
Le début d’année est souvent synonyme de nouveaux départs, mais pour Hideo Kojima, il s’agit surtout de mettre en marche des projets aussi ambitieux qu’énigmatiques. Après avoir dévoilé un peu plus Death Stranding 2: On the Beach en 2025, Kojima Productions se projette déjà dans une année 2026 surchargée. Si l’on connaît bien l’amour de Kojima pour les récits complexes et les expériences hybrides entre cinéma et jeu vidéo, ses annonces récentes confirment que cette philosophie va s’intensifier.
Parmi ces projets, PHYSINT se distingue par son orientation vers le genre action-espionnage, rappelant les grandes heures de Metal Gear Solid. À cela s’ajoute OD, un jeu d’horreur développé en partenariat avec Xbox, qui marque la volonté du créateur de travailler sur plusieurs fronts avec des identités très marquées. Sans oublier les autres pans créatifs de l’univers Kojima : un film live-action Death Stranding, et des projets d’animation autour de cette franchise.
Le ton est donné : 2026 sera plus que jamais une année Kojima, entre technologies de pointe, ambitions transmedia et le retour à un genre qu’il a contribué à redéfinir.
Kojima Productions : une année 2026 chargée
Des projets en simultané
À l'image d'un studio hollywoodien en pleine effervescence, Kojima Productions ne se contente plus de travailler sur un seul jeu à la fois. En 2026, le studio japonais se retrouve au cœur d'une multiplication de projets, allant du jeu d’horreur expérimental à la superproduction d’action-espionnage. Hideo Kojima l’a lui-même annoncé dans un message publié sur X (anciennement Twitter), où il évoque une année très dense, aussi bien sur le plan technique qu’artistique.
Parmi ces projets, OD, développé en collaboration avec Xbox Game Studios, avance tranquillement. Présenté comme un jeu d'horreur psychologique, il reste pour l’instant entouré de mystère, à la Kojima. L’auteur y teste de nouvelles mécaniques narratives et mise sur l’inattendu, comme à son habitude.
En parallèle, un autre mastodonte est en préparation : PHYSINT, un jeu qui, selon Kojima, souhaite repousser les frontières entre cinéma et jeu vidéo, tout en rendant hommage aux classiques du genre espionnage.
Le développement en parallèle de PHYSINT et OD
Conduire simultanément deux projets aussi ambitieux est une prouesse rarement tentée dans l'industrie. Pourtant, cela semble être devenu la norme pour Kojima Productions. Cette double production témoigne à la fois de la montée en puissance du studio depuis son indépendance, et de la volonté de Kojima d'explorer des univers très contrastés.
Alors que OD s’annonce comme une œuvre conceptuelle jouant sur l’angoisse, PHYSINT semble destiné à être plus grand public, avec un style narratif et une structure plus proche de ce que les joueurs connaissent via la série Metal Gear. Mais ne vous y trompez pas : les ambitions sont colossales pour les deux titres, et le calendrier 2026 risque de devenir un véritable laboratoire de création pour Kojima et son équipe.
PHYSINT : un hommage moderne au genre espionnage
Les influences cinématographiques du projet
Hideo Kojima n’a jamais caché son amour pour le cinéma, et PHYSINT semble bien parti pour être l’aboutissement de cette passion. Décrit comme un jeu « orienté action-espionnage » par son créateur, ce nouveau projet sous bannière PlayStation se positionne déjà comme un héritier spirituel de Metal Gear Solid, tout en cherchant à explorer des territoires inédits. Le genre espionnage, souvent délaissé dans le jeu vidéo moderne, retrouve ici un second souffle, avec une ambition claire : fusionner narration cinématographique et gameplay immersif.
Kojima a évoqué à plusieurs reprises son désir de rendre l’expérience aussi proche d’un film que possible, tout en conservant les spécificités interactives du médium. On peut donc s’attendre à une mise en scène très poussée, à des séquences d’infiltration stylisées, et à une narration où chaque détail visuel comptera. Les inspirations pourraient aller de James Bond à Jason Bourne, en passant par les thrillers d’espionnage plus réalistes comme Tinker Tailor Soldier Spy.
"Ce sera un jeu qui peut aussi être vu comme un film, ou un film qui peut être joué comme un jeu." – Hideo Kojima
Le positionnement PlayStation et l’orientation action
Développé en partenariat avec Sony Interactive Entertainment, PHYSINT semble s’inscrire dans la stratégie de PlayStation de proposer des expériences solo haut de gamme, mêlant narration, technologie et immersion. Après les succès critiques et commerciaux de titres comme The Last of Us Part II ou Ghost of Tsushima, Sony semble vouloir renforcer son catalogue avec un titre au fort potentiel narratif et visuel, et qui porte en plus la signature très reconnue de Kojima.
La dimension action du titre ne devrait pas être reléguée au second plan. Kojima a précisé que le gameplay ne serait pas passif ou exclusivement narratif. On peut donc imaginer un système de jeu sophistiqué, mêlant infiltration, gadgets, scènes d'action chorégraphiées et choix narratifs. Une recette qui, bien exécutée, pourrait établir un nouveau standard dans le genre action-espionnage.
Une production à la frontière du cinéma
Le casting et la performance capture
Hideo Kojima n’a jamais traité ses jeux comme de simples produits vidéoludiques. Pour PHYSINT, la dimension cinématographique n’est pas qu’un concept abstrait, elle se manifeste dès les premières étapes de production : le casting d’acteurs et la performance capture. En 2026, le créateur a annoncé que son équipe entamera le recrutement des acteurs principaux, suivis des traditionnels scans de visage, indispensables pour une fidélité visuelle totale.
Cette méthode, déjà utilisée sur Death Stranding, permet à Kojima de miser sur la reconnaissance des visages et l’expressivité des performances, plaçant l’émotion au centre du jeu. Les fans peuvent s’attendre à retrouver des noms connus du cinéma et du jeu vidéo, Kojima ayant pour habitude de collaborer avec des figures hollywoodiennes comme Norman Reedus, Léa Seydoux, ou encore Mads Mikkelsen.
En adoptant cette approche dès la préproduction, Kojima cherche à poser les bases d’un récit incarné et cinématographique, avec un réalisme qui floute les frontières entre fiction interactive et film live.
Les techniques hybrides de développement
La production de PHYSINT s'annonce comme un croisement entre un tournage de film et un développement de jeu AAA. La performance capture ne sera qu’un maillon de la chaîne, puisque Kojima Productions prévoit aussi d’utiliser des prises de vues réelles, probablement pour des cinématiques ou des environnements hybrides.
Ce processus évoque un développement à la "Hollywood meets Tokyo", avec des moyens considérables et une vision artistique claire. En combinant les assets numériques de haute précision, les animations faciales hyperréalistes, et des séquences en live-action, Kojima continue de brouiller les pistes entre les arts.
Cela laisse présager une expérience transmedia complète, où l’interactivité du jeu vidéo rencontre le langage visuel du cinéma. Une ambition qui demande du temps, des ressources, et surtout une équipe capable de mener à bien une telle entreprise. Et si Kojima en est capable, c’est bien parce qu’il s’en donne les moyens.
Entre PS5 et Xbox : Kojima, créateur transplateforme
OD et le partenariat Xbox
Si l’annonce de PHYSINT s’est faite sous l’égide de PlayStation, OD, l’autre projet majeur de Kojima Productions, est développé en partenariat avec Xbox Game Studios. Cette double collaboration symbolise la position unique de Hideo Kojima dans l’industrie du jeu vidéo : il n’est pas lié par une seule plateforme, mais agit en créateur indépendant, capable de dialoguer avec plusieurs géants du secteur.
OD, décrit comme une expérience d’horreur expérimentale, est encore entouré de mystère. Mais ce partenariat avec Xbox démontre que la firme américaine souhaite miser sur des exclusivités audacieuses, même si elles proviennent d’un créateur historiquement associé à Sony. Il est aussi probable que le cloud computing ou d’autres innovations technologiques offertes par Microsoft soient au cœur de l’expérience OD, Kojima ayant évoqué son intérêt pour des formes de narration inexplorées.
Ce choix multiplateforme ouvre des perspectives intéressantes pour les joueurs : chaque projet pourrait tirer profit des atouts technologiques propres à sa plateforme, tout en bénéficiant de la signature narrative du maître japonais.
Kojima et la fidélité à PlayStation
Malgré cette ouverture à Xbox, Kojima reste profondément lié à PlayStation, plateforme sur laquelle il a connu ses plus grands succès. De Metal Gear Solid à Death Stranding, la console de Sony a souvent été le théâtre des innovations du créateur. Le développement de PHYSINT exclusivement pour PS5 (du moins à ce stade) confirme cette fidélité historique.
PlayStation mise d’ailleurs beaucoup sur des titres forts à l’identité marquée, et Kojima correspond parfaitement à cette vision artistique du jeu vidéo. En retour, il bénéficie d’un soutien logistique et technologique de premier ordre, ce qui permet à ses idées les plus ambitieuses de voir le jour dans les meilleures conditions.
Ce jeu de balancier entre Xbox et PlayStation, loin d’être un simple opportunisme, montre que Kojima navigue avec aisance dans une industrie en mutation, où l’exclusivité devient plus stratégique que définitive, et où la créativité prime sur l’appartenance à une seule bannière.
En quelques mots
Hideo Kojima n’est pas simplement en train de développer de nouveaux jeux : il construit une œuvre transmedia où chaque projet repousse les limites du jeu vidéo traditionnel. Avec PHYSINT, il revisite un genre qu’il a contribué à populariser — l’action-espionnage — tout en y injectant une dimension cinématographique encore plus marquée que par le passé. Entre casting d’acteurs, performance capture, et prises de vues réelles, le jeu s’annonce comme un pont entre deux mondes : celui du film d’espionnage hollywoodien et celui du gameplay interactif exigeant.
Dans le même temps, OD, développé pour Xbox, laisse présager une exploration plus expérimentale de l’horreur, dans un contexte technologique innovant. Ajoutons à cela le développement d’un film live Death Stranding et de contenus animés autour de la franchise, et l’on comprend que 2026 ne sera pas seulement une année de jeux, mais un chapitre majeur dans la saga Kojima.
En alliant vision artistique, maîtrise technologique et liberté créative, Kojima semble bien décidé à redéfinir une fois de plus ce que signifie “jouer” à l’ère moderne. Et avec PHYSINT, c’est tout un pan du jeu vidéo d’espionnage qui pourrait renaître — à la sauce Kojima, évidemment.