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Business et marché

Build A Rocket Boy en administration après des licenciements

Build A Rocket Boy est placé en administration au Royaume-Uni après de nouveaux licenciements, sans fermeture officiellement prononcée.

Visuel de science-fiction de Build a Rocket Boy montrant deux personnages observant une cité futuriste aux structures lumineuses, sous un immense astre violet. Le nom Build a Rocket Boy apparaît en grandes lettres blanches au centre.

La situation de Build A Rocket Boy vient de franchir un nouveau cap critique. Une dizaine de jours après une nouvelle vague de licenciements et plusieurs messages d’employés laissant entendre que l’activité du studio touchait à sa fin, la société britannique derrière MindsEye est officiellement entrée en administration. Le registre de Companies House indique que Build A Rocket Boy Ltd est en administration depuis le 23 septembre 2026, avec deux professionnels de l’insolvabilité désormais chargés du dossier. Un document officialisant la nomination d’un administrateur a ensuite été déposé le 25 septembre. Cette procédure ne signifie pas encore que Build A Rocket Boy est juridiquement fermé ou placé en liquidation, mais elle confirme que son avenir n’est plus entièrement entre les mains de sa direction. Après plus d’un an de difficultés autour de MindsEye et plusieurs vagues de suppressions de postes, les scénarios possibles vont désormais d’une restructuration ou d’une vente à une cession des actifs suivie d’une fermeture.

 

Build A Rocket Boy est officiellement placé en administration

Une procédure engagée le 23 septembre 2026

Le statut de Build A Rocket Boy Ltd, société enregistrée en Écosse sous le numéro SC537252, ne laisse désormais plus beaucoup de place au doute concernant la gravité de sa situation financière. Companies House indique officiellement que l’entreprise est « In Administration » et qu’une procédure d’insolvabilité a commencé le 23 septembre 2026.

Deux praticiens sont mentionnés dans le dossier : Allister Manson, d’Opus Restructuring LLP, et Mark Harper. Leur nomination signifie que Build A Rocket Boy Ltd est désormais soumise au régime britannique de l’administration, une procédure utilisée lorsqu’une société en difficulté doit être placée sous la responsabilité de professionnels de l’insolvabilité.

Le registre public apporte ainsi la confirmation qui manquait encore lorsque les premiers témoignages d’employés avaient commencé à circuler quelques jours plus tôt. Jusqu’alors, la perspective d’une fermeture reposait principalement sur les licenciements et les messages publiés par des salariés ou anciens salariés. Depuis le 23 septembre, la crise dispose également d’une traduction juridique officielle.

Deux administrateurs prennent en charge la société

L’entrée en administration ne provoque pas automatiquement la démission de tous les dirigeants de l’entreprise. Le fonctionnement est plus précis. Selon l’Insolvency Service britannique et l’Insolvency Act 1986, l’administrateur obtient de larges pouvoirs pour gérer les affaires, l’activité et les biens de la société. Les dirigeants existants ne peuvent notamment plus exercer certains pouvoirs de gestion sans son consentement. L’administrateur peut également retirer ou nommer des directeurs si la situation le nécessite.

Dans le cas de Build A Rocket Boy, cela signifie que les décisions déterminantes concernant l’avenir de la société sont désormais encadrées par cette procédure. Les administrateurs doivent agir dans l’intérêt des créanciers et déterminer la solution susceptible d’offrir le meilleur résultat possible au regard de la situation financière de l’entreprise.

Il ne s’agit donc plus uniquement pour la direction historique de chercher des financements ou de réorganiser ses équipes en interne. Le sort de Build A Rocket Boy Ltd dépend désormais d’un processus formel d’insolvabilité.

Le dépôt du 25 septembre confirme un changement majeur

Le 25 septembre 2026, Companies House a enregistré un document de type AM01(Scot) correspondant à la nomination d’un administrateur. Au moment de la consultation du registre, le document lui-même était encore en cours de traitement, mais son existence et son objet apparaissaient déjà dans l’historique officiel de l’entreprise.

La page consacrée à l’insolvabilité précise en parallèle que la procédure a débuté deux jours plus tôt, le 23 septembre. Cette différence de dates s’explique donc par le moment auquel l’administration a pris effet et celui auquel la formalité correspondante a été enregistrée dans l’historique public.

C’est un changement considérable par rapport à la situation observée une semaine auparavant. Les indices d’un arrêt des activités provenaient alors principalement des salariés. Désormais, Build A Rocket Boy Ltd est officiellement engagée dans une procédure qui devra déterminer ce qu’il reste possible de sauver, de vendre ou de liquider.

 

Une fermeture possible, mais pas encore officiellement actée

Ce que signifie réellement une mise en administration au Royaume-Uni

Malgré la gravité de la situation, annoncer aujourd’hui que Build A Rocket Boy a définitivement fermé serait aller plus loin que ce que permettent d’affirmer les documents disponibles. Une administration n’est pas une liquidation.

Le gouvernement britannique définit l’administration comme une procédure offrant à une société en difficulté un espace permettant notamment de rechercher une solution de sauvetage ou une meilleure valorisation de ses actifs. L’entreprise passe sous le contrôle d’un professionnel de l’insolvabilité et bénéficie dans le même temps de certaines protections face à ses créanciers.

L’objectif prioritaire peut être de sauver la société comme entreprise viable. Si cela n’est pas possible, les administrateurs peuvent tenter d’obtenir un meilleur résultat pour les créanciers qu’une liquidation immédiate. Une autre possibilité consiste à vendre certains actifs afin de permettre des distributions aux créanciers concernés.

Autrement dit, la mise en administration constitue davantage le début d’une phase décisive que l’acte de décès juridique de Build A Rocket Boy Ltd.

Restructuration, vente ou fermeture restent envisageables

L’Insolvency Service identifie plusieurs issues possibles à une administration. Une société peut être restructurée, faire l’objet d’un accord avec ses créanciers, être vendue en totalité ou en partie en tant qu’activité viable, ou voir ses actifs vendus avant une fermeture.

Dans les faits, le contexte entourant Build A Rocket Boy rend néanmoins l’hypothèse d’un retour à une activité normale particulièrement incertaine. Quelques jours avant l’administration, plusieurs salariés avaient annoncé leur départ après une nouvelle vague de licenciements. Game Developer rapportait notamment le 16 septembre que plusieurs membres du personnel publiaient des messages d’adieu sur LinkedIn.

Dan Hawkins, alors chargé du recrutement et des opérations liées aux ressources humaines, indiquait notamment qu’il accompagnerait Build A Rocket Boy jusqu’à la fin afin d’aider à finaliser certaines opérations RH. Ces propos avaient immédiatement renforcé les spéculations sur une fermeture prochaine.

Ils doivent toutefois être replacés dans leur contexte : ils témoignaient de la situation interne vécue par les employés mais ne constituaient pas, à eux seuls, une annonce juridique de dissolution ou de liquidation.

Les dirigeants ne contrôlent plus seuls l'avenir de l'entreprise

L’administration modifie profondément le fonctionnement d’une société. Les administrateurs disposent de pouvoirs étendus et doivent présenter leurs propositions aux créanciers. Selon les règles britanniques, un document détaillant la manière dont ils envisagent de poursuivre les objectifs de l’administration doit normalement être préparé dans les semaines qui suivent le début de la procédure.

Ces propositions seront particulièrement importantes dans le cas de Build A Rocket Boy. Elles pourraient permettre de savoir si une activité peut encore être maintenue, si des actifs intéressent d’éventuels repreneurs ou si une cessation progressive des opérations constitue la seule option économiquement viable.

Il faudra également distinguer la situation de Build A Rocket Boy Ltd de celle des différentes sociétés qui gravitent autour du groupe. Companies House répertorie par exemple séparément Build A Rocket Boy Games Ltd et Build A Rocket Boy Technologies Ltd. Au moment des données disponibles dans le registre, ces deux entités apparaissaient toujours comme actives, même si Build A Rocket Boy Ltd exerce un contrôle important sur elles.

L’administration de la société mère peut évidemment avoir des conséquences majeures sur l’ensemble du groupe, mais elle ne permet pas d’affirmer automatiquement que chaque entité juridique est elle-même entrée en administration.

 

Les licenciements avaient déjà laissé présager une issue critique

Une nouvelle vague de départs signalée à la mi-septembre

Le placement en administration intervient après une succession de suppressions de postes qui avait progressivement réduit les perspectives du studio. Le 16 septembre 2026, plusieurs médias spécialisés rapportaient une nouvelle série de licenciements chez Build A Rocket Boy, accompagnée de messages publiés par des employés désormais à la recherche d’un nouvel emploi.

Game Developer relevait ainsi que plusieurs développeurs avaient publié des messages d’adieu sur LinkedIn. Les formulations utilisées laissaient penser que cette vague allait bien au-delà d’une réduction limitée des effectifs. Plusieurs salariés évoquaient simultanément leur départ et, dans le cas de Dan Hawkins, la nécessité d’accompagner les dernières opérations du service des ressources humaines.

À ce moment-là, Build A Rocket Boy n’avait toutefois pas publiquement annoncé sa fermeture. L’hypothèse restait donc fondée sur les témoignages de salariés et les informations recueillies par différents médias. Le passage en administration quelques jours plus tard donne désormais un poids supplémentaire à ces inquiétudes.

Plusieurs employés évoquaient la fin de leur passage chez Build A Rocket Boy

Cette multiplication de messages était d’autant plus notable qu’elle faisait suite à plusieurs phases de restructuration. GamesBeat rappelait en septembre que Build A Rocket Boy avait connu différentes vagues de licenciements au cours des mois précédents et que l’entreprise avait compté plusieurs centaines de salariés à son apogée.

Le studio avait connu une croissance importante autour de ses ambitions pour Everywhere puis MindsEye. Dan Hawkins indiquait notamment avoir rejoint une entreprise d’environ 200 personnes et l’avoir vue dépasser les 500 employés au cours de sa période chez Build A Rocket Boy.

Cette trajectoire rend la situation de septembre 2026 particulièrement brutale. En quelques années, Build A Rocket Boy est passé d’un studio en forte expansion porté par Leslie Benzies, ancien producteur de la série Grand Theft Auto, à une société dont l’entité principale se trouve désormais sous administration.

MindsEye au centre d'une année particulièrement difficile

Il est difficile de dissocier cette crise de la trajectoire de MindsEye. Sorti en juin 2025, le jeu devait constituer l’une des premières grandes vitrines commerciales des ambitions de Build A Rocket Boy. Son lancement a cependant été marqué par de nombreuses critiques autour de son état technique et de plusieurs éléments de gameplay.

Dans les mois suivants, Build A Rocket Boy a tenté de poursuivre le développement et les mises à jour du jeu tout en traversant plusieurs restructurations. Le studio a également soutenu publiquement que le lancement avait été affecté par des actes malveillants, allant jusqu’à évoquer une possible activité criminelle et du sabotage. Ces affirmations provenaient de la direction de Build A Rocket Boy et ne doivent donc pas être considérées comme des conclusions établies indépendamment.

Quelles que soient les causes invoquées par l’entreprise, l’enchaînement est désormais clair : lancement difficile de MindsEye, réductions successives des effectifs, nouveaux licenciements en septembre 2026, puis entrée de Build A Rocket Boy Ltd en administration le 23 septembre.

 

Quel avenir pour MindsEye et les actifs de Build A Rocket Boy ?

L'administration ne signifie pas automatiquement la disparition des licences

La question qui se pose désormais dépasse le seul avenir du studio. Build A Rocket Boy possède ou contrôle également des technologies, propriétés intellectuelles et projets dont la valeur pourrait intéresser d’éventuels acquéreurs.

L’administration permet précisément aux professionnels chargés du dossier de vendre une activité dans son ensemble ou certains actifs séparément si cette solution offre un meilleur résultat aux créanciers.

Cela signifie que même une fermeture future de Build A Rocket Boy Ltd ne provoquerait pas nécessairement la disparition de MindsEye ou des autres propriétés du groupe. Une licence peut être cédée, transférée dans le cadre d’une vente d’actifs ou continuer d’exister sous le contrôle d’une autre structure.

À ce stade, aucun élément public vérifié ne permet cependant d’affirmer qu’un acheteur s’est manifesté pour MindsEye ou pour une autre partie des activités de Build A Rocket Boy.

Les administrateurs devront présenter leurs propositions aux créanciers

Les prochaines semaines devraient apporter davantage de visibilité. Selon les règles britanniques, les administrateurs doivent exposer leurs propositions concernant l’avenir de la société et expliquer comment ils envisagent d’atteindre les objectifs de la procédure. L’Insolvency Service indique que ce document doit normalement être préparé avant la fin des huit premières semaines de l’administration.

Ce sera probablement l’un des prochains documents déterminants pour comprendre si Build A Rocket Boy possède encore une activité susceptible d’être poursuivie ou vendue.

Jusqu’à sa publication, toute affirmation sur une liquidation certaine, un repreneur ou le sort définitif de MindsEye resterait prématurée.

Une vente totale ou partielle du studio reste juridiquement possible

L’option d’une cession reste ouverte. Un administrateur britannique peut notamment vendre une entreprise ou une partie de celle-ci en tant qu’activité viable lorsque cette solution permet d’obtenir un meilleur résultat pour les créanciers. Il peut également céder séparément des biens ou des actifs.

Pour Build A Rocket Boy, cette possibilité pourrait concerner des propriétés intellectuelles, technologies, infrastructures ou autres actifs encore valorisables. Le fait que plusieurs sociétés distinctes existent au sein de l’organisation ajoute également une couche de complexité qui empêchera probablement de résumer la procédure à une simple extinction immédiate de l’ensemble du groupe.

Reste que la combinaison des licenciements de septembre et du passage en administration de Build A Rocket Boy Ltd représente le signal le plus sérieux observé jusqu’ici concernant l’avenir du studio. Sa fermeture n’est pas encore juridiquement actée, mais son maintien sous sa forme actuelle apparaît désormais profondément compromis.

 


En quelques mots

Build A Rocket Boy Ltd est officiellement en administration depuis le 23 septembre 2026, selon Companies House, avec Allister Manson et Mark Harper désignés comme praticiens chargés du dossier. Cette procédure intervient quelques jours après une nouvelle vague de licenciements au cours de laquelle plusieurs salariés avaient laissé entendre que les activités du studio arrivaient à leur terme. L’administration ne signifie toutefois pas encore que Build A Rocket Boy a été liquidé ou définitivement fermé. Les administrateurs peuvent chercher une restructuration, une vente totale ou partielle de l’activité ou, si aucune solution viable n’émerge, procéder à la réalisation des actifs avant une fermeture. Les prochaines propositions adressées aux créanciers devraient permettre de mieux comprendre ce qu’il adviendra du studio, de MindsEye et des autres actifs du groupe.

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Vivien Reumont

À propos de l’auteur

Vivien Reumont

Journaliste jeux vidéo

Cofondateur et journaliste chez Achievement Industry, Vivien Reumont est spécialisé dans l’actualité internationale du jeu vidéo. Il couvre particulièrement l’industrie chinoise ainsi que les principaux événements gaming en Asie.

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