Amazon annonce 16 000 licenciements: quel avenir pour Amazon Game Studios ?

AuthorArticle written by Vivien Reumont
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Publication date29/01/2026

La machine Amazon ralentit… mais à quel prix ? Alors que 2026 commence à peine, le géant du commerce en ligne et du cloud a annoncé une nouvelle vague de licenciements massifs, touchant 16 000 employés à travers le monde. Derrière cette décision stratégique se cache une volonté affichée de simplification hiérarchique et d'efficacité opérationnelle. Mais dans les coulisses, l’inquiétude monte, en particulier dans les secteurs encore non confirmés comme le jeu vidéo.

La déclaration de Beth Galetti, vice-présidente principale d’Amazon, évoque le besoin de « réduire les niveaux hiérarchiques, accroître la responsabilisation et supprimer la bureaucratie ». Si les coupes concernent principalement Amazon Web Services, les ressources humaines, Prime Video et la division commerciale selon Reuters, Amazon Game Studios n’est pas mentionné. Pourtant, le silence autour de cette branche, combiné à la fermeture prochaine du MMO New World et au départ supposé de Christoph Hartmann, son dirigeant emblématique, jette un flou inquiétant sur l’avenir du département gaming de l’entreprise.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans une tendance générale de rationalisation dans le secteur de la tech, où les entreprises n’hésitent plus à couper dans leurs effectifs pour survivre ou rester compétitives. Reste à savoir si cela affectera durablement les ambitions vidéoludiques d’Amazon, qui semblait pourtant vouloir s’imposer comme un acteur de poids dans l’industrie.

 

Une restructuration massive chez Amazon

Les raisons officielles évoquées

Amazon justifie ces 16 000 suppressions de postes par une volonté de simplification organisationnelle. D’après Beth Galetti, cette démarche vise à réduire la bureaucratie, fluidifier la prise de décision et renforcer la responsabilisation des équipes. En clair, il s’agit de rendre l’entreprise plus agile face à un environnement économique mondial instable. Ce discours s’inscrit dans la continuité des licenciements déjà effectués en octobre 2025, qui avaient vu environ 14 000 personnes quitter l’entreprise.

Le message est clair : Amazon adopte une stratégie d’optimisation interne, quitte à le faire au détriment de milliers d’emplois. Un mouvement qui reflète une tendance plus globale dans l'industrie tech, où l’on mise davantage sur la rentabilité que sur une croissance effrénée.

Les départements concernés par les suppressions

Selon les informations de Reuters, les départements directement touchés seraient :

  • Amazon Web Services (AWS), la branche cloud ultra-rentable mais aussi très coûteuse à maintenir.
  • Les Ressources Humaines, un choix stratégique pour externaliser ou automatiser davantage de fonctions internes.
  • Prime Video, plateforme de streaming qui peine à rivaliser avec Netflix ou Disney+, malgré d’importants investissements.
  • La division commerciale, qui pourrait subir des rationalisations logistiques.

Le secteur gaming n’est pas explicitement mentionné, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il est épargné. L’absence de déclaration officielle à ce sujet laisse planer le doute.

Réactions internes et premières conséquences

En interne, la décision provoque stupéfaction et inquiétude. Plusieurs anciens employés ont évoqué sur LinkedIn ou X (anciennement Twitter) un manque de clarté sur les critères de sélection des licenciements. La transparence semble avoir été reléguée au second plan, ce qui alimente les frustrations et les théories.

Certaines équipes redoutent une perte de compétences clés, notamment dans les départements techniques et créatifs. À court terme, cette décision pourrait ralentir certains projets, voire entraîner l’abandon discret de lignes de production entières.

 

Le jeu vidéo sera-t-il affecté ?

Le cas Amazon Game Studios : silence inquiétant

Alors que les départements comme AWS ou Prime Video sont nommément cités dans les annonces de licenciements, Amazon Game Studios (AGS) reste absent du communiqué officiel. Ce silence intrigue, voire inquiète. AGS est déjà connu pour ses projets parfois chaotiques et ses ambitions fluctuantes dans l'industrie du jeu vidéo. Plusieurs initiatives phares ont échoué ou été retardées, et la fermeture annoncée du MMO New World en 2027 laisse présager une phase de désengagement progressif du secteur gaming.

Certains observateurs estiment que le jeu vidéo est aujourd’hui considéré comme un investissement secondaire par Amazon, loin des priorités commerciales immédiates de l’entreprise. D'autres y voient un repositionnement stratégique, visant à réduire les dépenses dans des branches non rentables à court terme.

Le départ possible de Christoph Hartmann

L’inquiétude est montée d’un cran lorsque Jason Schreier, journaliste reconnu de Bloomberg, a rapporté que Christoph Hartmann, à la tête d’Amazon Game Studios depuis 2018, aurait quitté ses fonctions. L’information n’a pas été confirmée officiellement par Amazon, mais les bruits de couloir s’intensifient. Hartmann, ancien fondateur de 2K Games, incarnait la volonté d’Amazon de s’imposer sur le marché AAA.

Si ce départ se confirme, il marquerait la fin d’une ère pour la division gaming du géant américain. Cela pourrait également indiquer un virage stratégique majeur, voire un gel, voire un arrêt pur et simple de plusieurs projets vidéoludiques internes.

L’avenir incertain de projets comme New World

Lancé avec beaucoup d’attentes, New World devait incarner le renouveau d’Amazon dans le jeu en ligne massivement multijoueur. Après un départ en demi-teinte, le jeu a connu plusieurs mises à jour, un regain d’intérêt, puis une lente décrue. L’annonce de sa fermeture en 2027 sonne comme l’échec d’un projet phare, dans lequel Amazon avait pourtant investi massivement.

L’abandon de New World pourrait être interprété comme un signal envoyé aux actionnaires : l’heure n’est plus aux expérimentations coûteuses, mais à la consolidation des secteurs rentables. Un message qui ne laisse présager rien de bon pour les autres projets internes, déjà peu nombreux et souvent maintenus dans l’ombre.

 

Une tendance lourde dans la tech et le gaming

Une suite logique aux précédents licenciements de 2023

Les 16 000 suppressions de postes annoncées par Amazon s’inscrivent dans une vague globale de licenciements entamée depuis 2023. De nombreuses entreprises technologiques, autrefois florissantes, ont révisé leurs ambitions à la baisse. Microsoft, Google, Meta, Twitter (X) ou encore Unity Technologies ont tous procédé à des coupes drastiques dans leurs effectifs.

Ces décisions ne sont pas anodines : elles reflètent une période de transition où l’innovation doit composer avec la rentabilité, et où les grandes structures cherchent à s’adapter à des marchés plus volatils et moins prévisibles qu’auparavant.

Le secteur en crise ou en mutation ?

Plutôt qu’une crise, certains analystes préfèrent parler de mutation. Le modèle économique des géants de la tech repose désormais sur l’efficacité des équipes, la réduction des coûts et la valorisation boursière immédiate. Dans ce contexte, les projets longs et incertains, comme ceux du secteur du jeu vidéo, sont souvent les premiers sacrifiés.

La concentration des efforts sur des activités plus rentables ou sur des technologies à plus forte valeur ajoutée (intelligence artificielle, cloud, services B2B) déplace les priorités, laissant peu de place à des divisions comme Amazon Game Studios, encore peu performantes au regard de leurs coûts.

Comparaison avec d'autres géants (Microsoft, Google, etc.)

Amazon n’est pas seul dans cette stratégie. Microsoft, malgré ses succès avec Xbox et l’acquisition d’Activision Blizzard, a également licencié des centaines d’employés dans ses branches gaming en 2024 et 2025, notamment chez Bethesda et 343 Industries. De même, Google a complètement abandonné sa plateforme Stadia, pourtant lancée avec force communication quelques années plus tôt.

Ce phénomène traduit une désillusion partagée autour du jeu vidéo comme moteur de croissance immédiate, en particulier lorsqu’il s’agit de projets internes très coûteux et longs à rentabiliser. Même chez les géants les plus puissants, le gaming est devenu une ligne budgétaire à justifier — ce qui en dit long sur l’évolution du secteur.

 

Ce que cela implique pour les joueurs et les développeurs

Moins de projets, moins d'innovations ?

Lorsque des entreprises comme Amazon réduisent leurs investissements dans le jeu vidéo, les répercussions ne se limitent pas à leurs équipes internes. L’écosystème entier peut être affecté. Moins de projets signifie moins d’opportunités pour les studios partenaires, les talents indépendants, les musiciens, les illustrateurs et bien sûr… les joueurs.

Les joueurs pourraient voir moins de jeux expérimentaux, moins d’initiatives ambitieuses, et un recentrage sur des titres sûrs et rentables. Le résultat : une offre plus standardisée, moins risquée, où l’innovation est remplacée par la répétition de formules éprouvées.

Un signal fort envoyé aux talents du secteur

Pour les développeurs, ce type d’annonce est un signal alarmant. Amazon, qui offrait des conditions salariales compétitives et des projets aux ambitions AAA, représentait un espoir pour de nombreux professionnels du secteur. Voir cette entreprise reculer peut donner l’impression que le rêve vidéoludique corporate s’essouffle.

Les jeunes talents ou vétérans pourraient alors se détourner des grands groupes pour se tourner vers des studios indépendants ou des structures plus agiles. Si cela peut renforcer la diversité créative, cela risque aussi d’entraîner une fuite de cerveaux hors des mastodontes historiques.

Quelle réponse de la communauté et des médias ?

Côté communauté, les réactions varient entre incompréhension et résignation. Certains joueurs pointent le manque de clarté dans la stratégie d’Amazon Game Studios, tandis que d’autres s’inquiètent de l’abandon progressif de projets prometteurs comme Blue Protocol ou Throne and Liberty, prévus pour 2026.

Les médias spécialisés, de leur côté, restent prudents. Le départ de Christoph Hartmann, s’il est confirmé, serait un tournant majeur pour la division gaming, mais sans annonce officielle d’Amazon, les analyses restent spéculatives. Cependant, le consensus général est que le gaming ne semble plus une priorité stratégique pour le géant de Seattle.

 


En quelques mots

La décision d’Amazon de supprimer 16 000 postes à l’échelle mondiale marque un nouvel épisode dans la vague de licenciements qui secoue la tech depuis plusieurs années. Si les divisions officielles concernées sont bien identifiées, le flou autour d’Amazon Game Studios et la possible démission de Christoph Hartmann alimentent les spéculations sur un retrait progressif du géant du jeu vidéo.

Dans un secteur en constante évolution, cette annonce illustre la priorité donnée à la rentabilité au détriment de la créativité et de l’expérimentation. Les développeurs comme les joueurs en ressentiront tôt ou tard les effets. Et si Amazon venait à réduire (ou abandonner) ses ambitions vidéoludiques, cela pourrait bien redessiner la carte du gaming AAA dans les années à venir.

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