
L’univers du jeu vidéo regorge de projets passionnants qui, parfois, ne voient jamais le jour. C’est le cas de Prince of Persia : Les Sables du Temps Remake, un jeu très attendu par les fans, récemment et brutalement annulé par Ubisoft. Si l’annonce a choqué le public, elle a également profondément affecté les talents impliqués dans le projet, dont certains ont découvert la nouvelle en même temps que tout le monde. Parmi eux, Eman Ayaz, l’actrice choisie pour incarner le personnage emblématique de Farah, a partagé une réaction poignante, révélant les dessous d’une annulation aussi soudaine qu’injuste.
Son témoignage, bien que partiellement voilé par des clauses de confidentialité, illustre parfaitement la désillusion ressentie par de nombreux professionnels du secteur face à des décisions souvent unilatérales. Derrière chaque jeu annulé, il y a des années de travail, de passion, et parfois, comme ici, des performances que le public ne verra jamais.
L’annulation surprise du remake
Lorsque Ubisoft a confirmé l’annulation de Prince of Persia : Les Sables du Temps Remake, l’annonce est tombée comme un couperet. Prévu initialement pour 2021, ce remake du classique de 2003 avait connu un développement chaotique, marqué par des retards successifs, un changement complet de studio, et un silence prolongé de la part de l’éditeur. À la surprise générale, le projet a finalement été annulé sans que les personnes impliquées — y compris les acteurs — n’en soient officiellement informées en amont.
« Nous savons que cette nouvelle est profondément décevante », avait sobrement déclaré Ubisoft dans son communiqué, sans fournir de détails techniques ou créatifs sur les raisons de l’abandon.
Pour rappel, le développement avait d’abord été confié aux studios indiens Ubisoft Pune et Ubisoft Mumbai, avant d’être repris par Ubisoft Montréal. Ce transfert avait été perçu comme une tentative de sauver un projet déjà vacillant. Malgré cela, le remake n’a jamais retrouvé un rythme de production stable, et les quelques extraits présentés au public avaient suscité des réactions mitigées, notamment en raison d’un rendu graphique jugé daté et peu convaincant.
La décision d’annuler le jeu après six années de gestation laisse un goût amer, d’autant plus que des rumeurs évoquaient une sortie potentielle pour 2024. Cette situation reflète une problématique récurrente dans l’industrie : les remakes à haute valeur symbolique sont souvent victimes d’un développement trop ambitieux ou mal encadré.
Eman Ayaz raconte comment elle a appris l’annulation
Parmi les nombreuses personnes touchées par l’arrêt du projet, Eman Ayaz a récemment pris la parole dans une vidéo émotive publiée sur ses réseaux sociaux. Actrice montante dans l’univers vidéoludique, elle incarnait Farah, l’héroïne iconique aux côtés du Prince dans le remake de Les Sables du Temps. Si elle n’a pas explicitement nommé le jeu — en raison d’un embargo toujours en vigueur — les indices laissés dans sa déclaration ne laissent guère de place au doute.
Ce qui frappe le plus, c’est la manière dont elle a découvert l’annulation. Ce n’est ni par un appel d’Ubisoft, ni par un communiqué interne, mais bien… par son propre frère. Ce dernier lui a appris la nouvelle après avoir vu passer un article en ligne annonçant la fin du projet. Cette révélation brutale, sans préparation ni communication officielle envers les talents impliqués, souligne un dysfonctionnement évident dans la gestion humaine autour du projet.
« J’ai appris l’annulation par mon frère. Il avait vu un article, et je n’étais même pas au courant. » — Eman Ayaz
Ce genre de scénario est loin d’être isolé dans l’industrie, mais il soulève des questions cruciales sur le respect des artistes et collaborateurs. Pour Eman Ayaz, cette absence totale de considération a rendu le choc encore plus difficile à encaisser. Le tout alors qu’elle avait, selon ses dires, enregistré du contenu promotionnel à peine deux mois avant l’annonce — preuve que jusqu’au bout, l’équipe croyait à une sortie prochaine du titre.
Son témoignage et l’impact sur sa carrière
Au-delà du choc initial, Eman Ayaz a partagé un témoignage profondément personnel sur ce que représentait ce rôle pour elle. Incarner Farah n’était pas simplement une mission parmi tant d’autres : c’était l’occasion de donner vie à un personnage culte, de marquer sa trace dans une franchise emblématique et de démontrer toute l’étendue de son talent dans un jeu à gros budget. Elle évoque avec émotion l’intensité de sa préparation, le temps passé en studio, et les nombreux efforts consentis pour offrir une performance convaincante et fidèle à l’esprit du jeu original.
« J’ai tout donné pour ce rôle. Je ne me suis jamais autant investie dans un personnage. » — Eman Ayaz
La comédienne explique qu’elle avait enregistré plusieurs sessions de doublage, ainsi que du matériel promotionnel — preuve que le développement avait atteint un stade avancé. Elle confie également que Ubisoft lui avait assuré, peu de temps avant l’annonce, que le jeu sortirait cette année, renforçant encore l’amertume de la nouvelle.
Mais au-delà de la déception artistique, cette annulation soulève une incertitude professionnelle inquiétante pour Eman Ayaz. Dans une industrie où les crédits visibles sont cruciaux pour bâtir une carrière, perdre une opportunité aussi médiatisée peut avoir des conséquences durables. Elle décrit un sentiment de perte, non seulement pour elle-même, mais pour les joueurs qui ne verront jamais la performance qu’elle juge comme la meilleure de sa carrière jusqu’ici.
Une performance que personne ne verra jamais
Dans un monde où les jeux vidéo sont devenus de véritables œuvres de narration interactive, les performances des acteurs prennent une place de plus en plus centrale. Eman Ayaz, dans sa vidéo, exprime un sentiment de deuil artistique, conscient que le fruit de son travail ne sera jamais vu, ni reconnu. Ce n’est pas simplement une mission avortée, c’est une part de son art qui disparaît avec le projet.
« C’est ce que je considère comme la meilleure performance de ma carrière. Et maintenant, personne ne la verra jamais. » — Eman Ayaz
Cette frustration soulève une réflexion plus large sur la précarité du travail des comédiens dans l’industrie du jeu vidéo. Contrairement au cinéma ou à la télévision, où les projets annulés sont moins fréquents à ce stade avancé de production, les jeux peuvent être interrompus brutalement, sans qu’aucune des personnes impliquées ne puisse faire valoir leur travail. Les enregistrements, la capture de mouvement, les heures de répétitions : tout cela part en fumée, effacé par une décision stratégique ou budgétaire.
L’expérience d’Eman Ayaz rappelle que le jeu vidéo, bien que numérique, est profondément humain. Chaque personnage, chaque ligne de dialogue, chaque émotion capturée vient d’une personne réelle qui, dans l’ombre, donne vie à ces univers. Et quand ces efforts sont réduits au silence, c’est tout un pan de l’expression artistique qui reste invisible.
En quelques mots
L’annulation de Prince of Persia : Les Sables du Temps Remake n’est pas seulement une déception pour les fans, c’est aussi un drame humain et professionnel pour ceux qui ont œuvré dans l’ombre du développement. Le témoignage d’Eman Ayaz incarne cette douleur : celle de voir s’envoler des mois de travail, de passion et d’ambition.
Alors que le public ne verra jamais son interprétation de Farah, ses mots résonnent comme un appel à plus de transparence, de respect et de reconnaissance pour les artistes du jeu vidéo. Car derrière les pixels et les textures, il y a des voix, des gestes, des visages... et parfois, des rêves brisés.