Mundfish refuse l’IA dans le développement de ses jeux pour l’instant
Mundfish refuse pour l’instant d’utiliser l’IA dans ses jeux et défend une création humaine malgré les avancées technologiques du secteur

L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un outil incontournable dans le développement de jeux vidéo, mais tous les studios ne suivent pas cette tendance les yeux fermés. À contre-courant d’une industrie en pleine mutation, Mundfish, le studio derrière Atomic Heart, affirme pour l’instant sa volonté de rester à distance de ces technologies dans son processus de création. Une position assumée par son fondateur Robert Bagratuni, qui défend une vision où l’humain reste au cœur du jeu vidéo, tout en laissant la porte entrouverte à de futurs changements.
Mundfish temporise face à l’IA dans le jeu vidéo
Un refus actuel, mais pas un rejet définitif
Dans une industrie où l’intelligence artificielle s’infiltre à tous les niveaux, de la conception visuelle à l’écriture de dialogues, Mundfish adopte une approche mesurée. Le studio ne ferme pas la porte à ces outils, mais choisit pour l’instant de ne pas les intégrer dans ses pipelines de production quotidiens. Cette décision ne relève pas d’un rejet idéologique pur et dur, mais plutôt d’une phase d’observation et d’évaluation. En interne, des études ont déjà été menées pour mesurer l’impact potentiel de l’IA sur leurs méthodes de travail.
Cette prudence traduit une volonté de ne pas céder à un effet de mode. Alors que certains studios expérimentent massivement avec des IA génératives pour accélérer la création d’assets ou de concepts, Mundfish préfère prendre du recul. Le studio reconnaît pourtant les bénéfices évidents de ces technologies, notamment en phase de préproduction, où l’itération rapide peut faire gagner un temps précieux.
“It is true that opinions differ on this topic right now.”
“Il est vrai que les avis divergent actuellement sur ce sujet.”
Robert Bagratuni, fondateur de Mundfish
Une position qui tranche avec la tendance du secteur
Le choix de Mundfish contraste avec une dynamique globale où l’IA devient presque un standard implicite. De nombreux acteurs majeurs du secteur explorent activement les possibilités offertes par les réseaux neuronaux, que ce soit pour générer des textures, assister l’animation ou optimiser le code. Dans ce contexte, refuser d’intégrer l’IA peut apparaître comme une prise de position forte, voire risquée.
Mais cette différence peut aussi devenir un argument de marque. À une époque où une partie du public se montre méfiante face à l’automatisation créative, afficher une production majoritairement humaine peut séduire. Le débat dépasse largement le cadre technique pour toucher à la perception même du jeu vidéo comme œuvre artistique.
Robert Bagratuni défend l’équilibre entre outil et création humaine
Le discours de Robert Bagratuni ne rejette pas l’IA en tant que telle. Au contraire, il insiste sur son potentiel en tant qu’outil. Ce qui est en jeu, c’est la place qu’elle doit occuper dans le processus créatif. Pour lui, l’IA doit rester un support, et non un substitut au travail des équipes.
“We believe strongly in balancing technology and human creativity.”
“Nous croyons fermement à l’équilibre entre technologie et créativité humaine.”
Robert Bagratuni
Cette vision repose sur une idée simple mais centrale : la valeur d’un jeu ne réside pas uniquement dans sa performance technique, mais dans l’intention et la sensibilité humaine qui le façonnent. Une position qui résonne particulièrement dans un contexte où l’authenticité devient un critère de plus en plus discuté.
Atomic Heart, un studio sous observation
Le succès d’Atomic Heart comme point de départ
Sorti après plusieurs années de développement, Atomic Heart a marqué les esprits avec son univers rétrofuturiste et sa direction artistique singulière. Le jeu a permis à Mundfish de se faire un nom sur la scène internationale, tout en attirant l’attention sur ses choix technologiques et créatifs.
Ce succès place désormais le studio dans une position délicate : celle d’un acteur attendu au tournant. Chaque décision, notamment en matière d’innovation, est scrutée. Dans ce contexte, refuser l’IA peut être perçu comme un pari, mais aussi comme une affirmation d’identité.
Atomic Heart 2 et The Cube, deux projets déjà très attendus
Mundfish ne compte pas s’arrêter là. Le studio travaille déjà sur plusieurs projets, dont Atomic Heart 2 et un mystérieux titre baptisé The Cube. Ces productions représentent un nouveau cap, avec des ambitions encore plus élevées en termes de narration, de gameplay et de mise en scène.
Le choix de ne pas intégrer l’IA pour l’instant dans ces développements donne un aperçu de la direction prise. Il suggère une continuité dans la philosophie du studio, privilégiant une approche artisanale à grande échelle, malgré les outils modernes disponibles.
Une image de studio technologique, mais prudent
Paradoxalement, Mundfish reste associé à une image de studio innovant. Atomic Heart a déjà démontré une maîtrise technique solide, notamment sur le plan graphique et sur l’intégration de technologies avancées. Ce positionnement rend d’autant plus intéressant leur recul vis-à-vis de l’IA.
Ce n’est donc pas un refus de la technologie en général, mais une sélection réfléchie des outils utilisés. Une nuance importante, qui distingue Mundfish de certains discours plus radicaux dans l’industrie.
IA, DLSS 5 et défiance des joueurs
Le DLSS 5 vu comme prometteur, mais encore non adopté
Au-delà de l’IA créative, Mundfish s’est également exprimé sur des technologies comme le DLSS 5. Là encore, le studio adopte une posture prudente. Robert Bagratuni reconnaît le potentiel de cette technologie, qui promet des gains significatifs en performance et en qualité visuelle.
Cependant, aucune adoption concrète n’est annoncée pour le moment. Cette retenue s’explique en partie par les réactions mitigées des joueurs, certains exprimant des inquiétudes face à une dépendance accrue à des solutions automatisées.
Pourquoi l’IA reste un sujet sensible dans le gaming
L’IA cristallise aujourd’hui de nombreuses tensions dans le jeu vidéo. D’un côté, elle offre des perspectives inédites en matière de productivité et de créativité assistée. De l’autre, elle soulève des questions éthiques et artistiques.
Certains créateurs redoutent une standardisation des contenus, voire une perte d’identité. Les joueurs, eux, s’interrogent sur l’authenticité des œuvres produites avec ces outils. Le débat est loin d’être tranché, et chaque prise de position contribue à alimenter la réflexion collective.
Entre gain de temps et crainte d’uniformisation créative
L’un des principaux arguments en faveur de l’IA reste le gain de temps. En automatisant certaines tâches répétitives, elle permet aux équipes de se concentrer sur des aspects plus créatifs. Mais cette efficacité a un revers : le risque d’une production formatée.
C’est précisément ce point que semble vouloir éviter Mundfish. En gardant un contrôle humain fort sur ses processus, le studio cherche à préserver une identité unique. Une démarche qui rappelle que, dans le jeu vidéo, la technique n’est jamais une fin en soi.
Ce que cette prise de position dit de l’industrie
Les studios cherchent encore leur ligne rouge
Le cas Mundfish illustre une réalité plus large : l’industrie du jeu vidéo est encore en phase d’ajustement face à l’IA. Chaque studio tente de définir ses propres limites, entre adoption pragmatique et résistance partielle.
Il n’existe pas encore de consensus clair. Certains avancent rapidement, d’autres préfèrent temporiser. Cette diversité d’approches témoigne d’un secteur en pleine transformation, où les règles restent à écrire.
L’IA comme assistant, pas comme remplaçant
Une idée revient régulièrement dans les discours des développeurs : l’IA doit rester un outil. Mundfish s’inscrit pleinement dans cette logique, en refusant de lui accorder une place centrale dans la création.
“AI is just a tool; it can never replace authentic creative work.”
“L’IA n’est qu’un outil ; elle ne pourra jamais remplacer le travail authentique des créatifs.”
Robert Bagratuni
Cette vision pourrait bien devenir un point d’équilibre pour une partie de l’industrie, cherchant à tirer parti des innovations sans sacrifier l’essence même du médium.
Une décision qui pourrait évoluer avec les usages
Malgré sa position actuelle, Mundfish ne ferme aucune porte. Le studio continue de surveiller de près les évolutions de l’IA, conscient que ces technologies pourraient devenir incontournables à moyen terme.
Cette ouverture suggère une stratégie adaptable. Plutôt qu’un refus définitif, il s’agit d’un choix temporaire, dicté par le contexte actuel. Une manière de garder le contrôle, tout en restant prêt à évoluer.
En quelques mots
Mundfish choisit pour l’instant de ne pas intégrer l’intelligence artificielle dans son développement, préférant miser sur la créativité humaine malgré les gains potentiels de ces outils. Une décision qui tranche dans une industrie en pleine adoption de l’IA, et qui reflète un débat encore loin d’être tranché entre innovation technologique et authenticité artistique. Le studio ne ferme toutefois pas la porte à un changement futur, preuve que même les positions les plus prudentes restent évolutives dans un secteur en constante mutation.
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