Après Spiders, Nacon va fermer Midgar Studio : quel avenir pour Edge of Memories ?
Midgar Studio serait placé en liquidation selon Origami. Que va devenir Edge of Memories dans la crise qui frappe Nacon et Bigben Interactive ?

En avril dernier, Spiders mettait la clé sous la porte après plusieurs mois d'incertitudes. Le studio français, à l'origine de GreedFall et Steelrising, devenait alors l'un des symboles de la crise traversée par Nacon et sa maison mère Bigben Interactive. À peine quelques mois plus tard, un nouveau nom s'ajouterait à cette liste déjà préoccupante. Selon des informations rapportées par le journaliste Gauthier "Gautoz" Andres pour le média Origami, Midgar Studio aurait été placé en liquidation le mercredi 1er juillet 2026, entraînant la fermeture prochaine de la société montpelliéraine. Si cette information n'a pas encore fait l'objet d'une communication officielle de Nacon au moment où nous écrivons ces lignes, elle vient renforcer l'impression d'un groupe en pleine tourmente. Reste désormais une question majeure : quel avenir attend Edge of Memories, le prochain action RPG du studio, dont la sortie était attendue cette année ?
Une nouvelle victime de la crise qui frappe Nacon
Midgar Studio placé en liquidation
Fondé à Montpellier, Midgar Studio s'était progressivement fait une place dans le paysage vidéoludique français en développant des jeux de rôle à budget intermédiaire. Après Edge of Eternity, le studio préparait depuis plusieurs années Edge of Memories, un nouvel action RPG solo présenté comme une évolution importante de sa formule. Le projet devait marquer une nouvelle étape pour l'équipe, tant sur le plan technique qu'artistique.
Selon les informations dévoilées par Gauthier "Gautoz" Andres, la société aurait toutefois été placée en liquidation par l'administrateur chargé du redressement judiciaire du groupe Nacon. Toujours d'après ces informations, la fermeture du studio n'est plus qu'une question de temps.
« Midgar Studio a été placé en liquidation hier par l'administrateur en charge du redressement judiciaire du groupe Nacon. La société montpelliéraine fermera sous peu. »
Gauthier "Gautoz" Andres, Origami
À ce stade, ni Nacon ni Midgar Studio n'ont officiellement communiqué sur cette procédure. Cette absence de réaction laisse plusieurs interrogations en suspens, notamment concernant les salariés encore présents au sein de l'entreprise et les projets en cours de développement.
Une fermeture qui rappelle le sort de Spiders
La situation rappelle fortement celle de Spiders, autre studio appartenant à Nacon. Connu pour avoir développé GreedFall, Steelrising ou encore The Technomancer, le studio avait déjà fermé ses portes après qu'aucun repreneur n'ait pu être trouvé.
À l'époque, cette disparition avait suscité de nombreuses réactions dans l'industrie française du jeu vidéo. Spiders représentait l'un des rares studios hexagonaux capables de produire des RPG ambitieux en dehors des très grands éditeurs internationaux. Sa fermeture apparaissait déjà comme un signal particulièrement inquiétant.
Le cas de Midgar Studio semble aujourd'hui suivre une trajectoire similaire. Lui aussi développait des productions AA destinées à un public international. Lui aussi semblait dépendre directement de la santé financière de Nacon. Et lui aussi disparaîtrait avant même d'avoir pu mener à bien son prochain projet.
Cette succession d'événements donne l'impression d'une crise qui dépasse largement un simple plan de restructuration. Lorsqu'un groupe perd en quelques mois plusieurs de ses équipes de développement internes, ce sont des années d'expérience, de savoir-faire et de création qui risquent de disparaître avec elles.
Le contexte financier de Bigben Interactive et de Nacon
Depuis plusieurs mois, la situation financière entourant le groupe ne cesse de se dégrader. Bigben Interactive, maison mère de Nacon, fait face à de lourdes difficultés qui ont profondément affecté l'ensemble de ses activités.
Ces tensions économiques ont progressivement conduit à des mesures de plus en plus drastiques. Les projets ont été réévalués, certains actifs ont été proposés à la vente et plusieurs studios se sont retrouvés directement menacés.
Dans ce contexte, la disparition éventuelle de Midgar Studio ne constituerait malheureusement pas un événement isolé, mais une nouvelle conséquence d'une restructuration beaucoup plus vaste. Les difficultés rencontrées par un éditeur ne se limitent jamais aux seuls résultats financiers : elles touchent directement les équipes de développement, les productions en cours et, à terme, les joueurs qui attendent ces projets depuis parfois plusieurs années.
Pour l'industrie française, cette succession de fermetures représente également un coup dur. Les studios indépendants ou de taille intermédiaire occupent une place essentielle dans l'écosystème national. Ils permettent l'émergence de nouvelles licences, expérimentent des approches créatives différentes et forment de nombreux talents qui rejoignent ensuite l'ensemble du secteur.
Edge of Memories dans une incertitude totale
Un action RPG attendu depuis plusieurs années
Parmi toutes les conséquences possibles de cette liquidation, une question revient immédiatement : que va devenir Edge of Memories ?
Présenté comme le successeur spirituel d'Edge of Eternity, le jeu était en développement depuis près de cinq ans. Midgar Studio ambitionnait d'offrir une expérience plus dynamique, avec un système de combat orienté action, une réalisation modernisée et un univers inédit tout en conservant les racines RPG qui avaient fait connaître le studio.
Le projet avait également bénéficié d'une mise en avant importante lors de sa présentation officielle. Pour Midgar, il représentait bien davantage qu'une simple nouvelle sortie : il devait confirmer la montée en puissance du studio sur le marché international.
Les premières images avaient suscité un accueil plutôt encourageant auprès des amateurs de JRPG et d'action RPG, séduits par sa direction artistique colorée et ses combats nerveux. Même si le jeu restait discret depuis son annonce, beaucoup espéraient obtenir davantage d'informations à l'approche de sa sortie prévue en 2026.
Le projet n'est plus entre les mains de Midgar
L'information la plus surprenante révélée par Gautoz concerne toutefois le devenir même du projet.
« Leur prochain jeu Edge of Memories n'est plus entre leurs mains. »
Gauthier "Gautoz" Andres, Origami
Cette phrase ouvre plusieurs scénarios possibles sans permettre d'en confirmer un seul. Les droits du jeu pourraient avoir été transférés dans le cadre de la procédure en cours, repris par un tiers ou intégrés à une éventuelle cession d'actifs. En revanche, aucun élément public ne permet aujourd'hui de déterminer qui supervise désormais le développement du jeu, ni même si celui-ci se poursuit effectivement.
Autrement dit, l'avenir d'Edge of Memories reste particulièrement flou. Le projet pourrait encore voir le jour si une autre structure reprend son développement, mais il pourrait tout aussi bien connaître un important retard, être profondément remanié ou, dans le pire des cas, ne jamais être commercialisé.
La prudence reste donc de mise tant qu'aucune communication officielle n'est venue préciser la situation.
Un dossier qui attend désormais des réponses officielles
Au-delà du cas de Edge of Memories, cette affaire illustre surtout la difficulté qu'ont les joueurs comme les salariés à obtenir rapidement des informations lorsque des procédures judiciaires concernent des studios de développement. Tant qu'aucune communication officielle n'est publiée, chaque nouvel élément doit être interprété avec prudence.
Dans le cas présent, les informations rapportées par Origami dessinent toutefois un tableau particulièrement sombre. Si Midgar Studio est effectivement en voie de disparition, les prochains jours devraient permettre d'en savoir davantage sur le devenir de ses employés, sur le sort des actifs du studio et sur l'avenir commercial d'Edge of Memories. L'existence même du jeu ne semble pas remise en cause de manière certaine, mais son développement ne serait désormais plus assuré par l'équipe qui l'a imaginé.
Cette distinction est importante. Dans l'industrie du jeu vidéo, il arrive régulièrement que des projets survivent à la fermeture d'un studio lorsque les droits sont repris par un éditeur, un investisseur ou une autre équipe de développement. À l'inverse, certains titres disparaissent définitivement faute de repreneur ou parce que leur état d'avancement ne permet plus de justifier un investissement supplémentaire. Pour l'heure, aucun de ces scénarios ne peut être confirmé.
Les prochains communiqués de Nacon, des administrateurs judiciaires ou d'un éventuel repreneur seront donc déterminants pour comprendre ce qu'il adviendra réellement du projet.
Une nouvelle secousse pour le jeu vidéo français
Un secteur déjà fragilisé depuis plusieurs années
La situation de Midgar Studio dépasse largement le simple cas d'une entreprise en difficulté. Elle s'inscrit dans une période particulièrement complexe pour l'industrie vidéoludique mondiale, marquée par des restructurations, des licenciements et des fermetures qui touchent aussi bien les grands groupes que les studios indépendants.
Depuis plusieurs années, le marché connaît un ralentissement après la forte croissance enregistrée durant la pandémie. Les coûts de développement continuent d'augmenter, les attentes des joueurs sont toujours plus élevées et les éditeurs doivent composer avec un environnement économique plus incertain. Les studios de taille intermédiaire, comme Midgar ou Spiders, se retrouvent souvent dans une position délicate : leurs ambitions nécessitent des investissements conséquents, sans pour autant disposer des ressources financières des géants du secteur.
Le segment dit « AA », auquel appartenaient ces deux studios, est particulièrement exposé. Il doit rivaliser avec les productions AAA tout en proposant une qualité suffisante pour convaincre un public devenu très exigeant. Lorsque les résultats commerciaux ne suivent pas ou que les financements se raréfient, les marges de manœuvre deviennent rapidement limitées.
Une perte de savoir-faire pour la scène française
Si la disparition de Midgar Studio se confirme officiellement, le jeu vidéo français perdrait une nouvelle équipe reconnue pour son expertise dans le RPG. En quelques années, le studio avait réussi à construire une identité propre malgré des moyens plus modestes que ceux de nombreux concurrents internationaux.
Au-delà des licences développées, ce sont également des artistes, programmeurs, designers, scénaristes et producteurs qui se retrouvent confrontés à une période d'incertitude. Chaque fermeture entraîne une dispersion des talents. Certains rejoignent d'autres studios français, d'autres partent à l'étranger, tandis que certains quittent parfois définitivement l'industrie.
Pour les régions comme Montpellier, où plusieurs entreprises du secteur sont implantées, ces événements rappellent également l'importance économique de la filière vidéoludique. Chaque studio participe à un écosystème composé de prestataires, d'écoles spécialisées, de partenaires techniques et d'autres développeurs qui bénéficient indirectement de cette activité.
La fermeture successive de plusieurs structures fragilise donc un tissu économique bien plus large que les seuls studios concernés.
Une année 2026 qui restera marquante
Si les informations rapportées ces derniers jours se confirment, 2026 pourrait rester comme l'une des années les plus difficiles pour le groupe Nacon et pour une partie de l'industrie française du jeu vidéo.
Entre la disparition de Spiders, les difficultés financières de Bigben Interactive et désormais la liquidation annoncée de Midgar Studio, c'est toute une stratégie de développement interne qui semble s'effondrer. Les conséquences exactes de cette restructuration ne pourront être pleinement mesurées que dans les prochains mois, lorsque le sort des différents projets encore en développement sera connu.
Pour les joueurs, l'inquiétude concerne naturellement Edge of Memories, dont le futur demeure incertain. Pour les professionnels du secteur, cette actualité rappelle surtout la fragilité économique d'une industrie où plusieurs années de travail peuvent être remises en question par des difficultés financières dépassant largement le cadre d'un seul studio.
Les prochaines semaines devraient permettre d'obtenir des réponses plus précises. En attendant, la prudence reste de mise, tant sur l'avenir du jeu que sur celui des équipes qui ont participé à sa création.
En quelques mots
La fermeture annoncée de Midgar Studio constituerait une nouvelle étape dans la crise que traverse le groupe Nacon après la disparition de Spiders. Si l'information rapportée par Origami attend encore une confirmation officielle, elle laisse entrevoir un avenir particulièrement incertain pour Edge of Memories, dont le développement ne serait plus assuré par son équipe d'origine. Entre restructuration financière, perte de talents et interrogations autour des projets en cours, cette affaire illustre les difficultés auxquelles sont aujourd'hui confrontés de nombreux studios de développement français.
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Nacon
Nacon, empresa francesa de videojuegos, desarrolla y publica juegos AA y diseña periféricos gaming premium para una experiencia inmersiva.
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