Sledgehammer Games recrute pour un Call of Duty sur Switch ?

AuthorArticle written by Vivien Reumont
|
Publication date28/11/2025
Illustration réaliste issue d’un jeu vidéo de tir à la première personne, représentant trois soldats d’élite à l’intérieur d’un hélicoptère militaire en plein vol, survolant une ville côtière fortement endommagée. Les personnages, équipés de casques avec micro, de gilets pare-balles et d’armes automatiques, semblent se préparer à une opération d'infiltration. L’un d’eux s’accroche à une corde, prêt à descendre. En arrière-plan, une vaste étendue urbaine bordée par la mer est visible, avec des bâtiments détruits, de la fumée s’élevant dans le ciel et des parachutistes en cours de déploiement. L’éclairage vif et les effets graphiques suggèrent une scène d’action intense, probablement tirée d’un mode multijoueur ou d’une mission scénarisée dans un jeu de type Call of Duty.

Le paysage vidéoludique n’a jamais été aussi mouvant. Depuis le rachat tonitruant d’Activision Blizzard par Microsoft, les accords stratégiques se multiplient, en particulier pour sécuriser la distribution de franchises majeures sur un large éventail de plateformes. Parmi ces deals marquants, l’engagement pris envers Nintendo retient particulièrement l’attention : un contrat de dix ans assurant la sortie de la série Call of Duty sur les consoles de la firme japonaise.

Pourtant, depuis cet accord, un silence pesant règne. Aucun Call of Duty n’a été confirmé pour la Nintendo Switch ou sa potentielle remplaçante, souvent surnommée “Switch 2”. La promesse d’un retour de la licence sur console Nintendo semblait alors suspendue à une hypothétique annonce.

Mais voilà que Sledgehammer Games, l’un des piliers derrière plusieurs opus de la célèbre franchise, vient de semer le doute — ou plutôt l’espoir — à travers une offre d’emploi publiée sur LinkedIn. Le studio cherche un Senior Technical Artist, et précise qu’une expérience AAA sur mobile ou Switch constitue un avantage non négligeable.

Un détail qui n’a pas échappé à l’œil aiguisé des observateurs. Ce recrutement ciblé pourrait bien indiquer que le retour de Call of Duty sur une console Nintendo est plus qu’envisagé : il pourrait être en marche.

 

Qui est Sledgehammer Games ?

Historique et rôle dans la franchise Call of Duty

Fondé en 2009 par Glen Schofield et Michael Condrey, deux vétérans de l’industrie ayant œuvré chez Visceral Games (Dead Space), Sledgehammer Games a été créé avec une ambition claire : insuffler une nouvelle énergie dans les jeux AAA d’action. C’est en rejoignant Activision peu après sa création que le studio a trouvé sa voie royale : contribuer à l’une des franchises les plus lucratives de l’histoire du jeu vidéo — Call of Duty.

Le studio a d’abord collaboré avec Infinity Ward sur Call of Duty: Modern Warfare 3 (2011), avant de se voir confier les rênes d’un projet en solo. C’est ainsi qu’est né Call of Duty: Advanced Warfare (2014), salué pour sa prise de risques avec les exo-squelettes et son gameplay dynamique. Ce succès leur a permis de signer d’autres titres majeurs : Call of Duty: WWII (2017), puis Call of Duty: Vanguard (2021), et enfin Modern Warfare III (2023).

Au fil des années, Sledgehammer est devenu un acteur incontournable dans la rotation des studios Call of Duty, au même titre que Treyarch ou Infinity Ward, avec un style bien à lui, souvent tourné vers les expériences narratives fortes et les technologies de pointe.

« Notre mission a toujours été de repousser les limites techniques pour raconter des histoires qui captivent les joueurs. »
— Glen Schofield, cofondateur de Sledgehammer Games

Réorientation récente et impact des évolutions chez Microsoft

L’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft en 2023 a provoqué une onde de choc dans l’industrie, modifiant profondément l’organisation interne des studios sous l’égide de la nouvelle entité Microsoft Gaming. Avec cette transition, des restructurations ont touché plusieurs divisions, y compris Sledgehammer.

Selon plusieurs sources, le studio aurait été réorienté vers des projets à plus long terme, avec des cycles de développement étendus, en opposition aux cadences annuelles frénétiques des précédentes années. Il est également mentionné que Sledgehammer pourrait être chargé d’un Call of Duty prévu pour 2027, laissant le temps à l’équipe d'explorer de nouveaux territoires, comme les consoles portables ou hybrides.

Ce contexte est crucial pour comprendre pourquoi le studio cherche à s’entourer de talents ayant de l’expérience sur Switch ou sur mobile. Cela marque possiblement une transition stratégique, vers des plateformes que la série a longtemps négligées, faute de puissance technique suffisante ou de priorisation marketing.

 

L’offre d’emploi qui fait jaser : détails et ce qu’elle implique

Ce que dit l’annonce de recrutement

C’est sur LinkedIn que Sledgehammer Games a publié une offre d’emploi qui n’est pas passée inaperçue. Le poste à pourvoir est celui de Senior Technical Artist (Animation Tools), un rôle-clé mêlant art et ingénierie, destiné à optimiser les pipelines d’animation, les outils de rigging, et à créer des passerelles fluides entre les logiciels DCC (Digital Content Creation) et les moteurs de jeu utilisés en interne.

Mais un détail précis attire immédiatement l’attention des initiés : dans la section « qualifications souhaitées », on peut lire que l’expérience en développement AAA sur mobile ou Switch est considérée comme un avantage. Une mention rare — et significative — lorsqu’on parle d’un studio historiquement tourné vers les plateformes haute performance (Xbox Series, PS5, PC).

« Familiarity with development for mobile or Switch platforms is a plus. »
— Extrait de l’offre d’emploi Sledgehammer Games

Ce genre de formulation n’est jamais anodin dans l’univers du développement. Lorsqu’un studio triple-A comme Sledgehammer affiche publiquement son intérêt pour des profils ayant travaillé sur Switch, cela suggère fortement qu’un projet sur cette plateforme est dans les cartons, ou du moins à l’étude.

Pourquoi c’est significatif — et ce que ça pourrait annoncer

Depuis le rachat d’Activision Blizzard par Microsoft, un accord formel garantit que la série Call of Duty sera disponible sur les plateformes Nintendo pendant une période minimale de dix ans. Cet engagement, destiné à rassurer les régulateurs et à démontrer la volonté d’ouverture de Microsoft, implique nécessairement des projets spécifiques adaptés aux spécificités techniques de la Switch — ou de sa potentielle successeure, souvent évoquée comme la « Switch 2 ».

L’offre d’emploi de Sledgehammer pourrait bien être le premier indice concret de la mise en œuvre de cet accord. Elle coïncide avec les nombreuses rumeurs entourant la préparation de la prochaine génération de la console de Nintendo, dont le matériel serait cette fois-ci plus apte à faire tourner des jeux exigeants, comme Call of Duty, sans trop de concessions.

Il faut également souligner que le fait de cibler des profils ayant une double expérience mobile / Switch peut indiquer plusieurs scénarios :

  • Le développement natif d’un nouvel opus pensé dès le départ pour être optimisé sur Switch.
  • Un portage technique d’un épisode existant, avec des ajustements pour la plateforme.
  • Ou encore une version allégée de Call of Duty, dans la veine de ce que Tencent a pu faire avec Call of Duty: Mobile.

Dans tous les cas, le message est clair : Sledgehammer Games prépare quelque chose pour les consoles portables, et la Switch semble en ligne de mire. La probabilité que la franchise fasse son grand retour chez Nintendo n’a jamais été aussi forte.

 

Quelles hypothèses pour l’avenir de Call of Duty sur Switch ?

Un nouveau jeu Call of Duty développé pour Switch / Switch 2 ?

La perspective la plus enthousiasmante serait celle d’un Call of Duty entièrement développé pour la Switch ou sa remplaçante. Si Sledgehammer Games recrute dès maintenant des profils ayant de l’expérience sur cette plateforme, cela laisse imaginer un développement en cours, ou du moins en phase de préproduction, spécifiquement pensé pour le matériel de Nintendo.

D’ailleurs, plusieurs rapports non confirmés indiquent que le prochain Call of Duty développé par Sledgehammer ne sortirait qu’en 2027. Ce laps de temps est cohérent avec le cycle de développement d’un jeu AAA ambitieux, et offrirait au studio la marge nécessaire pour concevoir une version réellement optimisée pour la Switch 2 — dont les performances supposées (meilleures que celles de la Switch actuelle) seraient bien plus adaptées aux exigences de la licence.

Un tel projet permettrait à Microsoft et Activision de respecter leur engagement contractuel envers Nintendo tout en offrant une expérience qualitative, loin des portages techniques limités du passé. Cela pourrait également étendre l’univers de Call of Duty à une base d’utilisateurs considérable : les millions de joueurs fidèles à l’écosystème Nintendo, souvent éloignés des shooters militaires à cause de l’absence de la licence sur leur console.

Ou un portage de versions existantes ou d’un mode “light / mobile” plutôt qu’un jeu full AAA ?

Cependant, tous les signaux ne pointent pas nécessairement vers un jeu flambant neuf. L’alternative la plus plausible — et peut-être la plus réaliste à court terme — serait celle d’un portage optimisé d’un opus existant, voire d’une version mobile adaptée à la Switch, comme cela a déjà été expérimenté avec succès par d’autres franchises.

L’expérience demandée en développement mobile dans l’offre d’emploi n’est pas anodine. Elle laisse penser que le projet pourrait s’appuyer sur des techniques de développement cross-platform, déjà testées avec Call of Duty: Mobile. Une version allégée ou un spin-off adapté aux contraintes techniques de la Switch actuelle (ou à venir) serait un compromis intéressant : moins coûteux, plus rapide à produire, tout en respectant les engagements vis-à-vis de Nintendo.

Il ne faut pas non plus oublier le facteur commercial : une version “lite” ou hybride pourrait séduire un public plus large, en particulier chez les jeunes joueurs de la Switch, tout en offrant une porte d’entrée vers l’écosystème Call of Duty. Ce type de stratégie a déjà fait ses preuves sur mobile, où Call of Duty: Mobile connaît un immense succès depuis 2019.

En somme, que l’on parle d’un portage technique, d’une nouvelle version allégée ou d’un développement natif, tous les éléments indiquent que la franchise prépare bel et bien son retour sur console Nintendo, après une longue absence. La forme exacte de ce retour reste encore floue, mais le recrutement ciblé de Sledgehammer envoie un message limpide : le chantier est ouvert.

 

Limitations, incertitudes et ce qu’on sait encore ne pas savoir

Aucune annonce officielle — prudence

Malgré l’enthousiasme que peut susciter l’offre d’emploi publiée par Sledgehammer Games, aucune communication officielle n’a confirmé qu’un nouveau Call of Duty est en développement pour la Nintendo Switch ou sa supposée version “Switch 2”.

L’offre mentionne simplement que l’expérience mobile ou Switch est un plus, ce qui pourrait, dans l’absolu, concerner un outil interne, une fonctionnalité spécifique, ou même un projet avorté. L’industrie du jeu vidéo est habituée aux interprétations parfois trop hâtives des annonces de postes, et celle-ci ne fait pas exception.

“Les offres d’emploi ne sont pas des annonces de jeux. Elles peuvent refléter des intentions, des tests, ou simplement des possibilités envisagées.”
— Analyste anonyme de l’industrie, cité par Insider Gaming

Il est donc crucial de tempérer les attentes : rien n’est gravé dans le marbre, et un projet en cours de réflexion peut tout à fait être abandonné ou modifié en cours de route. L’accord Microsoft/Nintendo sur Call of Duty, bien que contractuel, n’impose pas de calendrier précis, ce qui laisse une grande liberté aux développeurs dans sa mise en œuvre.

Problèmes techniques & attentes des joueurs

Le second point d’incertitude concerne la faisabilité technique d’un Call of Duty sur Switch. L’actuelle console de Nintendo, bien que très populaire, accuse technologiquement le coup face aux consoles de nouvelle génération. Les jeux récents de la série Call of Duty sont particulièrement exigeants, tant en termes de puissance de calcul que de mémoire, de graphismes ou de gestion réseau.

Même si une nouvelle version de la Switch est attendue avec des spécifications plus robustes, il n’y a aucune garantie que son hardware rivalisera avec celui des PS5 ou Xbox Series. Ce qui soulève plusieurs questions :

  • Un Call of Duty moderne pourrait-il tourner sans dégradation majeure sur Switch 2 ?
  • Faudra-t-il sacrifier des éléments-clés (graphismes, mode en ligne, fluidité) ?
  • Les attentes des joueurs Switch, souvent plus orientés vers des expériences portables et intuitives, sont-elles compatibles avec le style nerveux et ultra-compétitif de Call of Duty ?

Une mauvaise adaptation pourrait avoir un effet contre-productif, ternissant l’image de la licence sur une plateforme où elle a été historiquement absente pendant plus d’une décennie. La dernière apparition de Call of Duty sur une console Nintendo remonte à Call of Duty: Ghosts sur Wii U… en 2013.

Autrement dit, le terrain est aussi vierge qu’exigeant.

 

Ce que cela pourrait signifier pour l’écosystème jeux vidéo et pour les joueurs

Un coup de projecteur sur la Switch (ou Switch 2) comme plateforme “serious AAA”

Si Call of Duty parvenait à faire son grand retour sur console Nintendo, cela marquerait un tournant stratégique dans la perception de cette plateforme, souvent cantonnée au jeu familial ou à la nostalgie rétro. La Switch, malgré son immense succès commercial, n’a jamais été vue comme une terre d’accueil pour les blockbusters ultra-réalistes.

Un jeu aussi emblématique que Call of Duty, développé ou optimisé pour la Switch, pourrait envoyer un message fort à toute l’industrie : les consoles Nintendo ne sont plus des machines à part, mais un marché légitime pour les AAA.

Cela ouvrirait la voie à :

  • D’autres adaptations ambitieuses (jeux de tir, RPG réalistes, monde ouvert),
  • Une intensification du soutien des éditeurs tiers,
  • Une transformation des attentes du public sur la Switch 2, si elle offre réellement des performances proches de la PS4 ou mieux.

Microsoft, de son côté, renforcerait ainsi son image d’acteur “ouvert” à l’écosystème global du jeu vidéo, prêt à soutenir ses franchises sur des plateformes concurrentes, mais complémentaires.

Diversification de l’offre pour les fans de CoD

Pour les joueurs, cette perspective offre deux bénéfices majeurs : l’accessibilité et la diversité.

Jusqu’ici, les fans de Call of Duty devaient obligatoirement investir dans une Xbox, une PlayStation ou un PC pour accéder à leur série préférée. Un retour sur Nintendo permettrait à un nouveau public, souvent plus jeune ou casual, d’accéder à l’univers Call of Duty, dans un format potentiellement plus accessible, plus portable, ou adapté à leurs habitudes de jeu.

Cela élargirait la communauté CoD, tout en favorisant une approche multiplateforme plus inclusive. Pour Activision, c’est une stratégie gagnant-gagnant : conserver ses hardcore gamers sur consoles de salon et PC, tout en séduisant une nouvelle génération de joueurs Switch — à condition de livrer une expérience à la hauteur des attentes.

Et pour Nintendo ? Offrir Call of Duty sur sa plateforme constituerait une manne commerciale non négligeable et un argument de vente fort pour une éventuelle Switch 2.

 


En quelques mots

L’offre d’emploi publiée par Sledgehammer Games, mentionnant une préférence pour les profils ayant de l’expérience sur Switch ou mobile, a fait l’effet d’un coup de tonnerre discret dans l’univers Call of Duty. Si aucun titre n’a encore été annoncé pour la Switch ou sa prochaine version, cette annonce alimente fortement les spéculations sur un retour de la licence sur console Nintendo.

À travers ce simple poste à pourvoir, c’est tout un pan de l’avenir de la série qui semble se dessiner : portage, spin-off, ou nouveau jeu optimisé, toutes les pistes restent ouvertes. Mais une chose est sûre : l’engagement contractuel de Microsoft envers Nintendo prend ici un nouvel éclairage, plus concret, plus technique, et donc plus crédible.

Pour les joueurs, cette potentielle arrivée de Call of Duty sur Switch signifierait l’accès à une franchise culte dans un format portable ou plus accessible. Pour l’industrie, ce serait une preuve de plus que les frontières entre plateformes s’estompent, et que l’avenir du AAA pourrait très bien passer par des machines hybrides.

Le chantier commence à peine, mais les fondations sont là. Reste à voir si l’édifice tiendra ses promesses.

Share on Facebook Share on Facebook Share on Twitter Share on Twitter Share on Linkedin Share on Linkedin Share on WhatsApp Share on WhatsApp

Similar articles

Tim Sweeney affirme que l'IA sera présente dans presque tous les jeux vidéo Industry News

28/11/2025

Tim Sweeney affirme que l'IA sera présente dans presque tous les jeux vidéo

Tim Sweeney affirme que l’intelligence artificielle sera omniprésente dans les futurs jeux vidéo. Quels impacts pour l’industrie, les créateurs et les joueurs ?

See more
SIDE EFFECTS: un jeu indé délirant entre pilules mortelles et stratégie Game Launch

28/11/2025

SIDE EFFECTS: un jeu indé délirant entre pilules mortelles et stratégie

Découvrez SIDE EFFECTS, jeu PC loufoque et stratégique où chaque pilule peut être fatale. Solo, multi, objets uniques… et morts hilarantes garanties !

See more
Paradox perd 37M$ après l’échec de Vampire Bloodlines 2 Industry Analysis

28/11/2025

Paradox perd 37M$ après l’échec de Vampire Bloodlines 2

Bloodlines 2 déçoit critique et joueurs : Paradox encaisse 37M$ de perte et repense sa stratégie autour de ses licences principales.

See more