeur inédite au titre, tout en renforçant l’attachement au monde que vous créez.

"Ici, vous ne dirigez pas seulement un parc, vous le vivez, vous le sentez, vous le pilotez."

 

Le scoring et la rentabilité : quand l’émotion rencontre l’économie

Le score d’Attractivité des Dinosaures (DA) : une mécanique centrale

Dans Jurassic World Evolution 3, chaque dinosaure est évalué à travers un indicateur fondamental : le Dinosaur Appeal Score ou DA. Ce score mesure non seulement l'intérêt que suscite un dinosaure auprès des visiteurs, mais reflète aussi son état général. Un animal bien nourri, propre, stimulé et socialement équilibré verra son DA grimper, augmentant ainsi la réputation et la rentabilité de votre centre. À l’inverse, un dino malade, stressé ou agressif fait chuter votre popularité... et vos finances.

Le DA ajoute une couche stratégique essentielle : il ne suffit pas d’amasser les espèces les plus rares ou les plus féroces. Il faut savoir les entretenir, les mettre en valeur et garantir leur équilibre, quitte à limiter le nombre ou à ajuster les enclos pour éviter les tensions.

Réussir à concilier éthique animale et succès financier

Le jeu vous met aussi face à une tension permanente entre éthique de la conservation et besoins économiques. Car si votre centre doit préserver la biodiversité et traiter les dinosaures comme des êtres vivants à part entière, il doit aussi générer des profits pour survivre.

Faut-il investir dans une espèce dangereuse mais très populaire ? Faut-il accepter une baisse temporaire des revenus pour traiter une épidémie ? Faut-il augmenter les prix des billets quand un nouveau spécimen rare arrive, au risque de mécontenter les visiteurs ? Chaque décision a un coût, et chaque choix implique une forme de compromis moral.

Les dilemmes moraux du bon gestionnaire

Ce système vous confronte souvent à des situations où le "bon" choix n’est pas toujours celui qui rapporte. On en vient à réfléchir comme un vrai responsable d’un centre animalier : faut-il sacrifier une zone d’observation lucrative pour offrir un meilleur habitat à une espèce solitaire ? Est-il juste de maintenir un carnivore en captivité simplement parce qu’il fait grimper les visites VIP ?

Ces dilemmes donnent une profondeur inattendue à un jeu qui aurait pu se contenter d’une simple gestion de ressources. Ils en font un simulateur de coexistence, où le respect de la vie animale est aussi crucial que le chiffre d’affaires.

"Un jeu de dinosaures qui vous fait culpabiliser de mal traiter un Stégosaure ? Mission accomplie."

 

Les modes de jeu : entre mission scénarisée et liberté totale

La Campagne : un tour du monde post-Dominion

Le mode Campagne sert de colonne vertébrale narrative à Jurassic World Evolution 3. Il vous fait voyager à travers divers biomes et continents, avec pour mission de bâtir des centres de conservation adaptés à des environnements très différents. Chaque mission introduit de nouveaux défis, souvent liés à la topographie locale, au climat, ou à des espèces spécifiques.

Le récit prolonge les thématiques du film Jurassic World Dominion, avec l’idée que l’homme doit apprendre à cohabiter avec les dinosaures au lieu de les dominer. Ce n’est pas une révolution scénaristique, mais cela suffit à donner un fil conducteur cohérent, ponctué par les interventions vocales de personnages emblématiques comme le Dr. Ian Malcolm — toujours interprété par Jeff Goldblum, au charisme inégalé.

Le Challenge Mode : pour les stratèges du dinosaure

Pour ceux qui aiment les contraintes serrées, le Challenge Mode offre une série de scénarios complexes, chacun assorti d’objectifs spécifiques et de conditions parfois corsées. Vitesse, efficacité, rentabilité ou survie : chaque mission vous pousse à optimiser vos stratégies pour débloquer des récompenses comme des variantes rares de dinosaures (aux motifs et couleurs exotiques).

Ce mode ravira les puristes de la simulation qui aiment se fixer des objectifs ambitieux. Il pousse le joueur à exploiter toutes les mécaniques du jeu avec rigueur et créativité.

Le Mode Sandbox : la vraie star du jeu

Mais s’il y a un mode qui capte l’attention sur la durée, c’est bien le Sandbox Mode. Véritable bac à sable sans contraintes, il vous permet de construire le parc de vos rêves avec des ressources illimitées, des dinosaures à la carte et même des paramètres personnalisables : météo, comportement animal, agressivité, pannes... tout peut être ajusté.

Cerise sur le gâteau : l’intégration de l’Atelier permet de télécharger et d’explorer les créations d’autres joueurs. Que vous soyez en quête d’inspiration ou que vous souhaitiez vivre une expérience décomplexée, ce mode offre une liberté grisante, presque thérapeutique.

"Sandbox, c’est le parc à dinos pour adultes nostalgiques, rêveurs... et perfectionnistes."

 

Un hommage sincère à la franchise Jurassic Park

La voix de Jeff Goldblum, les clins d’œil et les easter eggs

Jurassic World Evolution 3 sait d’où il vient, et il le montre avec élégance. Dès le tutoriel, le joueur est accueilli par le Dr. Ian Malcolm, toujours doublé par l'inimitable Jeff Goldblum. Son ton sarcastique, son débit hésitant et ses commentaires ironiques sont un vrai régal pour les fans de la première heure. Cette fidélité vocale, couplée à des interventions bien écrites, renforce la connexion émotionnelle avec la licence.

Et ce n’est pas tout : les clins d’œil à la saga originale sont disséminés partout. Que ce soit une animation de T-Rex courant après une chèvre à l’écran de chargement, ou des répliques mythiques subtilement glissées dans les dialogues, les développeurs ont clairement pris plaisir à revisiter l’univers.

Une fidélité visuelle et sonore à la saga

La direction artistique s’aligne parfaitement avec l’esthétique des films, tout en modernisant certaines idées. Les enclos, les bâtiments, les véhicules et même les interfaces rappellent les équipements vus dans les films Jurassic Park et Jurassic World. L’ambiance sonore est elle aussi soignée : rugissements reconnaissables, cris distincts pour chaque espèce, bruissements de feuillage, tout est fait pour renforcer l’immersion.

Mention spéciale à la musique, qui n’hésite pas à reprendre des bribes des thèmes de John Williams, tout en les adaptant subtilement. Cela crée une atmosphère à la fois familière et nouvelle.

Pour les fans… et les moins fans des derniers films

Si vous avez adoré les premiers films mais avez du mal avec les récents volets de la franchise, Jurassic World Evolution 3 a de quoi vous réconcilier avec l’univers. Le jeu ne cherche pas à reproduire bêtement les scénarios des derniers blockbusters : il s’en inspire, certes, mais sans insister. L’ambiance générale est plus subtile, plus respectueuse, et offre suffisamment de liberté au joueur pour qu’il crée sa propre vision du monde jurassique.

"C’est un jeu fait par des fans, pour des fans — mais qui n’oublie pas d’accueillir les nouveaux venus."


Points positifs et négatifs

Ce que Jurassic World Evolution 3 réussit brillamment

  • Une immersion visuelle et sonore exceptionnelle : entre les graphismes splendides, les animations riches et la bande-son fidèle, le jeu propose une expérience sensorielle de haut vol.
  • Un gameplay varié et engageant : le mélange entre gestion stratégique et interventions manuelles est original et parfaitement équilibré.
  • Des modes de jeu riches et complémentaires : chaque joueur y trouve son compte, du narratif encadré au bac à sable libre.
  • Un respect assumé de l’univers Jurassic : les références à la saga sont intelligemment dosées et renforcent le plaisir des fans.
  • L’aspect éducatif et éthique : la gestion des espèces pose de vraies questions sur la responsabilité et le respect de la vie animale, sans jamais être moralisateur.

Là où le jeu aurait pu aller plus loin

  • Une narration un peu timide : si le contexte post-Dominion est intéressant, il manque parfois d’implication émotionnelle ou de moments marquants.
  • Un rythme inégal dans la campagne : certaines missions traînent en longueur, notamment dans les premières heures, avant que le challenge ne se réveille.
  • Des dinosaures encore trop "simples" dans leurs comportements : bien que visuellement bluffants, certains manquent de complexité comportementale ou d’interactions inter-espèces plus poussées.
  • Une IA de gestion parfois frustrante : les unités de maintenance ne sont pas toujours aussi réactives qu’on le voudrait, poussant souvent à l'intervention manuelle.
  • Pas de retour au parc catastrophe classique : pour les fans des scénarios à la Jurassic Park avec chaos inévitable, l’aspect "conservation pacifique" pourra sembler trop sage.

"Un excellent jeu, mais qui aurait pu devenir un chef-d’œuvre avec un peu plus de mordant."


En quelques mots

Jurassic World Evolution 3 : un jeu de gestion qui ne manque pas de mordant

Jurassic World Evolution 3 s'impose comme une évolution mature de la franchise. En troquant la frénésie destructrice des anciens parcs pour une approche plus responsable et éthique, le jeu prend un risque… mais un risque assumé. Il propose un gameplay dense, servi par une technique irréprochable et une fidélité impressionnante à l’univers de Jurassic Park.

Il ne séduira pas forcément tous les profils — surtout ceux qui rêvaient de voir des visiteurs courir dans tous les sens sous les hurlements de raptors. Mais pour les amateurs de simulation exigeante, d’immersion soignée et de gestion impliquée, il représente sans doute l’un des meilleurs titres du genre.

On aurait aimé un peu plus de folie, un peu plus de narratif fort, mais on ne peut nier que le jeu "trouve un chemin" vers un équilibre rare entre nostalgie et modernité.

"Life finds a way. Et Jurassic World Evolution 3 aussi.

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