Ubisoft: les employés votent une grève contre les licenciements

AutorArtículo escrito por Vivien Reumont
|
Fecha de publicación28/01/2026

Le vent de contestation souffle fort chez Ubisoft. À la suite d'une vague de licenciements et d'une restructuration annoncée en janvier 2026, les syndicats représentant les employés de la filiale française de l'éditeur ont voté à l’unanimité pour une grève prévue du 10 au 12 février 2026. Ce mouvement social marque un tournant pour l’un des piliers de l’industrie vidéoludique française, souvent perçu comme un géant stable malgré les turbulences du secteur.

Ce vote est loin d’être anodin : il intervient après une série d’annulations et de reports de jeux, révélateurs d’une situation interne tendue. L’annonce de fermetures de studios et de jusqu’à 200 licenciements au siège parisien n’a fait qu’aggraver une atmosphère déjà délétère.

« Cette grève, c’est un cri d’alerte face à une direction qui ne semble plus à l’écoute », affirme un représentant syndical, sous couvert d’anonymat.

Ubisoft, bien que confronté à des défis économiques, reste un acteur majeur du jeu vidéo mondial. L’impact de cette grève pourrait donc dépasser les frontières françaises et faire écho dans toute l’industrie. Il est désormais crucial de comprendre ce qui a conduit à cette mobilisation, ce que réclament les salariés, et comment cette action pourrait influencer l’avenir du groupe.

 

Contexte : Ubisoft entre restructuration et contestations

Qu’est-ce qui motive la grève ?

La grève prévue chez Ubisoft ne tombe pas du ciel. Elle est le résultat d’un cumul de décisions brutales, prises dans un contexte économique difficile, mais sans réelle concertation avec les salariés. Au cœur de la contestation : un vaste plan de réorganisation dévoilé début 2026 par la direction. Ce plan prévoit notamment la suppression de 200 postes au siège parisien, dans une volonté affichée de « réduction des coûts et de recentrage stratégique ».

À ces suppressions de postes s’ajoutent des fermetures de studios, dont plusieurs en Europe, et un gel de recrutements qui s’est intensifié au fil des mois. La direction justifie ces mesures par une baisse des performances économiques et un besoin de restructuration pour affronter les défis futurs du secteur.

Mais pour les employés, ce discours masque une réalité plus inquiétante : des décisions prises en haut sans dialogue, sans tenir compte des efforts fournis ni de l’impact humain considérable. C’est précisément cette absence de concertation qui a mis le feu aux poudres.

Impact sur l’entreprise et sur les projets en cours

Les conséquences de cette restructuration ne sont pas uniquement humaines. Elles sont également créatives. Ubisoft a récemment annulé ou reporté plusieurs jeux en développement, certains très attendus, sans fournir de calendriers précis ni d’explications convaincantes. Ces décisions affectent non seulement la motivation des équipes, mais aussi la réputation de l’entreprise auprès des joueurs.

« Comment rester créatif dans un climat où l’on craint d’être la prochaine personne remerciée ? », questionne un développeur anonyme.

La roadmap de 2026, initialement ambitieuse, semble désormais floue. Certains analystes évoquent une perte de confiance des investisseurs et une réorganisation précipitée plus motivée par la panique que par une véritable vision à long terme.

Dans ce contexte, la grève n’est pas qu’un rejet des licenciements. Elle s’affirme comme un appel à repenser la gouvernance d’Ubisoft, en plaçant l’humain et la création au centre de la stratégie.

 

La décision historique des syndicats

Un vote unanime pour une grève du 10 au 12 février 2026

Le vote unanime des syndicats d’Ubisoft France en faveur d’une grève est un événement rare dans une industrie où les mouvements sociaux de cette ampleur sont peu fréquents. Ce consensus témoigne d’un ras-le-bol généralisé et d’un sentiment d’urgence partagé par l’ensemble des salariés représentés.

La grève se tiendra du 10 au 12 février 2026, une période stratégique choisie pour maximiser l’impact sans nuire durablement aux projets en cours. Ces trois jours devraient être marqués par des manifestations, des arrêts de travail, et une série d’actions symboliques destinées à attirer l’attention du public, des médias, mais aussi des joueurs du monde entier.

Les syndicats insistent sur le fait que cette grève est un dernier recours, décidé après l’échec de plusieurs tentatives de dialogue avec la direction. Ils espèrent que cette mobilisation forcera Ubisoft à revenir à la table des négociations, avec une approche plus humaine et moins comptable.

Qui sont les syndicats impliqués ?

Parmi les principaux syndicats impliqués figurent Solidaires Informatique Jeu Vidéo, la CGT Ubisoft, ainsi que la CFE-CGC. Ces organisations sont actives depuis plusieurs années dans la défense des droits des travailleurs du secteur vidéoludique, un milieu souvent critiqué pour ses pratiques de management agressives et la précarité de certains statuts.

« Ce que nous demandons, ce n’est pas l’impossible. Nous voulons simplement que l’entreprise respecte ses engagements sociaux et traite ses salariés avec dignité », affirme un représentant de la CGT Ubisoft.

Ces syndicats ne se contentent pas d’alerter en interne : ils ont aussi entrepris de coordonner leurs actions avec d’autres structures internationales, espérant ainsi donner une résonance mondiale à leur mouvement. Cette stratégie pourrait redéfinir les rapports de force dans une industrie globalisée, où les décisions d’un siège à Paris peuvent affecter des studios en Asie, en Amérique du Nord ou ailleurs.

 

Revendications et messages principaux des employés

Ce que les salariés demandent à Ubisoft

Au cœur de cette mobilisation, les revendications des salariés portent avant tout sur la sécurité de l’emploi. Les suppressions de postes annoncées sont perçues comme arbitraires, mal expliquées, et surtout, comme un signe de désengagement de la direction envers ses équipes. Les employés réclament un gel des licenciements, un véritable dialogue social autour des décisions stratégiques et une plus grande transparence sur les projets à venir.

Ils souhaitent également des conditions de travail stables et respectueuses, dans un climat propice à la création. La pression constante, les annonces soudaines, et la peur de perdre son poste ont mis à mal la santé mentale de nombreux employés, un sujet qui revient de plus en plus fréquemment dans le secteur.

« On parle souvent de crunch dans cette industrie, mais aujourd’hui, c’est l’insécurité qui domine. On ne peut pas créer sereinement dans ces conditions », témoigne un membre de l’équipe artistique.

Enfin, les employés demandent à Ubisoft de reconnaître publiquement l’impact humain de ses décisions, et d’inclure les représentants du personnel dans les réflexions de long terme.

Points de tension avec la direction

La principale friction réside dans la communication jugée opaque de la direction. Les annonces de licenciements sont arrivées sans concertation préalable, souvent par le biais de communications internes impersonnelles. Pour beaucoup, cela a été perçu comme une trahison, surtout après les efforts fournis durant les périodes difficiles de la pandémie ou les dernières phases de développement de projets majeurs.

La direction, quant à elle, justifie ses choix par un contexte économique compliqué, marqué par une concurrence féroce et une baisse des revenus. Toutefois, cette explication ne convainc pas les employés, qui rappellent que les erreurs stratégiques passées — comme certains lancements ratés ou des investissements mal calibrés — ne devraient pas être payées par ceux qui assurent la production quotidienne des jeux.

Certains représentants syndicaux dénoncent aussi une rupture de la confiance entre le siège et les salariés, et réclament la mise en place d’un comité de suivi indépendant pour encadrer toute nouvelle réorganisation.

 

Soutien international et mobilisation au‑delà de la France

Coopération avec des organisations internationales

L’initiative des employés d’Ubisoft ne reste pas cantonnée à l’Hexagone. Les syndicats ont entamé des discussions avec des organisations syndicales internationales, notamment dans des pays où Ubisoft possède des studios majeurs, comme le Canada, les États-Unis, la Suède ou encore la Roumanie. L’objectif est clair : donner une portée mondiale au mouvement et faire pression sur la direction au niveau du groupe entier.

Cette coopération s'inscrit dans une logique de solidarité transfrontalière, une dynamique de plus en plus présente dans l'industrie du jeu vidéo. Des structures comme la Fédération internationale des travailleurs des industries de la culture (FIA) ou UNI Global Union, qui ont déjà soutenu des mouvements dans le secteur technologique, sont envisagées comme partenaires potentiels.

« Ubisoft est une multinationale. Notre mobilisation doit l’être aussi. Le respect des salariés ne doit pas dépendre du pays dans lequel on travaille », affirme un représentant de Solidaires Informatique.

Ces alliances pourraient se traduire par des actions synchronisées, des campagnes de sensibilisation globales, voire des appels au boycott coordonnés si la situation ne s’améliore pas.

Visibilité médiatique et mobilisation mondiale

Au-delà des instances syndicales, le mouvement prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux, où de nombreux développeurs, influenceurs, journalistes spécialisés et même des joueurs affichent leur soutien via les hashtags #StrikeForUbisoft ou #SolidarityWithDevs.

Des créateurs de contenu influents commencent également à relayer l’information, augmentant la pression médiatique sur l’éditeur. Cette exposition publique pourrait inciter Ubisoft à reconsidérer son approche, d’autant plus que l’image d’une entreprise insensible à la détresse de ses employés peut se révéler désastreuse auprès de sa communauté.

« Ce n’est pas seulement une grève. C’est une alerte lancée par ceux qui font nos jeux préférés. Ubisoft doit écouter », écrivait récemment un chroniqueur sur un site spécialisé.

Cette mobilisation mondiale pourrait faire date et servir d’exemple pour d’autres studios confrontés aux mêmes dérives. Elle met en lumière la nécessité de penser des modèles de gestion plus humains et plus durables dans l’industrie du jeu vidéo.

 

Perspectives et ce qui pourrait suivre

Scénarios possibles après la grève

La grève d’Ubisoft, si elle est maintenue et suivie, pourrait marquer un tournant dans les relations sociales au sein de l’entreprise. Plusieurs scénarios sont sur la table. Le plus espéré par les syndicats serait une ouverture au dialogue : la mise en place de discussions formelles entre la direction et les représentants du personnel, aboutissant à un moratoire sur les licenciements et à un réexamen du plan de restructuration.

À l’inverse, si la direction persiste dans son silence ou adopte une posture rigide, le conflit pourrait s’enliser. Les syndicats n’excluent pas de prolonger la grève ou de mener d’autres formes d’actions, y compris des grèves tournantes ou des campagnes de dénonciation à l’international. Une radicalisation du mouvement n’est donc pas à exclure, surtout si aucune avancée concrète n’est observée d’ici la mi-février.

Un autre point d’inquiétude concerne les projets en développement. Une grève prolongée ou une ambiance délétère pourraient provoquer des retards supplémentaires, voire des reports non annoncés sur des titres majeurs du line-up 2026-2027. Cela pourrait avoir des conséquences financières directes pour Ubisoft, mais aussi indirectes à travers la perte de confiance des investisseurs et des partenaires commerciaux.

Conséquences sur l’image d’Ubisoft

Ubisoft joue gros sur le plan de l’image. Longtemps considérée comme une vitrine du jeu vidéo à la française, l’entreprise a déjà été ébranlée par des polémiques liées à des affaires de harcèlement et de mauvaise gestion interne ces dernières années. Ce nouveau mouvement social remet sur le devant de la scène la question de la culture d’entreprise, de la gouvernance, et du traitement des employés.

« Si Ubisoft ne tire pas les leçons de cette mobilisation, elle risque de perdre non seulement ses talents, mais aussi sa réputation auprès des joueurs », estime un analyste de marché.

D’un autre côté, une gestion habile de cette crise – avec des concessions, des engagements fermes et une communication transparente – pourrait renverser la vapeur et redorer le blason d’un éditeur qui peine à rassurer.

À long terme, cette grève pourrait également pousser d’autres studios à anticiper ce type de mouvement et à réinventer leurs pratiques managériales. Elle pose clairement la question : quelle place pour l’humain dans l’industrie du jeu vidéo ?

 


En quelques mots

La grève annoncée chez Ubisoft du 10 au 12 février 2026 est bien plus qu’un simple mouvement de protestation ponctuel : elle symbolise un profond malaise dans l’une des plus grandes entreprises de jeux vidéo au monde. Les employés, soutenus par leurs syndicats, se lèvent pour dénoncer des décisions prises sans concertation, dans un climat d’austérité et de précarité croissante.

Entre restructuration brutale, fermetures de studios et licenciements massifs, c’est tout un modèle de gestion qui est remis en cause. En réponse, les salariés exigent davantage de transparence, de respect et de sécurité. Leur mobilisation, qui prend une dimension internationale, pourrait bien servir d’exemple à suivre dans une industrie souvent critiquée pour son manque de régulation sociale.

L’issue de ce conflit dépend désormais de la capacité de la direction à entendre les revendications et à renouer un dialogue sincère. Dans un secteur où la créativité humaine est la matière première, ignorer ceux qui font les jeux, c’est risquer de tout perdre.

Compartir en Facebook Compartir en Facebook Compartir en Twitter Compartir en Twitter Compartir en Linkedin Compartir en Linkedin Compartir en WhatsApp Compartir en WhatsApp
Imagen de perfil de la empresa

Ubisoft

Líder mundial en videojuegos, creador de franquicias icónicas como Assassin's Creed y Far Cry, ofreciendo experiencias inmersivas e innovadoras.

Ver la empresa

Artículos similares

Tomodachi Life: Une vie de rêve arrive sur Switch le 16 avril 2026 Lanzamiento de juegos

30/01/2026

Tomodachi Life: Une vie de rêve arrive sur Switch le 16 avril 2026

Nintendo annonce Tomodachi Life : Une vie de rêve sur Switch le 16 avril 2026 avec de nouvelles fonctionnalités et une compatibilité Switch 2.

Ver más
Meta: pertes record de 19,1 milliards pour sa branche VR en 2025 Análisis de la industria

30/01/2026

Meta: pertes record de 19,1 milliards pour sa branche VR en 2025

Meta a perdu 19,1 milliards en 2025 avec sa branche VR. Studios fermés, stratégie mobile : vers un nouveau cap en 2026 ?

Ver más
Test Cairn: un simulateur d’escalade ambitieux et salué par la critique Críticas de juegos

30/01/2026

Test Cairn: un simulateur d’escalade ambitieux et salué par la critique

Cairn, le nouveau jeu des créateurs de Furi, séduit la presse avec son gameplay d’escalade exigeant et sa direction artistique unique.

Ver más