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Media Molecule préparerait un jeu PlayStation avec des éléments open world

Le prochain projet de Media Molecule pourrait mêler exploration ouverte, collecte de ressources et fonctions communautaires sur PlayStation.

Article written by Vivien Reumont

Depuis la sortie de Dreams en février 2020, le silence autour de Media Molecule est devenu presque aussi célèbre que les créations du studio britannique lui-même. Longtemps considéré comme l’un des laboratoires les plus atypiques de PlayStation grâce à des licences comme LittleBigPlanet et Tearaway, le développeur semble désormais préparer un projet bien différent de ses précédentes productions. Un détail aperçu dans le portfolio en ligne d’un artiste travaillant encore chez Media Molecule évoque en effet la présence d’éléments open world ainsi qu’un système de collecte de ressources. Une simple ligne sur un CV ne suffit évidemment pas à révéler l’intégralité d’un jeu, mais elle permet malgré tout d’esquisser une direction créative potentiellement nouvelle pour un studio qui n’a jamais vraiment aimé suivre les chemins balisés.

 

Media Molecule, un retour encore mystérieux

Un studio PlayStation longtemps associé à la créativité

Au sein des PlayStation Studios, Media Molecule a toujours occupé une place particulière. Là où certains développeurs britanniques ont construit leur réputation sur les jeux de course, l’action ou les expériences narratives très cinématographiques, Media Molecule a préféré miser sur l’imagination des joueurs. Dès LittleBigPlanet sur PlayStation 3, le studio a imposé une philosophie presque artisanale du jeu vidéo : créer, partager et expérimenter. L’idée n’était pas simplement de proposer des niveaux à parcourir, mais de transformer les joueurs en concepteurs capables de fabriquer leurs propres expériences.

Cette approche communautaire est rapidement devenue la signature du studio. LittleBigPlanet reposait autant sur son gameplay de plateforme que sur son immense bibliothèque de créations partagées en ligne. Des millions de niveaux ont été publiés par les joueurs au fil des années, donnant au titre une durée de vie pratiquement infinie. Plus tard, Tearaway a poursuivi cette logique créative sous une autre forme, avec un univers en papier débordant d’idées visuelles et d’interactions originales.

Mais c’est surtout Dreams qui a représenté l’ambition la plus spectaculaire du studio. Le jeu ne se contentait plus de proposer un éditeur de niveaux. Il permettait pratiquement de concevoir des jeux entiers, des animations, des musiques ou des courts-métrages directement depuis une console PlayStation. Pour certains joueurs, Dreams ressemblait davantage à une boîte à outils créative qu’à un jeu traditionnel. Une proposition fascinante, mais aussi difficile à positionner commercialement dans un marché où les productions à forte identité doivent souvent être résumées en quelques secondes dans une bande-annonce.

Après Dreams, une période de silence remarquée

Le problème, c’est que depuis la sortie de Dreams, Media Molecule s’est progressivement effacé des conversations autour de PlayStation. Le studio a continué à soutenir le jeu pendant plusieurs années avec des mises à jour et des contenus communautaires, mais sans annoncer de nouveau projet majeur. Pour un développeur aussi apprécié dans l’écosystème PlayStation, cette discrétion a forcément alimenté les spéculations.

La situation est devenue encore plus floue lorsque Media Molecule a confirmé en 2023 l’arrêt du support actif de Dreams. Cette décision a marqué la fin d’un chapitre important pour le studio, mais aussi le début d’une période d’interrogations. Beaucoup se demandaient alors si l’équipe allait poursuivre dans la voie des outils créatifs ou revenir à une expérience plus classique.

Le silence du studio a également été renforcé par plusieurs changements internes. Certains développeurs historiques ont quitté l’entreprise au fil des années, tandis que Sony a lui-même réorienté une partie de sa stratégie autour des jeux-service et des productions à très gros budgets. Dans ce contexte, difficile de savoir quelle place pouvait encore occuper un studio aussi singulier que Media Molecule.

Pourtant, cette absence médiatique ne signifie pas forcément une absence d’activité. Dans l’industrie du jeu vidéo, les longues périodes de développement sont devenues monnaie courante, surtout pour les studios qui cherchent à changer de technologie ou à expérimenter de nouvelles mécaniques. Et c’est précisément ce que semblent indiquer les récentes découvertes autour du mystérieux projet du studio britannique.

Un projet encore non annoncé officiellement

À l’heure actuelle, Sony et Media Molecule n’ont officiellement rien dévoilé concernant ce futur jeu. Les informations proviennent principalement d’éléments repérés dans le portfolio professionnel d’un artiste toujours employé par le studio. Ce type de fuite indirecte est devenu extrêmement fréquent dans l’industrie : une mention sur LinkedIn, un CV oublié en ligne ou une image de concept art publiée un peu trop tôt peuvent parfois révéler l’existence de projets encore secrets.

Dans ce cas précis, les détails observés restent limités, mais suffisamment précis pour attirer l’attention. Le document mentionne notamment un travail lié à des environnements plus ouverts ainsi qu’à un système de collecte de ressources. Même si ces éléments ne décrivent pas le jeu dans son ensemble, ils suggèrent déjà une structure différente des précédentes productions du studio.

Il faut toutefois rester prudent. Le terme open world est aujourd’hui utilisé dans des contextes très variés. Certains jeux proposent un immense monde entièrement libre, tandis que d’autres utilisent simplement des zones plus vastes ou des systèmes d’exploration moins dirigistes. La nuance est importante, surtout pour un studio comme Media Molecule qui n’a jamais conçu de monde ouvert au sens traditionnel du terme.

 

Des indices qui pointent vers une expérience plus ouverte

Des éléments open world, mais pas forcément un monde ouvert total

Le détail qui intrigue le plus concerne évidemment la présence d’éléments open world. Cette simple expression suffit souvent à déclencher l’imagination des joueurs, mais elle ne signifie pas forcément que Media Molecule prépare un gigantesque bac à sable à la manière des productions Ubisoft ou Rockstar.

Dans le cas du studio britannique, il semble plus probable que l’équipe cherche à construire une expérience davantage tournée vers l’exploration libre et l’expérimentation. Historiquement, les jeux Media Molecule ont toujours encouragé les joueurs à manipuler leur environnement, à improviser et à détourner les outils proposés. Une structure plus ouverte pourrait donc représenter une évolution logique de cette philosophie.

L’idée d’un monde semi-ouvert paraît particulièrement crédible. Beaucoup de studios privilégient aujourd’hui cette formule hybride qui permet de conserver un rythme narratif maîtrisé tout en offrant davantage de liberté. Ce modèle pourrait parfaitement convenir à Media Molecule, notamment si le jeu conserve une forte dimension créative ou communautaire.

Le studio pourrait aussi vouloir abandonner les niveaux très linéaires de LittleBigPlanet pour proposer des espaces plus organiques, remplis d’objets interactifs, de secrets ou d’activités annexes. Une approche qui donnerait davantage de place à l’exploration tout en conservant l’identité imaginative propre au développeur.

La collecte de ressources comme nouvelle piste de gameplay

L’autre élément particulièrement intéressant concerne la mention d’un système de collecte de ressources. Cette mécanique est aujourd’hui omniprésente dans le jeu vidéo moderne, mais son intégration chez Media Molecule soulève plusieurs questions.

Traditionnellement, les jeux du studio reposaient davantage sur la création artistique et la manipulation d’objets que sur des boucles de progression centrées sur le crafting. Si cette information se confirme, cela pourrait indiquer une volonté d’introduire une dimension de survie légère, de fabrication ou d’évolution de l’environnement.

La collecte de ressources pourrait par exemple servir à construire des outils, personnaliser des structures ou modifier le monde de jeu. Cette idée s’intégrerait assez naturellement à l’ADN du studio, qui a toujours encouragé l’expression créative des joueurs. Là où d’autres jeux utilisent les ressources pour fabriquer des armes ou améliorer des statistiques, Media Molecule pourrait détourner ce système vers quelque chose de plus expérimental ou collaboratif.

Ce type de mécanique pourrait également renforcer l’aspect communautaire. On peut imaginer des joueurs partageant des créations nécessitant certaines ressources, ou des espaces collaboratifs évoluant en fonction des objets collectés. Même si aucune fonctionnalité de ce genre n’a été confirmée, le passé du studio pousse forcément à envisager cette possibilité.

Un changement d’échelle pour Media Molecule

Si ces indices reflètent réellement la direction du projet, alors Media Molecule semble préparer l’un des plus gros changements de son histoire récente. Passer d’expériences très encadrées à une structure plus ouverte implique des défis techniques et créatifs considérables.

Concevoir des espaces ouverts demande notamment une gestion différente de la progression, du rythme et de la narration. Les joueurs doivent pouvoir explorer sans se perdre totalement, tandis que le monde doit rester vivant et cohérent sur la durée. Pour un studio habitué aux expériences plus compactes, cette transition pourrait représenter un énorme chantier.

Mais cette évolution pourrait aussi permettre à Media Molecule de toucher un public plus large. Les jeux ouverts, basés sur l’exploration et les systèmes émergents, dominent aujourd’hui une grande partie du marché. Sans renier son identité créative, le studio pourrait ainsi moderniser sa formule et revenir dans la lumière après plusieurs années d’absence.

Reste évidemment à voir jusqu’où Sony laissera le développeur expérimenter. Les PlayStation Studios ont souvent laissé une grande liberté créative à Media Molecule, mais l’industrie actuelle est également plus exigeante en matière de rentabilité et de visibilité commerciale.

 

Entre création, exploration et ADN communautaire

Le défi de conserver l’esprit Media Molecule

Le véritable enjeu pour ce futur projet sera probablement de préserver l’identité du studio tout en proposant quelque chose de nouveau. Car Media Molecule ne s’est jamais distingué uniquement par ses mécaniques de jeu. Ce qui a toujours marqué les joueurs, c’est surtout sa capacité à créer des expériences chaleureuses, étranges et profondément humaines.

Même dans ses productions les plus techniques, le studio conservait une forme de bricolage poétique presque immédiatement reconnaissable. Les univers semblaient fabriqués à la main, les animations débordaient de personnalité et l’humour discret donnait souvent l’impression d’explorer une cour de récréation numérique géante.

Le risque, avec l’ajout d’éléments open world ou de systèmes de ressources, serait de tomber dans des mécaniques déjà vues ailleurs. Le marché est saturé de jeux ouverts intégrant du crafting, de la récolte et des objectifs dispersés sur des cartes immenses. Media Molecule devra donc trouver une manière originale d’utiliser ces concepts sans perdre son caractère unique.

La question du partage et des outils communautaires

Une autre interrogation importante concerne les fonctionnalités communautaires. Depuis LittleBigPlanet, le partage de contenu fait partie de l’ADN du studio. Même Dreams reposait presque entièrement sur cette logique collaborative où chaque joueur pouvait devenir créateur.

Le prochain projet conservera-t-il cette philosophie ? Pour l’instant, rien ne permet de l’affirmer. Pourtant, il serait étonnant que Media Molecule abandonne totalement cet aspect. La communauté a toujours été l’un des moteurs principaux de ses productions, et c’est précisément ce qui différenciait le studio d’autres développeurs PlayStation.

Le défi sera peut-être de rendre ces outils plus accessibles. Dreams impressionnait par ses possibilités, mais sa complexité a aussi freiné une partie du public. Un système plus simple, intégré directement dans une aventure ouverte et plus traditionnelle, pourrait séduire davantage de joueurs.

Sony pourrait également chercher à transformer cette dimension communautaire en véritable plateforme évolutive, avec des créations partagées au sein d’un monde connecté. Une sorte de terrain de jeu créatif moderne, capable de mélanger exploration, fabrication et contenus générés par les utilisateurs. L’idée paraît ambitieuse, mais elle correspondrait parfaitement à la philosophie historique du studio britannique.

Une possible évolution plutôt qu’une rupture

Même si les premiers indices évoquent un changement important, il est probable que Media Molecule ne cherche pas à rompre totalement avec son passé. Le studio a toujours construit ses projets autour de l’expérimentation et de l’interaction entre les joueurs. Les éléments open world pourraient simplement représenter une nouvelle manière d’exprimer ces idées.

Au fond, l’évolution semble presque naturelle. LittleBigPlanet donnait déjà envie d’explorer des niveaux remplis de mécanismes interactifs. Dreams permettait de construire des mondes entiers. Étendre cette logique vers des espaces plus ouverts et plus vivants ressemble finalement à la suite logique de cette trajectoire créative.

La vraie question est désormais de savoir quand Sony décidera enfin de présenter officiellement le projet. Après plusieurs années de silence, l’attente autour du studio reste forte, notamment chez les joueurs attachés aux productions plus originales des PlayStation Studios. Et dans un paysage parfois dominé par les suites et les licences ultra-formatées, voir Media Molecule tenter quelque chose de différent pourrait apporter un vent de fraîcheur bienvenu.

 


En quelques mots

Les premiers indices autour du prochain jeu de Media Molecule dessinent le portrait d’un projet potentiellement plus ambitieux et plus ouvert que les précédentes productions du studio PlayStation. Entre exploration moins linéaire, collecte de ressources et possible retour des fonctionnalités communautaires, le développeur britannique semble vouloir faire évoluer sa formule sans abandonner totalement son ADN créatif. Rien n’a encore été annoncé officiellement, mais après plusieurs années de silence depuis Dreams, ces informations suffisent déjà à relancer la curiosité autour de l’un des studios les plus atypiques de l’écosystème PlayStation.

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